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29 décembre 2018 6 29 /12 /décembre /2018 05:53

Il parait que les blondes sont écervelées. Il parait !

Jean-Marc DEMETZ : Désoxy.

Pour la capitaine Anouck Furhman, et ses deux adjoints de la police criminelle de la région lilloise, cette affirmation pourrait bien se révéler exacte, mais pas dans le sens qui lui est octroyé par les humoristes, aussi bien masculins que féminins.

Le cadavre d’une jeune femme vient d’être retrouvé, décapité, puis d’autres représentantes du sexe féminin sont enlevées, et elles sont toutes blondes, avec des cheveux longs. Une enquête qui lui prend la tête, à la capitaine Furhman, d’autant qu’elle est agressée en rentrant chez elle par un individu en pardessus, portant sur le chef un chapeau qui lui mange le visage. Le temps qu’elle reprenne ses esprits et l’homme s’est carapaté. Elle découvre un papier glissé sous la porte de son appartement, lui posant cette question pour le moins sibylline :

Prélève-t-il les cerveaux ?

Suivent ensuite des consignes pour la réponse.

Le lendemain matin, elle narre sa déconvenue de la veille, le message, et surtout elle possède le couvre-chef de son agresseur. Un objet, qui pourrait être d’origine flamande, mais ce n’est pas sûr. Quoiqu’il en soit, ce chapeau bizarre dans sa forme est transmis à la Scientifique, avec l’espoir que les résultats d’analyse ne se fassent pas attendre trop longtemps. Mais selon toute vraisemblance ce chapeau n’est pas de première jeunesse, d’autant qu’il est reproduit sur un tableau de Rubens datant de 1624.

Les événements se catapultent. Une seconde victime, blonde aux cheveux longs, est enlevée sous les yeux de touristes, dans un parc des environs de Valenciennes. Ceux-ci peuvent donner une description approximative du ravisseur. Tandis qu’un cycliste découvre une tête dans un fossé. Il a du mal à se remettre de ses émotions, qui ne sont pas dues à un valdingue inopiné, mais bien à cause de sa découverte. Il y a de quoi, car le cerveau a été prélevé et le crâne appartenait à la première blonde.

Un portrait-robot est dressé selon les indications des promeneurs et du capitaine Furhman, mais il semblerait bien que ce soit deux hommes différents. Et bizarrement, Furhman est contacté par l’homme au chapeau à Bruges, dans un confessionnal. Ils communiquent mais en pure perte pour la capitaine, qui lorsqu’elle veut savoir qui se cache dans l’abri du confesseur, ne trouve qu’un appareil de transmission. Elle s’est fait avoir en beauté, ce qui n’est pas pour la mettre de bonne humeur. Toutefois elle ressort avec à la clé quelques renseignements, dont l’identité du ravisseur, qui s’est encore manifesté au Touquet. Quant à celui qui se confesse, il se présente comme l’Anonyme. Pas de Bruges, mais pas loin. Et il s’évanouit dans la nature non sans lui laisser un sac de sport contenant quelques objets et lui affirmant qu’il va chercher de son côté.

Les surprises ne manquent pas pour Furhman et ses deux acolytes qui se trouvent au cœur d’une affaire pour le moins ésotérique teintée de fantastique.

 

Le titre de ce roman, Desoxy, provient d’une substance connue sous le nom d’acide désoxyribonucléique, mais à quoi sert-elle ?

Une atmosphère teintée de fantastique ou de surnaturel pour une enquête policière rigoureuse et l’on retrouve dans ce roman des personnages qui évoluaient dans le précédent ouvrage de Jean-Marc Demetz, Chrysalide mais également dans Les Œufs de Lewarde.

Jean-Marc Demetz reprend le thème de l’Alchimiste, un thème qui lui tient à cœur sans nul doute car c’était déjà le fond de l’intrigue de ces deux précédents romans avec comme ingrédient l’élixir de vie, et le personnage de l’Anonyme d’Anvers, qui devrait connaître de nouvelles aventures puisqu’il s’agit du nom de la collection dont ce titre est issu.

Alors retrouverons-nous Anouk Ferhman, qui n’hésite pas à se mouiller dans des conditions dramatiques, et ses deux adjoints, qui ne sont pas épargnés, et l’Anonyme d’Anvers dans de nouvelles aventures, ensemble ou séparément ?

Un roman qui ne manque pas d’humour, volontaire ou non :

La flotte montait à gros bouillons et ça continuait à secouer sec.

 

Jean-Marc DEMETZ : Désoxy. Collection l’Anonyme d’Anvers N°1. Editions Les Presses du Midi. Parution le 27 novembre 2018. 148 pages. 16,00€.

ISBN : 978-2812710407

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