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11 avril 2014 5 11 /04 /avril /2014 14:02

Un plan Q mal géré qui tourne en catastrophe !

 

dame-de-feu.jpg


Un homme habillé à la mode, c'est à dire en noir, capuche rabattue sur la tête afin qu'on ne lui voit pas le visage, s'est installé à l'arrière d'un bus parisien de la ligne 86. Arrivé à la station Bastille, il descend, laissant derrière lui des cadavres, des passagers qui étaient installés juste devant lui. Huit personnes viennent d'être abattues froidement.

Au 36 quai des Orfèvres, une cellule de crise visionne l'enregistrement effectué grâce à la caméra vidéo placée dans le bus. Le directeur de la PJPP et huit collaborateurs découvrent avec stupéfaction la façon de procédé du tireur qui a agit avec calme, précision, efficacité. Les douilles ont été récupérées dans un sac plastic entourant l'arme, un modèle employé dans les années 70 par des unités antiterroristes. Un travail de professionnel. Parmi les cadavres dont l'identité est relevée figure Marion, la compagne du commandant Martin, qui n'est pas de service. Jeannette, l'adjoint du policier se propose d'aller lui annoncer la mauvaise nouvelle. Martin est effondré et demande à Jeannette de garder Rodolphe, le gamin qu'il a eu avec Marion. Le double effet qui s'coule est provoqué lorsque Marion frappe à la porte. Eh oui, ce n'est pas elle qui était dans le bus mais une amie à qui elle avait prêté sa carte de journaliste tandis qu'elle batifolait dans les bras d'un amant de passage. Un confrère auquel elle ne tient même pas.

L'affaire du bus est confiée à trois groupes, des collègues de Martin, mais celui-ci est écarté provisoirement car considéré comme trop proche et virtuellement impliqué. Heureusement il possède en Bélier une alliée, ainsi qu'avec Laurette, la psy qui émarge aux services de police. Et par les deux femmes il glane quelques indiscrétions dont il ne tire pas immédiatement profit mais qu'il emmagasine dans sa mémoire. De même Tureau, une des chefs de groupe, qui se déclare lesbienne, au moins une femme qu'il ne draguera pas, lui délivre quelques renseignements. Une lettre adressée au Directeur de cabinet du ministre de la Défense, dont la teneur ne peut pas être mise en doute, revendique l'attentat. Non pas l'identité de l'expéditeur puisque celui-ci signe anonyme, mais bien parce que la description du carnage est le même que sur la bande vidéo. Une deuxième bafouille exigeant une rançon et en précisant les modalités de la remise la suit de peu, puis une autre. Et ces missives sont écrites dans un style qui sent son militaire ou son gendarme à plein nez.

Martin est empêtré dans sa relation distendue avec Marion, donc il doit improviser la garde de son fils Rodolphe, poursuivre ses recherches et aider Juliette à se sortir du pétrin dans lequel elle est fourrée. En effet son adjointe qui vit depuis peu une relation avec un psychiatre, est harcelée téléphoniquement par une femme. Il se pourrait que cette personne soit une proche de son amant mais leurs cogitations ne donnent rien. Au contraire, Juliette va se trouver avec une accusation de meurtre sur les bras.

Pendant ce temps, dans un petit village du Vexin, Aurélien, un lycéen de seize ans, travaillant bien à l'école, apparemment sans histoire, possède une double vie à l'insu de ses parents. En effet depuis quelques mois il a une liaison avec la mère de son meilleur ami Cyprien. Entre Louise et lui, c'est jeux interdits et le blé en herbe. Et lorsque le mari de Louise est en déplacement, ce qui lui arrive fréquemment à cause de son travail, les deux amants se retrouvent en catimini. Et puis cela change Aurélien de sa vie monotone dans ce village dortoir, avec un père vigile dans une usine de fabrication de pain industriel. Entre sa mère et son père, les éclats fusent parfois, faute à la bière, et faute aussi à il ne sait quoi. Il se souvient que dix ans auparavant la famille vivait à Paris, et qu'ils ont dû déménager pour une raison dont il n'a pas à connaître la teneur.

 

damefeu2.jpgOn retrouve dans ce roman quelques uns des personnages habituels à cette série des Dames entamée avec Dame de Cœur et qui poursuit allègrement son chemin littéraire et depuis quelque temps à la télévision. La liaison de Martin avec Marion, leurs incartades et leurs disputes, leur attachement, alimentent l'histoire, non pas afin d'épaissir artificiellement le roman mais pour donner de la consistance aux personnages et à la structure de l'intrigue. De l'humanisme également et l'on s'attache autant aux protagonistes qu'à l'intrigue foisonnante.

Alexis Lecaye ne se contente pas d'imaginer une intrigue mais il joue à en entremêler deux et même trois, car au début du roman Juliette enquête sur le meurtre d'une jeune femme, enquête qui se poursuivra malgré l'attentat du bus, puis le harcèlement dont elle est victime. Le rythme est soutenu, et le lecteur n'a pas le temps de s'ennuyer dans cette histoire à rebondissements multiples et divers. Peut-être est-ce dû à son expérience de scénariste, de dialoguiste, réalisateur et producteur de nombreux téléfilms dont en particulier la série Julie Lescaut, qui compte pas moins de cent-un épisodes.


Alexis Lecaye qui œuvre depuis le début des années 1980 et possède à son actif plusieurs succès littéraires et télévisés, n'avait pas besoin d'un bandeau apposé sur ce roman dont le texte est signé Jean-Christophe Grangé : Un sommet dans le paysage actuel du polar.

Ceci, à mon avis, est presque irrévérencieux et indécent envers Alexis Lecaye qui pourrait en remontrer à Jean-Christophe Grangé en matière d'écriture et de maîtrise d'intrigues.

 

A lire également d'Alexis Lecaye : Dame de Carreau; Dame de Trèfle; Dame d'Atout.


Alexis LECAYE : Dame de feu. Editions du Masque. Parution le 12 mars 2014. 398 pages. 19,00€.

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commentaires

Le Papou 12/04/2014 10:51

Je n'ai même pas encore lu le premier. :-(
Le Papou

Oncle Paul 12/04/2014 12:59



Il n'y a pas de temps de perdu... Mais tu as peut-être lu d'autres romans d'Alexis Lecaye sous le pseuodo d'Alexandre Terrel, dont la série du Croque-Mort...



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