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23 janvier 2014 4 23 /01 /janvier /2014 08:42

Quand c'est fini, ça recommence ?

 

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Cela fait sept ou huit ans que Maxime, le fils de Thiphaine et Sylvain est mort, écrasé sur la terrasse en chutant de la fenêtre de sa chambre. Depuis Thiphaine et son mari, qui ont adopté Milo, le fils de leurs plus proches voisins, ont déménagé, le gamin ayant hérité de la maison de ses parents. Ils ont se sont donc installés dans la maison jumelle de celle qui était la leur, ce qui ne manque pas de raviver parfois les souvenirs liés à ce drame.

Une nouvelle voisine aménage et Tiphaine, tout autant que Milo, est intéressée par le mouvement provoqué dans la rue par le déchargement des cartons et des meubles. Si Tiphaine fixe plus ses regards sur Nora, la mère, Milo est subjugué par Inès, la fille de treize ans. Nora et Alexis sont séparés, et n'ont la garde de ses gamins qu'une semaine sur deux, mais un autre enfant est présent. Un garçon nommé Nassim, qui a l'âge qu'avait Maxime lorsqu'il est décédé. D'ailleurs Tiphaine a cru comprendre Maxime lorsque le garçon s'est présenté alors qu'il regardait par la haie.

Le couple Tiphaine et Sylvain s'est délité progressivement depuis l'accident. Ils ont obtenu d'être les tuteurs de Milo, mais celui-ci pense que s'il aime quelqu'un, s'il s'attache à un être cela ne peut que nuire à cette personne. Pourtant il est attiré par Inès, un sentiment réciproque et la jeune fille tente de l'appâter en communicant par les réseaux sociaux et son portable.

Nora trouve un emploi à mi-temps comme assistante maternelle, mais la défection d'une collègue malade l'oblige à changer ses horaires de travail. Elle va s'occuper de la garderie en fin de classe et elle ne peut plus aller chercher ses enfants. Pour Inès ce n'est pas trop grave, mais elle s'inquiète pour Nassim. Elle sollicite son amie Mathilde mais elle-même doit satisfaire à quelques occupations aussi elle se retourne vers Tiphaine, laquelle accepte volontiers.

Un jour, alors que Sylvain et Nora discutent ensembles, Alexis, le mari de Nora dont c'était la semaine de garde, arrive en compagnie de Nassim et d'Inès. C'est un homme qui n'accepte pas d'être séparé de sa femme et comme de plus il est jaloux et ombrageux, il se pose des questions. D'ailleurs, ces deux maisons jumelles, il les reconnait. Avocat, il a traité une affaire huit ans auparavant et son client s'est pendu. Il en fait part à Nora, puis rentré à son cabinet, il se rend compte qu'il s'est trompé de numéro. Ce n'est pas la maison de Nora qui est devenue la maison du pendu, mais celle qui est accotée à la sienne. Mais ce qu'il ne comprend pas, en vérifiant les noms sur la boite aux lettres, c'est que le nom de Milo est associé à ceux de Tiphaine et Sylvain.

Tout les éléments du drame sont mis en place. Il ne reste plus qu'à Barbara Abel à allumer la mèche et déclencher cette tragédie.

 

Ce qui suit va peut-être vous interloquer : je vous conseille de ne pas lire le prologue. Un prologue permet de situer les personnages et l'action de l'œuvre et sert en général de préface ou d'introduction à ce qui s'est déroulé antérieurement. Or ici ce n'est pas le cas.

Le futur lecteur qui préfère s'imprégner de l'ambiance et de l'atmosphère d'un roman et qui au lieu de se fier à la quatrième de couverture, en lisant les premières pages, va être harponner par ce prologue. D'emblée il entre de plein fouet dans une scène d'angoisse et ce prologue terminé lorsqu'il entame le premier chapitre, toute la montée d'adrénaline qu'il a ressentie retombe comme un soufflé, le ressort se casse. Et en réalité ce prologue est à placer entre le chapitre 53 et le chapitre 54, soit quasiment à la fin de l'histoire. Ceci n'est qu'une mise en garde gratuite, vous faites comme vous voulez, mais je vous aurai prévenu.

Les allusions sont comme des rayons laser qui détectent la mauvaise conscience et la font sortir de son trou plus sûrement qu'une carotte devant le terrier d'un lapin.

Et ce sont bien les allusions puis l'interprétation qui en est faite qui servent de détonateur. Le lecteur ne peut s'empêcher de penser que les personnages agissent parfois en dépit du bon sens. Il voudrait leur dire, mais non, c'est pas comme ça qu'il faut faire, tu te conduis comme un(e) imbécile, tu cours à la catastrophe. Mais rien n'y fait. Ceux-ci ont décidé de prendre à leur compte cette maxime des Shadocks : Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué !

Dans ce roman l'angoisse et le suspense montent en puissance, insidieusement, au fur et à mesure que Barbara Abel dispose ses personnages, les nouveaux et certains de ceux qui ont joué un rôle prépondérant dans Avant la haine, et développe l'intrigue. Tout l'art de jouer avec le lecteur dans un rythme lancinant, fascinant et incidemment de le laisser légèrement sur sa faim, car l'épilogue suppose une suite à cette histoire. Après la haine et Après la fin, pourquoi pas Après les débuts ?


Barbara ABEL : Après la fin. Editions Fleuve Noir. Parution le 14 novembre 2013. 334 pages. 18,50€.

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commentaires

Pierre FAVEROLLE 23/01/2014 21:08

Salut Paul, c'est ma femme qui va être contente. Moi je n'ai pas encore lu le premier roman. Et pourtant je sais que c'est un excellent polar ... le manque de temps ! Amitiés

Oncle Paul 24/01/2014 11:28



Je suis content pour tafemme... Quant à toi... essaie de t'aménager du temps !


Amitiés



Lystig 23/01/2014 19:05

je n'ai pas lu ton billet encore...

Oncle Paul 24/01/2014 10:34



Bon, j'attends, les yeux rivés sur mon écran...



Lystig 23/01/2014 09:49

je l'ai terminé hier soir.

Oncle Paul 23/01/2014 15:18



Et qu'est-ce que tu en penses ? Réagis-tu comme moi ?


Amitiés



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