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8 septembre 2012 6 08 /09 /septembre /2012 10:17

Une croisière vous tente ? Embarquez avec vos gilets de sauvetage !


nuit-sur-la-mer.jpg

L’adage qui veut que Tel père tel fils, pourrait être détourné de cette manière Telle grand-mère, telle petite fille. Le seul bémol réside en ce que Shelby ne veut pas croire que sa fille Chloé boit, enfin buvait, comme sa mère à elle. Mais si je commençais par le début.

Shelby a eu Chloé très jeune ce qui ne l’a pas empêchée de l’élever dans la dignité. Chloé s’est mariée avec Rob lequel avait divorcé de Lianna et, de son précédent mariage, était née une fille, Molly. Chloé et Rob ont eux-mêmes un garçon de quatre ans, Jeremy. Shelby a décidé d’offrir aux époux une croisière d’une semaine dans les Caraïbes, leur proposant de garder leur fils pendant leur absence. Elle est réveillée un matin par un appel téléphonique de Rob qui lui apprend que Chloé a disparu. Introuvable sur le navire malgré les recherches effectuées. Seule l’hypothèse de la noyade est retenue, un accident provoqué par la propension de Chloé d’ingurgiter au bar de nombreux verres d’alcool. Hypothèse non retenue par Shelby qui ne veut pas croire ce qu’on lui annonce.

Elle se rend sur l’île de Saint-Thomas, une des composantes des îles Vierges, et bientôt elle doit se rendre à l’évidence. Les vidéos enregistrées à bord sont criantes de vérités. Elle peut voir Chloé enfiler verre sur verre, tituber à une table de jeu, être raccompagnée jusqu’à sa chambre par un couple. Après comme l’intimité des passagers est protégée, il n’existe plus d’images. Chloé a bel et bien bu le bouillon.

Shelby revient à Philadelphie désemparée, d’autant que Rob persiste dans ses affirmations. Chloé buvait, et elle s’était même inscrite aux Alcooliques Anonymes. Shelby entame alors ses propres recherches, délaissant son travail, confiant Jeremy à Lianna la précédente femme de Rob qui s’est remariée avec un neurologue. Sa sœur Talia ne lui est d’aucune utilité, trop occupée à soigner leur mère qui se noie dans la vodka, et d’un caractère égocentriste. Pourtant peu à peu Shelby, pugnace, remonte une piste, même si des barrières s’élèvent devant elle. Le responsable des Alcooliques Anonymes se retranche justement derrière l’anonymat, mais Shelby ne veut pas abandonner ce qu’elle considère comme sa mission prioritaire.

Si elle cède parfois au découragement, elle remonte rapidement la pente. Elle se retrouve au centre d’une sorte de toile d’araignée dont chaque point de jonction serait représenté par l’un des coupables possibles. Car tous les personnages sont plus ou moins en relation, parfois sans le savoir eux-mêmes. Un tout petit indice allié à une prescience et une déduction dans le schéma du scénario lui permet de focaliser ses suspicions sur un individu mais celui-ci fuit ses responsabilités en se suicidant. Et Shelby risque peut-être sa vie à vouloir à tout prix dénicher le criminel.

Patricia MacDonald réalise avec Une nuit, sur la mer un scénario implacable admirablement maîtrisé même si au départ on pourrait croire à une histoire formatée à l’américaine. Le personnage de Shelby, sa pugnacité, sa combativité, son refus d’accepter la déchéance larvée de sa fille, ses appréhensions envers les différents protagonistes qu’elle va être à même de côtoyer lors de son enquête incitent le lecteur à entrer en empathie avec elle. Les sentiments ressentis par Shelby sont analysés avec finesse, sans pathos, montrant une femme énergique qui passe par des moments de faiblesse tout en sachant toujours rebondir alors qu’elle pourrait être amenée à baisser les bras.

