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2 janvier 2020 4 02 /01 /janvier /2020 04:35

Ce matin, un lapin…

Gaëtan BRIXTEL : Rabbit Run.

Un chien ? Trop gros et puis, il faut le sortir, quelque soit le temps.

Un chat ? Il prend trop de place aussi et il faut accepter qu’il griffe les fauteuils.

Et il faut s’en occuper de ces bestioles, être à leur disposition. C’est encombrant dans un studio, bruyant parfois.

Pourtant un animal, pour un jeune homme solitaire, à défaut de femme, c’est un gentil compagnon, qui ne parle pas trop.

Dans une animalerie, une gentille dame, c’est toujours gentil une vendeuse lorsqu’elle veut vous refourguer quelque chose, une gentille dame présente à notre narrateur un lapin. Pas n’importe lequel. Un lapin bélier au front têtu, aux oreilles tombantes, calme, docile, affectueux.

Si, si, un lapin peut se montrer affectueux. La preuve, lorsque le futur acquéreur le prend, Jeannot Lapin se niche dans ses bras.

Rectification : il ne va pas se prénommer Jeannot mais Gustave. C’est bien Gustave, cela sent le terroir, ça rime avec betterave…

 

Papa c’est pris d’affection pour Gustave qui est presque comme un gamin pour lui. Gustave possède sa cage, Papa lui a installé un parc tout autour pour que son lapin bélier puisse se promener, s’ébattre, comme s’il était en liberté. Parfois Adélie vient voir Papa, s’inquiète de sa santé. Lui il s’inquiète de Gustave, surveillant ses petites crottes noires, semblables à des olives desséchées.

Jusqu’au jour où…

 

Débutant dans la douceur, ce roman rose devient bientôt d’une noirceur torride.

Avec Gaëtan Brixtel, aucune nouvelle ne se ressemble, et pourtant il existe une continuité dans son œuvre. L’auteur nous plonge dans un quotidien, son quotidien, implacable. Peu de personnages dans ce conte animalier, mais une ambiance familiale qui peu à peu devient étouffante.

Il est simplement dommage que, obéissant à une mode non écrite que l’on retrouve dans les titres de films ou de romans, Gaëtan Brixtel ne nous offre pas un titre français mais emprunte à une manie de plus en plus prégnante d’intituler cette nouvelle, de l’affubler pourrais-je écrire, d’un titre anglo-saxon.

Je lui pardonne, car j’aime bien le style de Gaëtan Brixtel, son univers parfois décalé et pourtant situé dans un quotidien dans lequel chacun pourra se retrouver.

Mais il aurait pu donner comme titre : La course du lapin bélier à travers le studio… Un clin d’œil à Sébastien Japrisot.

 

Gaëtan BRIXTEL : Rabbit Run. Nouvelle numérique. Collection Noire Sœur. Editions Ska. 20 pages. 1,99€.

ISBN : 9791023407969

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commentaires

Gaëtan Brixtel 03/01/2020 20:33

Je dédie ce récit au véritable Gustave, qui m'a donné beaucoup de bonheur pendant cinq ans, et qui est est mort d'un AVC un mois après que Jeanne Desaubry ait accepté le récit. (Repose en paix, mon lapin.)

Bien cordialement,

Gaëtan Brixtel

Oncle Paul 04/01/2020 15:07

Bonjour et tous mes meilleurs vœux. En espérant vous lire en 2021 et avec parfois des nouvelles un peu moins noires.
Bien cordialement

Pierre Faverolle 02/01/2020 06:54

Salut Paul, si tu fais référence au titre, le clin d'oeil ne reviendrait-il pas à Pierre Siniac ? Quant à Gaëtan, j'adore aussi ce qu'il écrit, il a une façon noire et nostalgique de parler du passé, d'un passé. J'en profite pour te (re?) souhaiter une excellente année 2020. Amitiés

Pierre Faverolle 03/01/2020 06:36

Ah d'accord, je ne connaissais pas. Toutes mes excuses. Amitiés

Oncle Paul 02/01/2020 16:20

Bonjour Pierre et tous mes meilleurs vieux à toi aussi
Quand je pense à Sébastien Japrisot, c'est surtout à cause de son roman scénario publié chez Denoël en 1972 : La course du lièvre à travers les champs
Amitiés

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  • : Bienvenue dans la petite revue de la littérature populaire d'avant-hier et d'hier. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !
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