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14 décembre 2018 5 14 /12 /décembre /2018 06:31

Quand on vous dit qu’il est préférable d’aller chez son libraire !

Maurice LIMAT : Amazone de la mort.

Depuis que sa fiancée Christiane est décédée d'un arrêt cardiaque quelques semaines auparavant, Cyrille, toutes les nuits, est en proie à un horrible cauchemar.

Ce cauchemar récurrent est devenu comme une idée fixe. Christiane l'appelle à l'aide, elle veut qu'il vienne la chercher, il aperçoit une sorte de machine, un laboratoire, mais il ne peut rien faire pour la sortir de ces limbes dans lesquels elle est engluée.

Il consulte un toubib qui, après examens, ne lui trouve aucun symptôme psychique. Cyrille, vingt-neuf ans, est un homme dans la force de l'âge, bâti en athlète, en pleine possession de ses moyens physiques ou mentaux. Le docteur Sorbier, le praticien auquel a eu recours Cyrille, qu'il connait bien puisque c'était le médecin de famille, préfère demander à son ami Teddy Verano, le détective de l’étrange et du surnaturel, de rencontrer le jeune homme et d'établir son diagnostic.

Teddy Verano est persuadé de la véracité du récit de Cyrille et pour s'en convaincre, il se rend en compagnie de celui-ci près de Pacy-sur-Eure, dans le petit cimetière où est inhumée Christiane. De nuit, munis de pelles, les deux hommes mettent au jour le cercueil simplement enfoui sous un tumulus en attendant la dalle définitive. Cyrille ne ressent pas la présence de Christiane. Pour cause, et leur surprise est énorme lorsqu'ils s'aperçoivent que le cercueil est vide !

Teddy décide alors de poser quelques questions au fossoyeur qui a procédé à l'inhumation. Pour cela il se rend au village, affublé de l'alias de Théodore Verdier, représentant, afin de récolter des renseignements sur Paul Halbin, le croquemort. C'est un ivrogne qui n'a pas bonne presse dans le bourg. Deux jours plus tard, Teddy et Cyrille se présentent de nuit à la cahute d'Halbin. Ils repèrent les lieux et c'est ainsi qu'ils distinguent l'arrivée d'une jeune femme habillée de noir. Une fenêtre leur permet d'assister au spectacle, malheureusement ils n'entendent rien. La femme parle et à un certain moment elle ôte son manteau noir et apparaît nue. Halbin veut la toucher mais dès qu'il a frôlé l'épiderme de sa visiteuse, il retire sa main comme s'il s'était brûlé.

Puis elle sort. Teddy décide de la suivre. Elle passe près d'eux, marche d'un pas mécanique, dégageant un froid glacial, puis s'évanouit dans la nature. Le détective et son compagnon retournent à la cabane. L'ivrogne délire puis s'emparant d'une pelle en frappe Cyrille, le blessant. Teddy l'assomme à moitié. Toutefois il parvient à le faire parler mais l'homme ne peut que bredouiller quelques mots. La femme, qu'il ne connaît pas, ayant la peau glacée et pourtant brûlante, et les tombes, qu'il a violées, toutes recelant des jeunes femmes. Il est trop saoul pour continuer et s'effondre. Teddy remet à plus tard leur entretien et c'est le retour sur Paris. Mais ils n'ont roulé que quelques kilomètres lorsqu'ils distinguent une lueur rouge. Un incendie. Celui de la cabane. Incendie provoqué accidentellement par Halbin qui s'éclaire à l'aide d'une lampe à pétrole ou incendie criminel ?

Teddy décide alors de consulter une de ses amis, la voyante Anita, afin qu'elle détermine si Cyrille est perturbé psychologiquement. En réalité elle décèle qu'il est médium mais elle apporte quelques révélations qui conforte Teddy de continuer son enquête.

Cyrille est mis provisoirement sur la touche et Gérard, le fils d'Yvonne et donc le beau-fils de Teddy Verano, va participer activement à l'enquête qui ne manque pas de les surprendre.

 

Maurice Limat reprend et développe le thème du mort-vivant, avec naturellement à l'origine de ces résurrections, un savant fou qui a mis au point une drôle de machine pour réaliser ses expériences.

Ce sont cinq femmes qu'il a ainsi réveillées, les Amazones de la mort comme il les appelle. Teddy et Gérard vont se trouver confrontés à ces cinq zombies et ne devoir la vie sauve que grâce à leur expérience, pour l'un, et la fougue de la jeunesse pour l'autre.

Comme toujours, une histoire simple que Maurice Limat déroule avec maîtrise, enchainant les actions en une véritable cascade d'épisodes tous plus dangereux et angoissants les uns que les autres. Le côté psychologique n'est pas appuyé, les agissements des personnages étant primordiaux.

Un bon roman d'angoisse et de suspense dans lequel le fantastique n'est pas une émanation spirituelle mais élaboré par un scientifique qui a mis au point une machine infernale. Et entre le cartésien et l'irrationnel la frontière est mince. Teddy Verano, tout en étant le détective des fantômes recherche la cohérence dans les événements.

Voyez-vous, monsieur Arcal, je n'aime pas trop le théâtre de Pirandello, et les jeux de logogriphes.

Et Maurice Limat renvoie son lecteur à deux aventures précédentes de Verano pour expliquer rapidement ses relations avec sa femme Yvonne, comment il l'a connue, ainsi qu'avec Gérard, son beau-fils qui l'admire sans réserve. Il ne s'appesantit donc pas sur la description de ces deux événements, les évoquant simplement en quelques lignes. Il s'agit de Les jardins de la nuit (Angoisse N°129) et de Mandragore (Angoisse N°101).

Maurice LIMAT : Amazone de la mort. Collection Angoisse N°154. Editions Fleuve Noir. Parution 3e trimestre 1968. 256 pages.

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commentaires

Patrick 15/12/2018 13:54

Une collection avec de chouettes couvertures , j'adore .....Bon samedi et merci pour tes lectures ...

Oncle Paul 15/12/2018 17:06

Gourdon y était pour beaucoup dans le succès des collections, le contenu n'était pas toujours au rendez-vous, mais les lecteurs n'étaient pas exigeants. Ils désiraient passer un bon moment de lecture pas ennuyeuse !
Bon week-end

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  • : Les Lectures de l'Oncle Paul
  • : Bienvenue dans la petite revue de la littérature populaire d'avant-hier et d'hier. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !
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