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28 octobre 2020 3 28 /10 /octobre /2020 04:30

La taupe est myope, c’est bien connu, mais elle a l’ouïe fine…

Marie WILHELM : Brive la galère.

Apparemment, Kadir se livrait à un travail tranquille. Balancer à la flotte un cadavre. Seulement, une joggeuse qui se reposait des efforts fournis en s’appuyant sur le parapet du pont qui enjambe la Vienne l’a aperçu.

Un témoin placé au mauvais moment et au mauvais endroit, cela ne manque pas, et souvent cela ne prête guère à conséquence, sauf que dans ce cas précis, Juliette, l’adepte de la course à pied, est un témoin gênant que Kadir se promet d’éliminer. Alors il commence à la poursuivre et elle se réfugie au commissariat de Limoges afin d’établir sa déposition. Elle a vu ce qu’il ne fallait pas voir, et il lui faut moucharder.

Seulement le policier siégeant à la réception a pour principe d’enregistrer les dépositions dans l’ordre, et elle est obligée de faire la queue (c’est une image) comme tout le monde. Elle en a marre, elle veut passer la première, commence à expliquer au policier ce qui l’amène, en vain. Elle doit attendre sont tour. Alors, elle s’énerve et part. Tant pis pour le cadavre.

Seulement, Kadir n’a qu’une obsession, la retrouver afin de lui régler son compte. Alors il prévient son commanditaire qui lui intime de réussir cette mission, sinon, il sera lui-même un cadavre dans peu de temps. Son interlocuteur, déjà informé, le lecteur ne sait qui il est mais il connait au moins celui qui l’a renseigné.

Savigny vient d’être nommé commissaire-divisionnaire, et muté à Limoges sur les terres de sa femme Béatrice récemment décédé. Il est veuf avec deux enfants, vient d’emménager dans un appartement en compagnie de Nicole, celle qui lui a servi de secrétaire et est maintenant en retraite. Elle s’occupe uniquement des enfants, n’allez pas chercher autre chose. Alors qu’il pensait que le Limousin était une région calme, Savigny se retrouve avec un cadavre sur les bras, cadavre qui a été découvert coincé contre une pile d’un pont. La cause de ce décès est à déterminer mais il est rapidement démontré qu’il s’agit d’un cas de surdose.

Juliette confie à son amie Jeanne, étudiante à l’université comme elle, et à son ami Eric, ses démêlés. Mais Kadir n’est pas loin de même qu’une religieuse Irlandaise, Sœur Berthaid, qui entend la conversation des deux femmes. Jeanne propose à Juliette de se rendre à Brive chez sa sœur Lara qui pourra l’héberger, et de faire sa déposition au commissariat corrézien. Ce que Juliette accepte volontiers.

Sœur Berthaid, une forte femme énergique, un peu curieuse et altruiste, va se mêler de ce qui ne la regarde pas, pour le plus grand bien des principaux protagonistes et de Savigny qui trouve en elle une aide inopinée. Une héroïne dans une vilaine affaire de cocaïne !

L’enquête se déroule entre Limoges et Brive, et inversement, et de nouveaux protagonistes, des bons, des moins bons et des franchement mauvais, s’infiltrent dans cette histoire régionale aux prolongements inattendus.

 

Le lecteur s’attache aux pas de Juliette et de ses alliés de circonstance, ainsi qu’à ceux de Savigny et ses fidèles adjoints, Berkane et Constantin, qui bientôt font cause commune. Si Juliette en est ligne de mire des tueurs lancés à sa poursuite, elle n’est pas la seule dans le viseur des tueurs. Et le corps de Savigny s’en rappelle encore. Le commissaire se demande bien comment il se fait que les tueurs, et plus précisément leur chef, soit au courant de ses recherches, de ses avancées, et qu’il anticipe les événements.

Entre comédie policière et roman noir, l’intrigue oscille selon les circonstances et les divers personnages présents. Savigny se moque parfois des procédures, ce qui lui attire des reproches plus ou moins masqués (c’est de circonstance) de la part de Berkane notamment, et son veuvage lui pèse. Ce qui ne l’empêche pas d’apprécier la joliesse et le charme de certaines femmes.

Quant à Sœur Berthaid, c’est un cas pas raté. Après avoir été championne de karaté en Irlande, elle est entrée dans les ordres, et si elle se trouve en France, dans une communauté religieuse, c’est théoriquement pour prendre un peu de vacances. C’est une femme active, genre tornade, et elle me fait un peu penser à Imogène McCarthery, l’héroïne de Charles Exbrayat.

Un roman plaisant à lire, humoristique à certains moments, et aux scènes d’action tourbillonnantes et frappantes, qui cache avec subtilité le principal coupable. Sauf pour le lecteur perspicace qui saura mettre un nom, sans apporter de preuves concrètes à ses déductions. Et l’auteur nous épargne les scènes de drogues et de quelle manière ceux qui en sont la proie se les injectent. Ce genre de description est superfétatoire et n’apporte rien de plus aux récits, sauf à faire du remplissage.

Marie WILHELM : Brive la galère. Collection Du Noir au Sud N°101. Editions Cairn. Parution le 8 octobre 2020. 246 pages. 10,0€.

ISBN : 978-2350685670

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