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4 novembre 2012 7 04 /11 /novembre /2012 08:58

Il ne fallait pas le louper celui-là !

 

dernier-taxi.jpg


Chauffeur de radio-taxi parisien, Caroline élève seule Catherine sa petite fille de cinq ans. En ce jour de décembre, comme à son habitude, elle conduit sa fillette à l’école, puis se rend au garage où elle assure les remplacements de ses collègues en congés. Alors que sa journée est terminée et qu’elle rentre de l’aéroport d’Orly, elle charge ses deux derniers clients : une mère conduisant son gamin dans une clinique pour y subir une opération de l’appendicite. Arrivée sur place, la mère indécise sur l’adresse exacte de l’établissement, confie Pierrot à Caroline et quitte le taxi afin de se renseigner. C’est le moment que choisit Paul Fougère, dit Pierrot le tueur, qui vient de s’évader de la prison de la Santé toute proche, pour s’engouffrer dans le véhicule. Un couteau sur la gorge de Pierrot, il ordonne à Caroline de le conduire en pleine campagne. Comme elle tente de se rebeller, il la blesse à l’épaule. Au cours du trajet le taxi s’embourbe dans un chemin. En voulant prendre une torche dans son coffre, Caroline glisse dans la boue et le tueur en profite pour la violer. Elle parvient néanmoins à échapper à son tortionnaire et roule en marche arrière tout en calant son combiné radio en position émetteur. Elle a le temps de donner quelques renseignements à la standardiste des radio-taxis afin que l’on puisse localiser sa position avant que le véhicule dérape et heurte le talus. La jeune femme tente de fuir dans les bois mais elle est vite rejointe par le kidnappeur.


Cependant Pierrot, qui s’était endormi, se retrouve seul dans le taxi. Croyant que le micro ne fonctionne pas il l’arrache afin de s’en servir comme d’une arme dérisoire. Il ignore que les policiers alertés essayent de déterminer l’endroit où ils se trouvent, guidés par le signal sonore émis par l’appareil. Grâce au concours d’un collègue de la jeune femme qui connait la région, ils arrivent néanmoins à situer plus ou moins leur position. Pierrot quitte le taxi et s’enfonce dans la nuit. Soudain, il ressent une violente douleur dans l’abdomen et s’évanouit sur le bord de la route. Une jeune fille rentrant chez elle à vélo aperçoit le corps et fait retourne sur ses pas afin de prévenir les gendarmes. Paul Fougère, furieux, fait croire que le garçon s’est surement perdu dans les marais voisins. Il redresse l’aile du véhicule, tordue lors de la collision, et le taxi peut effectuer un demi-tour. Revenus sur la départementale, ils trouvent le corps inanimé de Pierrot. Fougère décide de le prendre à bord puis casse froidement le bras de la conductrice qu’il ne juge pas assez docile à son goût. Fougère retourne ensuite dans le sous-bois avec son otage afin de récupérer un magot caché quelques années auparavant au pied d’un chêne et provenant d’un hold-up pour lequel il a été condamné.


Pierrot va-t-il succomber à une péritonite ? Fougère va-t-il retrouver l’argent enfoui, ou son complice sera-t-il passé avant lui ? Catherine va-t-elle sortir indemne de cette nuit de cauchemar, et si oui comment ? Autant de questions que le lecteur est en droit de se poser, arrivé à cette partie du récit. Car, nonobstant quelques petites incohérences au début du roman – comme le fait que l’évadé soit en possession d’un couteau de provenance inconnue, ou que la mère de Pierrot, habitant entre Orly et Villejuif, conduise son enfant en proie à une crise d’appendicite aigüe menaçant de se transformer en péritonite à Paris – ce roman est empreint d’une angoisse sourde tenant en haleine le lecteur. De l’angoisse purement rationnelle car aucun élément de surnaturel ou de fantastique à proprement dit n’est intégré dans le récit.

André Caroff use, pour faire monter la pression, de stratagèmes qui aujourd’hui semblent éculés mais qui sont directement issus du roman feuilleton et du roman populaire, comme d’annoncer avec une certaine emphase les événements à venir. Il écrit ainsi page 12 : « tout cela était d’une banalité mortelle, mais lorsqu’elle pensa cela, Caroline Bertrand ne savait pas encore qu’une aventure terrible la guettait derrière la brume de ce jour de décembre », ou encore page 65 « A cet instant précis Caroline sut qu’elle le tuerait ».


A part quelques scènes qui préfigurent ce qui deviendra quelques années plus tard le roman Gore, ou quelques descriptions inquiétantes dont la teneur visuelle se résume en quelques lignes, tout le roman est basé sur l’angoisse ressentie par les protagonistes face à un être obtus et violent.

