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29 juillet 2013 1 29 /07 /juillet /2013 07:51

visage


Être placée dans une institution en Suisse, même si c’est pour son bien, pèse pour Anne qui s’ennuie. Elle s’enfuit et rejoint sa mère à Cannes. Jessica fait contre mauvaise fortune bon cœur, ce qui est une façon de s’exprimer car elle possède une immense fortune héritée de son premier mari, le père d’Anne. Il était le propriétaire d’un laboratoire de parfumerie et produits divers de maquillage dont a héritée Jessica, mais est décédée dix ans auparavant. D’ailleurs entre son père et Anne, il n’y avait guère d’affinités.

Et puis Julien, son beau-père, déclare au contraire qu’Anne a bien fait de venir les retrouver. Il est vrai qu’Anne s’entend mieux avec Julien qu’avec Jessica sa mère.

Oui, quand j’écris s’entend bien, c’est à prendre au figuré car Anne est sourde et muette, et elle tient dans sa main en permanence un tableau ou un bloc de papier, ce qui lui permet de converser plus facilement, même si elle sait lire sur les lèvres.

Amado, un jeune dragueur, aborde Anne qui est amusée par la tête du jeune homme lorsqu’elle lui apprend son handicap. Mais Anne, si elle n’a pas encore connu le loup, comme il était écrit dans les bons vieux romans à l’eau de rose, n’est pas pimbêche pour autant et ils deviennent rapidement amis. D’autant qu’elle lui offre quelques billets, car Amado est fauché.

Julien est musicien, pianiste, auteur-compositeur. Pour l’heure il n’est pas encore très connu, mais cela ne saurait tarder. Corinne, une jeune chanteuse qui se produit à Cannes interprète quelques-unes de ses chansons. Ce n’est pas encore la gloire mais qui sait. Jessica connait quelques personnes influentes dans le milieu musical et elle lui arrange un rendez-vous avec un producteur télé qui éventuellement pourrait recourir à ses services pour la bande annonce d’une série. Seulement Jessica est jalouse et elle soupçonne qu’entre Corinne et Julien, ils ne se contentent pas d’échanger des partitions et qu’ils sont sur la même longueur d’onde. Elle n’a pas tort.

D’ailleurs Anne non plus n’est pas dupe et elle demande à Amado de surveiller Julien et Corinne, puisqu’il peut se déplacer rapidement et incognito avec sa moto. Et elle a rapidement conformation de ses soupçons.

Julien se rend à Paris afin de rencontrer le producteur conseillé par Jessica et retrouve par hasard un ami avec lequel il a effectué son service militaire en Algérie. Pendant ce temps Jessica se renseigne sur Corinne et une soirée est prévue.

Avec peu de personnages, Jean-Pierre Ferrière monte une intrigue savamment agencée et si le lecteur pense connaître la solution finale, s’il croit anticiper les événements en imaginant tel ou tel épilogue, il se trompe. Car tout l’art de Jean-Pierre Ferrière est de savoir faire monter la pression, le suspense, et en maître machiavélique il dirige à sa guise ses différents protagonistes, y compris le lecteur. Le thème de la femme fortunée remariée avec un homme plus jeune qu’elle, ne possédant pas un fifrelin, et attiré par une jolie jeunette, est un thème que l’on pourrait penser éculé. Le théâtre de boulevard et les vaudevilles l’ont largement exploité et pourtant tout n’a pas encore été exploré.

Jean-Pierre Ferrière se complait à décrire les relations Homme-femme (vous mettez le pluriel où vous voulez), et en peu de mots il croque psychologiquement ses créatures avec justesse et finesse. Point n’est besoin de longs paragraphes ennuyeux, en quelques lignes tout est décrit. Avec simplicité, fluidité et limpidité.

Ce roman se déroule au début des années soixante, ce qui lui apporte une saveur particulière. Les prolétaires roulent en 2CV ou en Dauphine, et ils découvrent des musiques nouvelles dont le jerk.


Jean-Pierre FERRIERE : Ma mort aura ton visage. Collection Rose Noir. Editions Campanile. 160 pages. 6,90€.

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commentaires

Pierre FAVEROLLE 20/08/2013 17:47

Salut Paul, je viens de l'acquérir (chez Cultura, pour que tes lecteurs le sachent) donc lecture très bientôt avant d'acheter les autres. Amitiés

Oncle Paul 20/08/2013 18:31



Bonsoir Pierre


Un petit bouquin très sympa, qui entre dans mes préférences en littérature policière surtout que je commence à être rassasié des romans noirs. Mais je crois que tu passeras un bon moment avec.


Amitiés



Serge 31 31/07/2013 23:57

Bonjour Paul (et Claude).
Pas mention de l'année de l'édition originale, titre métamorphosé (mais peut-être le voeu de l'auteur): certains éditeurs ne nous rendent pas la vie facile!
Merci à vous deux.
Amitiés.

Oncle Paul 01/08/2013 10:28



Bonjour Serge


Non, les éditeurs ne nous rendent pas la vie facile, mais je crois que, s'il s'était agi d'un inédit, l'éditeur et l'auteur l'auraient signifié en grosses lettres


Amitiés



Claude Le Nocher 31/07/2013 06:42

Salut Paul
Je ne vais pas tarder à le (re)lire moi aussi. On ne se lasse jamais des romans de JPF.
-> Serge : oui, c'était bien le n°824 de Spécial-Police.
Amitiés.

Oncle Paul 31/07/2013 15:09



Bonjour Claude


D'autant que c'est le plus petit de la fournée. Mais relire Jean-Pierre Ferrière n'est pas un pensum, au contraire.


Amitiés



Serge 31 31/07/2013 01:06

Bonjour Paul.
Merci pour l'indication de l'année. Cependant, en consultant (mal?) la bibliographie de J-P F, à l'année 1970, je ne trouve que, comme titre le plus approchant, "La mort n'a pas de faux cils" (FN
Spécial Police). Est-ce celui-ci?
Amitiés.

Oncle Paul 31/07/2013 15:08



Bonjour Serge


Et tu as raison ! D'ailleurs Claude l'a confirmé. Mais je ne l'ai pas indiqué explicitement car l'éditeur ne le précise pas, peut-être selon les indications de Jean-Pierre Ferrière.


Les autres ouvrages ont gardé leur titre originel et je vais les distiller peu à peu. Sinon Claude a déjà commencé.


Amitiés



Le Papou 30/07/2013 22:30

Je suis beaucoup moins présent sur la toile, le retraité en vacances se prélasse et lit un peu n'importe quoi sans se forcer. Et puis, moi, je préférais les 4 chevaux question de standing
équestre.
Amicalement
Le Papou

Oncle Paul 31/07/2013 15:05



Et tu as bien raison... Juste pour le plaisir de lire...


Oui, mais pour la 4CV, il fallait parfois la lester avec un sac de sable...


Amitiés



pyrausta 29/07/2013 20:34

Quand même!! En 1970 , j'étais née depuis 9 longues années...;)

Oncle Paul 30/07/2013 10:35



Tu as bien grandi depuis...



pyrausta 29/07/2013 12:40

Pour moi, la saveur ne sera pas celle des années 60 car bon..mais pourquoi pas ?

Oncle Paul 29/07/2013 14:18



Pourtant ce roman date de 1970 puisqu'il s'agit d'une réédition que l'éditeur n'a pas daigné préciser. De doute  façon tu n'étais pas née...


Amitiés



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  • : Les Lectures de l'Oncle Paul
  • : Bienvenue dans la petite revue de la littérature populaire d'avant-hier et d'hier. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !
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