Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
28 mai 2014 3 28 /05 /mai /2014 12:13

Hommage à Ian Fleming né le 28 mai 1908.

 

layani.jpg


En réalité autant de fois qu'on le veut...

Au moment où sort sur les écrans (cette chronique date de la sortie du livre), Quantum of Solace, le nouveau James Bond interprété par Daniel Craig, Le moins était de rendre hommage au créateur de ce mythe littéraire qui connut véritablement la gloire et la renommée grâce à la prestation magistrale de Sean Connery dans les premières adaptations cinématographiques.

L’ouvrage de Jacques Layani permet de mieux découvrir le personnage de James Bond à travers la vie de son créateur. En effet, Ian Fleming, né le 28 mai 1908, outre ses nombreux succès féminins dès sa prime jeunesse, a travaillé comme journaliste, profession qui fut un temps une couverture. Il émergea en effet en tant qu’agent secret au Foreign Office puis à la Naval Intelligence Division. Il parle français et allemand, possède des notions de russe, voyage énormément. En 1946 il achète un bout de terrain en Jamaïque et fait construire une maison, dont il dessine les plans, qu’il appellera Goldeneye.

Il est chargé par le groupe de presse qui l’emploie de créer et d’organiser le service étranger. Près de quatre-vingt correspondants sous sa coupe, dont certains sont également des espions. Il obtient de ses employeurs le bénéfice d’un congé annuel de deux mois consécutifs, un temps libre qu’il passe à Goldeneye et le mardi 15 janvier 1952, il crée le personnage de James Bond. Le 18 mars de la même année le manuscrit est achevé. Il s’intitule Casino Royale et est publié en 1953. Le succès n’est pas immédiatement au rendez-vous et il faudra attendre l’adaptation cinématographique pour que le personnage de James Bond devienne une référence mondiale, cannibalisant presque son auteur, comme le firent certains de ses prédécesseurs tels que Arsène Lupin, Sherlock Holmes ou encore Rouletabille.

Ian Fleming s’est fixé une règle à laquelle il ne dérogera pas, sauf lors de ses dernières années. Il écrit deux mille mots quotidiennement, de 9h30 à 12h30 et ne corrige son texte que lorsqu’il a en terminé la rédaction. Et le livre paraît au moment où il entame une nouvelle histoire. Son train de vie altère sa santé. Il est hospitalisé en avril 1961, suite à une première attaque cardiaque mais il ne veut pas changer de rythme de vie. Quotidiennement il fumerait la bagatelle de soixante dix cigarettes et avalerait une bouteille de gin. Un régime qui lui est funeste puisqu’il décède le 12 août 1964. Mais James Bond n’est pas mort, pour preuve l’actualité cinématographique.

Jacques Layani aborde également l’œuvre et l’art de Fleming ainsi que les diverses traductions françaises. Ainsi les deux premiers romans publiés en France le furent par Gallimard, dans la Série Noire avec des titres complètement farfelus comme c’était la mode à l’époque. “ Entourloupe dans l’azimut ” et “ Chauds les glaçons ”. Il dénonce aussi les coupes sombres effectuées par les Presses Internationales pour la collection Inter-Espion dont Echec à l’Orient Express rebaptisé Bons baisers de Russie (titre original) ou Requins et services secrets alias Vivre et laisser mourir (là encore titre original). Ces titres feront l’objet d’une nouvelle traduction chez Plon qui publiera l’intégrale des James Bond dans les années 60. Actuellement, et il ne tarit pas d’éloges sur cette initiative même s’il conteste certains points de détails, la série des James Bond a été republiée chez Bragelonne avec une nouvelle traduction de Pierre Pevel, auteur lui-même de romans fantastique.

Enfin il s’insurge contre Francis Lacassin et sa soit disant intégrale chez Bouquins avec une préface laissant plus ou moins à désirer. Il analyse l’art de Fleming dans la transposition de son personnage, sa façon de travailler, ses références littéraires comme Chandler et Hammett en particulier sans oublier Simenon, mais ne tombe pas dans l’apologie à outrance de l’auteur. Il sait reconnaître les erreurs de l’écrivain, ses défauts comme les idées reçues, les clichés xénophobes qui existent dans ses romans. Bien sûr il explique que ces façons de penser, d’écrire étaient dans l’air du temps mais il ne les excuse pas pour autant. Un livre qui permet de mieux découvrir Ian Fleming et son œuvre, même si de nombreux ouvrages ont déjà été consacrés au père de James Bond, mais hélas non traduits en France.


Jacques  LAYANI : On ne lit que deux fois. Ian Fleming, vie et œuvre du créateur de James Bond 007. Editions Ecriture. Parution le 18 octobre 2008. 188 pages. Existe en version Kindle.

Partager cet article

Repost 0
Published by Oncle Paul - dans Documents
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Les Lectures de l'Oncle Paul
  • Les Lectures de l'Oncle Paul
  • : Bienvenue dans la petite encyclopédie de la littérature populaire. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !
  • Contact

Recherche

Sites et bons coins remarquables