Patricia MacDonald met également l’accent sur de petits travers américains comme leur disposition à régler leurs problèmes au tribunal. Son patron « lui avait dit un jour que c’était au tribunal que les Américains pleuraient leur morts ». Elle donne aussi un petit coup de griffe au système de protection sociale, système que devait révolutionner Obama mais qui semble actuellement mis en veilleuse. « Mais un toubib qui soigne ses patients gratis… C’est un gauchiste, ma parole » rétorque par provocation un des protagonistes. Quant à l’épilogue proposé, il n’est pas tiré par les cheveux quoi que l’on ait pu penser au départ.

Patricia MACDONALD : Une nuit, sur la mer. Le Livre de Poche Thriller N° 32687. Traduction de Nicole Hibert. (Réédition de chez Albin Michel). 384 pages. 7,60€.

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commentaires

philippe 04/02/2013 21:56

Je partage les commentaires qui ont été rédigés sur ce site. Je l'ai lu facilement sans soucis, cela reste un bon polar même si je ne partage pas certains points. Cela reste un bon polar

Oncle Paul 05/02/2013 11:33



Bonjour Philippe


Effectivement c'est un bon polar, même s'il n'est pas inoubliable. Le plaisir par la lecture qui n'est pas une prise de tête. On pourra regretter une intrigue ou une écriture un peu désuètes,
vieillottes, mais c'est son style. Tout comme on aime parfois se replonger dans de vieux romans écrits par Conan Doyle, Agatha Christie et quelques autres. On n'est pas obligé d'aimer la
recherche de style de certains auteurs actuels qui veulent inscrire leur nom au fronton d'un panthéon littéraire mais seornt démodés dans quelques années, usant de la violence assenée avec
complaisance et l'hémoglobine à toutes les pages.


Amicalement



Vonnette 10/09/2012 12:09

Bonjour Oncle Paul,
Je suis entièrement d'accord avec toi concernant M.H.Clark. J'ai beaucoup aimé ces premiers moi mon préféré c'est "La maison du guet" mais depuis plusieurs années je ne la lis plus car son style
est complètement différent. Je me suis même demandée si sa fille Carol n'est pas son "nègre"...
A bientôt

Oncle Paul 10/09/2012 14:24



Bonjour Vonnette


Moi aussi je me suis posé la question, car le style est différent maintenant que lors de ses premiers romans. La maison du guet, oui, j'ai bien aimé aussi, mais La nuit du Renard reste mon
préféré...


Amitiés



Mic 09/09/2012 12:03

C'est bizarre! personnellement je trouve que Patricia Mac Donald est une romancière très démodée. Rien que son titre "Une nuit sur la mer", on sent rapidement qu'elle n'a pas le pied marin, car à
aucun moment le lecteur se retrouve sur le navire, curieux non ? Mais il est toujours intéressant de confronter nos avis, surtout lorsqu'ils divergent, c'en est que plus jouissif. Vive la
littérature! Amitiés cher Paul. MIC.

Oncle Paul 09/09/2012 14:42



Bonjour Mic


Concernant ce titre, dont je ne me souviens plus l'originel, je crois qu'il s'agit d'une option éditoriale française. Sinon, j'ai pris plaisir à lire ce roman, sans avoir le mal de mer. Mais il
est vrai que les avis divergents sont plus constructifs que ceux qui sont convergents. Et le fait d'être démodé, comme tu écris ne me gêne pas personnellement. Je ne suis pas partisan de la
surenchère. Mais bon, ce n'est que mon avis que je partage entièrement.


Amitiés et à bientôt



Vonnette 08/09/2012 16:15

Bonjour Oncle Paul,

J'ai lu un seul livre de Patricia Macdonald et je n'ai pas été convaincue ni par son style, ni par l'histoire assez convenue, qui ressemblait trop à celles de Mary Higgins Clark. Aussi ton billet
sur celui-ci m'interpelle...

Amitiés

Oncle Paul 09/09/2012 08:23



Bonjour Vonnette


J'ai lu, il y a longtemps Expiation et Origine suspecte, qui m'ont semblé effectivement calqué sur du M.H. Clark. Mais dans ce roman, les personnages et l'intrigue me paraissent moins
superficiels. Quant à M.H. Clark, j'ai lu quelques bons romans, principalement les premiers et surtout La nuit du Renard


Amitiés



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