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3 mars 2012 6 03 /03 /mars /2012 16:38

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Sur l’île de Öland, située au sud-est de la Suède dans la mer Baltique, se dressent à Alluden deux phares, dont un hors service depuis des décennies, et un long corps de logis qui n’auraient rien de particulier si les phares n’avaient été construits avec des pierres provenant d’une antique chapelle, et le bâtiment avec le bois d’un navire naufragé. Pour les superstitieux, une pratique qui porte malheur. Katrine et Joakim n’étaient sûrement pas au courant de cette légende qui courait sur la lande balayée par le vent et les rafales de pluie. Ils avaient acheté cette bâtisse afin de quitter Stockholm et sa banlieue et se ressourcer.

Tous deux enseignants, Katrine à mi-temps en dessin, ils s’étaient spécialisés dans la rénovation d’appartements puis de maisons, revendant à chaque fois avec un profit estimable. Leur installation à Alluden n’était pas forcément due au hasard, car la mère de Katrine, elle-même peintre tout comme sa propre mère, et qu’ils fréquentent peu, y a vécu pendant sa jeunesse avec sa propre mère elle-même artiste peintre. Tandis que Joakim était resté dans leur ancienne maison régler les derniers détails du déménagement et de sa vie professionnelle, Katrine a vécu à Alluden avec leurs deux enfants, Livia et Gabriel, entreprenant les travaux de rénovation. Joakin revient puis repart pour un dernier chargement. Alors qu’il est sur le trajet du retour, il reçoit un appel téléphonique de la police de proximité de l’ile de Öland. Le corps de Livia aurait été découvert noyé près des phares. Paniqué il l’est encore plus lorsque venu reconnaître le corps il s’aperçoit qu’il ne s’agit pas de Livia mais de sa femme. Une boulette de la part de Tilda la jeune policière de proximité.

Celle-ci est fort marrie de son erreur, d’autant qu’elle pressent que cette noyade n’est pas naturelle. Parallèlement elle se rend souvent auprès de son grand-oncle afin de recueillir au magnétophone les témoignages du vieil homme sur l’histoire de Öland. Pendant ce temps trois malfrats écument les résidences secondaires vides de tout occupant hors période estivale. Joakim s’occupe de ses deux enfants, continue les travaux entrepris par se femme, mais il est en proie à la dépression. Katrine lui manque, il ne veut pas l’oublier. En même temps, que ce soit dans l’habitation principale ou dans la grange située en face, il entend des bruits suspects. Il ressent également comme des présences, des ombres inquiétantes. Celle de Katrine, évidemment, mais aussi celle d’Ethel disparue un an auparavant. Et peut-être des cadavres dont les noms sont gravés sur des planches de bois. Il découvre aussi dans le grenier qui servait de fenil des objets et un carnet.

Dans ce roman dont la trame est résolument policière, plane une aura de fantastique et d’angoisse qui tient en haleine. D’autant que les deux mois que va vivre Joakim entre la mort de sa femme et la résolution de l’enquête, prennent une intensité de plus en plus étouffante, alimentée par des tourmentes de neige et que les rafales de vent vont balayer le paysage désolé. Le tout est ponctué d’interludes relatant des événements qui se sont déroulés plus de cent ans auparavant jusqu’à la fin des années 1960, avec des pincées de légendes inquiétantes issues du fond des âges comme celles qui planent sur les tourbières. Le rythme n’est pas toujours soutenu, malheureusement, mais la construction est implacable et l’épilogue digne de scènes de cinéma de terreur. Le lecteur devient fantôme, suivant pas à pas les démêlés de tous les protagonistes.


Johan THEORIN : L’écho des morts. Traduit du suédois par Rémi Cassaigne. Le Livre de Poche. 552 pages. 7,60€. (Réédition des Editions Albin Michel - 2010).

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commentaires

Lystig 14/04/2012 09:36

j'avais bien aimé !

Oncle Paul 14/04/2012 14:18



Oui moi aussi, et j'attends le prochain.



Alex-Mot-à-Mots 06/03/2012 17:16

J'avais bien aimé ce polar nordique.

Oncle Paul 07/03/2012 15:20



J'ai préféré le sang des pierres, plus enlevé, et avec une petite touche de fantastique.



Serge 31 03/03/2012 23:12

Bonjour Paul.
Pas totalement convaincu par son premier titre, "L'heure trouble", à cause de son rythme languissant. Mais j'avais plutôt accroché à l'écriture, et j'en avais déduit que mon état d'esprit au moment
de la lecture n'était peut-être pas le plus approprié pour apprécier ce texte à sa juste valeur (c'est du vécu pour d'autres auteurs...). Au vu de ta chronique (en particulier ce que tu dis du
final), je vais retenter l'expérience.
Amitiés.

Oncle Paul 04/03/2012 15:41



Bonjour Serge


L'état d'esprit du lecteur au moment de la lecture peut influer comme tu le soulignes, mais l'auteur est également sujet  à ce genre de phénomène mais peut également corriger des erreurs de
parcours à chaque moment de sa carrière ou se laisser influencer par les besoins et desiderata des lecteurs.


A bientôt



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