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25 décembre 2011 7 25 /12 /décembre /2011 17:19

Pierre Faverolle de Black Novel proposant une lecture commune ayant pour objet de s'intéresser à un titre de pascal Garnier, Lune captive dans je vous un oeil mort, je ne résiste pas au plaisir de ressortir ma chronique.

 Depuis quelques semaines, une publicité télévisée nous vante lunecaptive les charmes et les bienfaits des résidences dédiées aux seniors, que je qualifierai plus volontiers de vétérans, en qu’en langage courant sont ainsi appelés les retraités. Activités physiques et cérébrales, et la possibilité de se faire des amis afin de ne pas se sentir isolés. Le paradis grâce à des programmes immobiliers. Idylliques penseront certains alléchés par cette réclame, autre nom de la publicité et qui veut bien dire ce qui se cache dessous. Réclame qui m’a fait immédiatement penser à ce roman de Pascal Garnier.


Le prospectus était alléchant : un nouveau concept de vie pour retraités désirant ne pas s’enfermer dans le train - train quotidien mais demeurés actif, situé au soleil, dans un cadre agréable et sécurisé. Une résidence spécialement aménagée pour seniors encore verts. Martial et Odette ont craqué pour ce petit paradis du sud de la France, abandonnant leur banlieue sans charme. Depuis un mois qu’ils sont installés, ils déchantent. Pluie à longueur de journée et comme ils sont les premiers à s’être installés dans leur bungalow de rêve, ils s’ennuient. La seule personne avec laquelle ils peuvent discuter, et et encore, c’est le gardien, un ancien militaire qui fait office de surveillant, de jardinier, d’homme à tout faire. Le concierge idéal, enfin presque.


lune-captive.gifHeureusement un couple joue les renforts quelques semaines après leur aménagement. Lui, Maxime, svelte, vieux beau, sourire éclatant, le sportif accompli. Elle, Marlène, la poupée Barbie, en un peu plus vieux et plus défraîchie, surtout lorsqu’on la regarde de face. De toute façon il faut bien s’accommoder de ses voisins, et quant on s’ennuie…Enfin le beau temps se met de la partie et Léa, une troisième résidente débarque. La petite communauté s’étoffe mais les activités promises ne sont pas au rendez-vous. Alors Flesh, le gardien, engage Nadine. Elle est gentille, Nadine. Elle fait visiter l’arrière pays, propose des jeux de salon, des occupations récréatives. Et puis il y a la piscine. Ce serait dommage de ne pas en profiter avec la chaleur qui amollit les corps et les esprits. Seulement il y a des hiatus dans cette harmonie de façade. Par exemple lorsque Flesh tue un malheureux chat qui s’était égaré dans la résidence. Ou quand la grille électrique télécommandée ne veut plus fonctionner. Ou encore quand un camp de gitans s'établit non loin. Flesh met en garde, ses pensionnaires, on ne sait jamais. Il vaut mieux éviter de sortir. Martial qui ne buvait jamais se convertit au rosé, Maxime se blesse en jouant au golf, Odette est toujours en train de chasser d’imaginaires mouches, Léa se trouve confrontée à des absences mentales. Tout se dégrade lorsque Martial se rend compte que Maxime qui ne quittait plus son fauteuil roulant depuis son accident et trimbale un revolver n’est pas véritablement handicapé.


L’OPA Garnier (option paradisiaque apocalyptique) fonctionne une fois de plus dans cet univers clos peuplé d’un minimum de personnages qui semblent être communs mais se révèlent plus complexes qu’il y paraissait de prime abord. L’atmosphère sereine du départ, dans un cadre présenté comme idyllique par les promoteurs, se délite sournoisement. La résidence de rêve n’est qu’un enclos où sont parqués des retraités qui veulent accéder à un bonheur factice, oublier les aléas d’une vie routinière ou peuplée de cauchemars. Pascal Garnier instille progressivement un climat poisseux, lourd, étouffant et pas seulement à cause du soleil qui darde ses rayons caniculaires, comme s’il annonçait que les portes de l’enfer n’étaient pas loin. Court roman mais efficace et l’on aimerait retrouver l’auteur plus souvent. Mais pas forcément ce genre de résidence attrape nigauds.

Pascal GARNIER : Lune captive dans un œil mort. Editions Zulma. Réédition Points Seuil

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commentaires

Pierre faverolle 26/12/2011 09:03

Salut Paul, merci de la pub ... j'ajouterai le lien dans mon billet de synthèse. Je le lirai quand j'aurais lu le livre. Amitiés

Oncle Paul 26/12/2011 11:15



Bonjour Pierre,


c'était normal non ? Et bonnes lectures


Amitiés



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  • : Bienvenue dans la petite encyclopédie de la littérature populaire. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !
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