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26 novembre 2012 1 26 /11 /novembre /2012 14:56

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Les blondes, quelles blondes ? Les femmes, les cigarettes, les bières ?

 

mefiez-vous.jpg


Michel Audiard, plus connu comme scénariste, dialoguiste et réalisateur de films, a écrit au début des années 1950 trois romans parus dans la collection Spécial Police du Fleuve Noir : Priez pour elles (N°5), Méfiez-vous des blondes (N° 7) et Massacre en dentelle (N° 26). Puis le cinéma l’a accaparé et peut-être que l’écriture de romans ne l’intéressait plus guère. Il récidivera près de quinze ans plus tard avec Ne nous fâchons pas puis Le Terminus des prétentieux chez Plon. Serait-il souhaitable que ces romans soient réédités, comme le souhaitent certains nostalgiques ? Pourquoi pas, dans un volume Omnibus par exemple !

 

Journaliste dans un quotidien marseillais, Georges Masse l’est parfois, à la masse. Il fait honneur à tout liquide qui racle la gorge et décape les papilles. Ce qui l’amène à bousculer ses collègues dont Donald (un surnom) qui a tendance à le mettre de mauvaise humeur. Mais l’important n’est pas là car Georges Masse, s’il utilise volontiers sa langue pour lancer des piques, sait se servir de ses mains pour flatter les sténos callipyges qui prennent en note ses articles.

Ce jour là, alors que la canicule assèche encore plus son gosier, il attend avec impatience la belle Jeanine Lambert. Celle-ci doit revenir d’un reportage à Saïgon, une enquête sur le trafic de drogue. Un homme se présente au journal et remet une serviette à Masse de la part de Jeanine. Mais celle-ci a disparu à son arrivée à l’aéroport.

Sans perdre de temps Masse et son fidèle photographe P’tit Louis se rendent chez Jeanine. Elle est chez elle mais dans un piteux état. Elle a été tabassée, ce qui est une injure à son joli petit corps. Toutefois, plongée dans une semi-inconscience elle parvient à susurrer ce qui lui est arrivé.

Elle a été abordée par deux hommes dans le hall de l’aéroport, portant en bandoulière des appareils photos, comme s’ils étaient de nouveaux employés au journal. Une fois assise dans le véhicule qui devait la conduire vers Georges, elle reçoit en guise d’apéritif un coup de poing dans l’estomac et tombe dans les pommes. Elle se réveille face à Costelli qui lui réclame un document important, une pièce d’état-civil, mais elle a eu la prescience de ce qui devait lui arriver puisqu’elle a pris la précaution de remettre son bagage à un inconnu, lequel a tenu sa promesse en remettant la serviette à Georges. Durant un long moment Costelli lui en a fait voir de toutes les couleurs à l’aide de sa ceinture. Elle se souvient seulement qu’il a évoqué un Chinois qu’il a appelé le Barman.

La seule solution pour Georges, accompagné de P’tit Louis, est de rechercher des Chinois dans Marseille, de les photographier et de soumettre les clichés à Jeanine. Soudain, Georges pense au Fleuve Bleu (tiens, tiens, clin d’œil ?), une boîte de style extrême oriental qui propose jazz, jeunes femmes esseulées ou tarifées. Le début des ennuis pour Georges qui est approché par une belle blonde, Olga Schneider, qui se dit proche de Lady Wilson, une richissime inconnue, mais il est repéré également par le barman chinois, quelques gros bras à la solde de Costelli, grossiste en produits illicites. Puis le commissaire Besnard qui va se mettre en travers de sa route pour une histoire de meurtre, car Jeanine est retrouvée défunte peu après. Alors que Masse veut prévenir la police celle-ci débarque, le commissaire Besnanrd en tête, avertie par un appel téléphonique.

blondes.jpgReprésentatif des romans à l’américaine des années cinquante, quoique l’action se déroule à Marseille, Méfiez-vous des blondes lorgne du côté de Peter Cheney auquel ce livre est dédié. Mais ce roman est également dédié à André Hunebelle, le réalisateur en 1950 du film éponyme interprété par Martine Carol, Raymond Rouleau, Bernard Lajarrige, Noël Roquevert et Yves Vincent dans les rôles principaux, scénario, dialogues et adaptation de Michel Audiard.

Dans son avertissement, Michel Audiard établit les différences existant entre le film et le roman et se réfère à Hemingway en énonçant une déclaration du romancier américain : J’écris une nouvelle d’après un film tiré d’un de mes romans. Une spirale sans fin.

Quant à cette réflexion de Georges Masse, elle s’avère dans ce contexte pour le moins étonnante : Moi j’ai le cinéma en abomination, ça me fait danser le cassis et j’en sors avec la migraine. Lorsqu’il décrit le personnage d’Olga Schneider, Michel Audiard est très explicite : Une vrai Vision d’Art. Un conte de fée, blonde comme les blés, balancée comme Martine Carol, claire comme le jour, avec des yeux de myosotis, et un teint… et une bouche… Non, mais alors une bouche ! C’est en trop pour un seul homme. Georges Masse ne dédaigne pas les alcools forts, au contraire, et s’enfile armagnac, whiskies, et pastis, pur apparemment, puisqu’il lui arrive de boire directement à la bouteille le breuvage qui a fait la réputation de la cité phocéenne.

Ce roman est un peu daté, certes, à cause par exemple de l’argot employé, mais pas trop, et il est encore lisible et nous plonge dans une époque qui ne diffère pas vraiment de la notre. S’il s’agissait d’un roman traduit de l’américain, nul doute qu’un éditeur le ferait retraduire, ce qui serait dommage car il en perdrait le charme de la spontanéité.


Michel AUDIARD : Méfiez-vous des blondes. Collection Spécial Police N°7. Editions Fleuve Noir. 1950. 220 pages.

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Published by Oncle Paul - dans La Malle aux souvenirs
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Lystig 03/12/2012 10:44

hé hé, c'est tentant !!!

Oncle Paul 03/12/2012 12:03



Oui mais pour le trouver....faut un portefeuille bien garni, ou alors un coup de bol dans les brocantes et vides-greniers...


Mais le livre sur Audiard est très bien aussi, mais ce n'est pas un roman !


Amitiés



Alex-Mot-à-Mots 27/11/2012 16:54

Pas tentée, à cause de l'argot justement.

Oncle Paul 27/11/2012 20:41



L'argot n'est pas très présent dans ce roman contrairement à ceux de Simonin par exemple et auxquels il faut se référer à tout moment au lexique qui est joint. C'est un peu comme dans les film de
l'époque du roman les années 50. Pas pire qu'aujourd'hui où l'en parle de meufs et de keufs chelous et relous !


Sinon, je te souhaite bon courage pour le trouver car au prix car où il est vendu par certains bouquinistes (voir le commentaire de Claude Le Nocher ), cela devient de l'aberration


Amitiés



Claude LE NOCHER 26/11/2012 16:44

Salut Paul
Jamais réussi à me procurer les titres de Michel Audiard parus chez Spécial-Police (Une fois, un bouquiniste m'a proposé celui-ci pour 400 Francs : "J'vous fais un prix, il en vaut 500"). Mais je
ne désespère pas...
Amitiés.

Oncle Paul 26/11/2012 17:06



Salut Claude


Celui-ci, j'ai réussi à le trouver dans un vide-grenier avec Massacre en dentelles. Certains bouquinistes sont voraces et je me demande s'ils arrivent à vendre ce qu'ils proposent. M'étonne pas
que la profession tend à disparaitre. Mais c'est un peu la faute à l'Argus du roman policier de Jacques Bisceglia


Amitiés



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