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29 août 2012 3 29 /08 /août /2012 16:35

Si de nos jours Henri IV est une figure sympathique de la royauté, cela n’était pas forcément vrai de son vivant.

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Une amitié se forge parfois alors que tout concourt pour justement attiser la haine. Ainsi, lorsque Guillaume Filzar, dit Ventripote, tente de s’approprier deux superbes poules que Bernard Gougemaille, dit Long-Crin, avait lui-même dérobé à un fermier, s’ensuit un combat épique entre les deux hommes. Comme ni l’un ni l’autre sort vainqueur de cet affrontement qui dure de longues minutes, cela se termine dans un grand éclat de rire et les voilà devenu copains comme cochons. Et cela dure depuis dix ans.

En ce petit matin glacial de janvier 1608, ils sont en train de s’adonner à leu jeu habituel, tout en sachant que l’issue sera inévitablement un match nul. Alors qu’un connin (lapin en vieux françois), qu’ils ont attrapé dans un piège, est en train de cuire, ils entendent des cris de femme. Ni une ni deux, les deux hommes s’élancent mais arrivent trop tard. Trois spadassins viennent de tuer un homme et une femme et sont sur le point de s’en prendre à un enfant attaché à un arbre. Nos deux compères mettent rapidement les assassins en fuite et ont le temps de remarquer qu’à la main de l’un d’eux, le chef probablement, il manque deux doigts. Ils délivrent le gamin qui n’est juste qu’étourdi mais profondément choqué. Pour les deux amis, la décision est difficile à prendre. Ventripote veut s’occuper du marmouset, tandis que Long-Crin opte pour la solution de facilité, la fuite. Mais c’est Ventripote qui a le dernier mot, et comme il est quelque peu médicastre, il s’évertue à sortir de sa léthargie le gamin grâce à quelques herbes dont il connait les vertus médicinales et ses bons soins se révèlent efficients.

Selon François, l’enfant, les sicaires se réclamaient de la « quisition » (il veut parler de l’Inquisition) et ont torturé et tué ses parents afin qu’ils avouent où ils ont caché un moine, Frère Théodore. Il n’hésite pas à emmener ses nouveaux amis dans une espèce de cave où gîte le moine. Après avoir fait connaissance, la petite troupe abandonne le Bourbonnais où vient de se dérouler cette scène pour se rendre à Paris. En chemin ils rencontrent un homme à cheval, portant beau. Il s’agit d’Ambrosio Vhermont, maître d’armes, qui lui aussi désire aller à la capitale afin d’ouvrir une salle d’armes. Heureux concours de circonstances car cet habile bretteur leur sera d’un grand avantage lors des confrontations et batailles qu’ils auront à subir de la part de Quentin Deretz, l’homme aux doigts manquants, et ses sbires. La petite troupe, composée de Ventripote, Long-Crin et leurs compagnons emprunte de petites routes, en passant par Bourges, Orléans, Rambouillet, et les embuscades, les guets-apens, ne manquent pas. Toutefois, le personnage de Théodore intrigue quelque peu Ventripote et Long-Crin. Il est anormal qu’un moine ne récite pas de prières lors des moments cruciaux, et se montre fin bretteur.

Quentin Deretz, qui a failli a sa tâche, rend compte de son échec à la belle madame de Mirail (supposition gratuite mais non dénuée de fondement car cette noble dame cache son visage sous une voilette qui lui sert de masque), Madame de Mirail qui n’est pas satisfaite de ce revers. Elle est la maîtresse du Narval, qui lui-même doit fournir des résultats à d’éminents membres de la noblesse. Alors tout doit être fait pour supprimer frère Théodore et ses compagnons.

Gabriel Jan n’est pas qu’un auteur d’anticipation ou de fantastique et il le démontre avec brio dans ce roman clin d’œil à Paul Féval, père et fils, Michel Zevaco ou encore Alexandre Dumas, pour ne citer que les plus célèbres. Mais il se montre plus sobre dans ses descriptions de combats n’empruntant pas à ses prédécesseurs des situations parfois extravagantes, hautes en couleurs certes mais parfois guère vraisemblables. Pourtant la fougue est là, l’intrigue est crédible, d’ailleurs nous savons tous comment finit Henri IV, mais les manuels d’histoire ne se focalisent que sur un nom. Gabriel Jan affectionne particulièrement cette époque et il nous la restitue avec cette faconde, cet humour qui parfois manque aux historiens. Un roman qui mériterait une plus grande visibilité sur les étals des libraires et je suggère que les éditions 10/18 ou Le Masque, par le biais de leur collection Labyrinthes, lui ouvre les pages de leur catalogue. Il ne démériterait pas sa place si elle lui était offerte. Petit bonus, les différents personnages sont recensés en début d’ouvrage, un principe qui n’est plus de mise aujourd’hui et c’est dommage.

A lire du même auteur : Le réveil des menhirs.

Voir également le portrait que je lui ai consacré.

Gabriel JAN : Qui veut tuer le Roi Henri ? Editions Edilivre.com. 312 pages. 20€.

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