André Caroff qui lui-même a exercé le métier de chauffeur de taxi, a probablement écrit ce roman à la demande d’Eugène Moineau, alors responsable du service communication au sein du Fleuve Noir. Le lecteur qui était adolescent à l’époque de la parution du livre – c'est-à-dire au début des années 60 – retrouvera un environnement familier et sera plus en osmose avec l’histoire que celui qui est né dans les années 80. Les moyens de transports et de communications qui jouent évidemment un rôle primordial dans ce récit, n’étaient pas aussi évolués et performants qu’aujourd’hui, quoi que avec les plateformes téléphoniques les mises en relations sont actuellement plus longues qu’auparavant malgré le fameux sketch du 22 à Asnières et les moqueries faciles sur les demoiselles du téléphone.


A lire mon portrait d'André Caroff  .


André CAROFF : Le dernier taxi. Collection ANGOISSE n° 80. Editions Fleuve Noir.

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Published by Oncle Paul - dans La Malle aux souvenirs
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commentaires

Patrick 08/11/2012 19:27

Bonsoir Paul
Si tu a l 'occasion de le trouver à un prix raisonnable , n'hésite pas , je te le prendrai et paierai , bien sur..
Merci.
Amitiés...

Oncle Paul 09/11/2012 15:21



D'accord Patrick


Je l'ajoute à mon carnet recherches


Amicalement



Patrick 08/11/2012 12:30

Bonjour Paul

Bon je surveille ma boite aux lettres jusqu'à quand? :)
Bonne journée à toi....

Oncle Paul 08/11/2012 16:34



Bonjour Patrick


Tant que je n'ai pas ton adresse ....


Bonne journée itou



Patrick 07/11/2012 11:14

Bonjour Paul
Si tu me le prêtes , tu ne le revois plus....:)normal , non ?...
Tu es prévenu...
Bonne journée...Amitiés.
Patrick

Oncle Paul 07/11/2012 16:14



Bon, je vais peut-être réviser ma proposition... A moins qu'éventuellement j'en trouve un exemplaire...


Amitiés



Patrick 05/11/2012 19:44

Bonsoir Paul
Même dans les brocantes ils sont très rares..Chez Emmaus jamais vu , après c'est la chance...
Bonne soirée...:)

Oncle Paul 06/11/2012 15:32



Je pourrais éventuellement te le prêter, mais avec les frais d'envoi, cela reviendra au même...



Pyrausta 05/11/2012 17:01

Tu l'as ressorti de tes cartons celui là!! A lire avec un certain sourire.

Oncle Paul 06/11/2012 15:31



C'est vrai Pyrausta. Mais il est bon parfois parler (ou écrire) d'ouvrages qui ont plu, mais hélas ils sont souvent difficiles à trouver.



Le Papou 04/11/2012 16:58

Tiens ! Je l'avais oublié celui-là dans ma liste d'auteurs préhistoriques.
Amicalement
Le Papou

Oncle Paul 04/11/2012 17:59



Et j'en ai d'autres en réserve... Peu à peu je les mettrai en ligne...


Amitiés



Patrick 04/11/2012 15:02

Bonjour Paul
Quelle belle couverture !!! Je le veux!!!Presque 10 euros sur Pri...., un peu cher pour mon budget , dommage....:(
Bon dimanche.;)

Oncle Paul 04/11/2012 17:59



Bonjour Patrick


Les ouvrages de la collection Angoisse sont assez recherchés effectivement. Cette collection qui n'a eu guère d'attrait par rapport à Spécial Police et Espionnage n'ont pas bénéficié d'un grand
tirage et les collectionneurs les recherchent aujourd'hui d'où leur cherté. Néanmoins voici un lien mais il ne faut pas oublier les frais d'envoi.


http://cgi.ebay.fr/FLEUVE-NOIR-ANGOISSE-80-1961-ANDRE-CAROFF-DERNIER-TAXI-ETAT-CORRECT-/360488082169?pt=FR_GW_Livres_BD_Revues_Livres&hash=item53eec39af9


Amicalement



blʌdʒən 04/11/2012 11:11

Reçu 5/5. Merci. Je pars en chasse.
blʌdʒən

Oncle Paul 04/11/2012 12:30



Bonne chasse alors... Mais il va falloir écumer les vide-grniers, les brocantes ou quelques libraires spécialisés...


Amicalement



zazy 04/11/2012 10:24

Ces vieilles éditions me rappellent......

Oncle Paul 04/11/2012 12:23



... de bons souvenirs ?



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  • : Bienvenue dans la petite encyclopédie de la littérature populaire. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !
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