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19 octobre 2020 1 19 /10 /octobre /2020 03:26

Allez hop tout le monde dans les étoiles…

James BLISH : Les villes nomades. L’intégrale.

Considéré comme l’un des auteurs majeurs de la science-fiction, James Blish est peut-être moins connu que ses confrères que sont Isaac Asimov, Poul Anderson, Robert Silverberg, Robert Heinlein ou encore Frédéric Pohl. Il est vrai que ce fut un véritable scientifique, possédant un bagage dans la recherche médicale et la zoologie. Il est vrai que son aura en tant qu’auteur vivant n’aura duré qu’un quart de siècle, approximativement de 1952 à 1975. Pourtant il reste l’auteur d’une tétralogie qui marquera toute une génération, celle des Villes-Nomades, déclinée, selon les références, de 1952 à 1962. A l’origine de ses romans, souvent des nouvelles publiées notamment dans Astounding Stories, comme The Bridge dont le thème sera repris dans Aux Hommes les étoiles et que l’on pourrait résumer ainsi : des scientifiques et techniciens, basés sur Jupiter V, bâtissent un pont au-dessus de Jupiter.

L’engin principal appelé Coccinelle, manipulé depuis la base, glisse sur des rails. Le froid, la glace et le vent perturbent l’avancée des travaux. Mais ceci n’est que l’un des thèmes majeurs contenus dans le roman, et concerne l’anti-gravité.

L’autre thème majeur est la recherche de l’immortalité par des essais secrets effectués sur des nouveau-nés, dans les laboratoires de la firme pharmaceutique Pfitzner, nom à rapprocher des laboratoires Pifzer, société pharmaceutique américaine crée en 1849. La découverte principale étant l’ascomycine qui est un anti-agathique permettant de prolonger la vie des patients l’utilisant de soixante-dix ans.

Enfin, mais ce qui n’est pas entièrement développé dans ce roman, la présence des Croyants, des membres d’une secte religieuse prête à recourir à n’importe quelle méthode pour se faire entendre, dénonçant les nouvelles technologies et les projets humains, comme la construction du grand Pont, comparant cette entreprise à la tour de Babel d’autrefois.

Certains déplorent l’argent englouti dans la construction du grand Pont, alors qu’il pourrait servir dans la recherche sociale, et que l’Occident s’est soviétisé. Et les hommes fuient ce nouvel état totalitaire en arrachant de la Terre, grâce à l’anti-gravité, des cités telles que New-York, s’envolant vers les étoiles.

 

Gérard Klein, romancier, directeur de collection et critique, dans son article intitulé James Blish, l’intellectuel de la SF paru dans Fiction N°70 de septembre 1959, écrivit : Le thème général qui sous-tend cette œuvre, qui lui sert en quelque sorte de toile de fond, relève de l’effort de l’homme pour s’imposer à l’univers, dans le cadre de l’histoire. C’est un hymne à la puissance de l’homme que cette œuvre.

Quand à Daniel Riche dans son article Un humaniste de la SF : James Blish, publié dans Univers 05 de juin 1976, écrit : …le scientifique exigeant quant à la plausibilité de ses hypothèses et la rigueur de ses démonstrations et l’écrivain porté par un enthousiasme qui autorise les plus folles extrapolations.

L’inconvénient avec les romans d’anticipation écrit dans les années 1950 et dont l’action est située au début des années 2010, réside dans ce que le laps de temps écoulé ne peut être crédible en ce qui concerne certaines évolutions. Les voyages dans l’espace par exemple. Pourtant certaines de ces extrapolations s’avèrent aujourd’hui prémonitoires en ce qui concerne les aspects religieux et les manifestations de prosélytes intégristes ou fanatiques, et le problème de l’affectation de l’argent dépensé dans l’application de technologies visant à contrer les autres états dans un but de prépondérance, au détriment de la recherche médicale dans le souci du bienfait de l’humanité.

Rigoureux, James Blish se montre parfois aride dans l’écriture de ses intrigues et leur développement, mais son propos de visionnaire reste d’actualité.

 

Sommaire :

Aux hommes les étoiles (They Shall Have Stars - 1952, 1954, 1957. Traduction de Michel Chrestien). Collection Présence du Futur N°80. Editions Denoël. Parution février 1965. Rééditions février 1973, novembre 1980, janvier 1992 et mars 1995.

Les Villes nomades (A Life For The Stars – 1962. Traduction de Michel Deutsch). Collection Présence du Futur N°99. Editions Denoël. Parution mars 1967. Rééditions août 1971, novembre 1981 et mai 1993.

La Terre est une idée (Earthman Come Home – 1953, 1959. Traduction de Michel Deutsch). Collection Présence du Futur N°103/104. Editions Denoël. Parution août 1967. Rééditions août 1971, mai 1982 et mai 1993.

Un coup de cymbales (A Clash Of Cymbals – 1958. Traduction de Michel Deutsch). Collection Présence du Futur N°106. Editions Denoël. Parution février 1968. Rééditions août 1971, décembre 1982 et mai 1993.

 

James BLISH : Les villes nomades. L’intégrale.

James BLISH : Les villes nomades. L’intégrale. Couverture cartonnée. Préface d’Alex Nicolavitch. Editions Mnémos. Parution le 18 septembre 2020. 680 pages. 35,00€.

ISBN : 978-2-35408-800-2

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commentaires

François-Xavier Rahier 19/10/2020 08:32

Très belle chronique dont le contenu bizarrement vient d’etre Juge « abusif » et que je ne peux partager sur Facebook. N’importe quoi!

Oncle Paul 19/10/2020 08:49

Bonjour. Ce n'est pas mon article qui est jugé abusif, mais mon blog en général. Facebook estime que je fais de la publicité en publiant mes articles... Mais je détourne et je parviens à les publier quand même mais sans mettre le lien. Merci.

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  • : Les Lectures de l'Oncle Paul
  • : Bienvenue dans la petite revue de la littérature populaire d'avant-hier et d'hier. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !
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