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3 novembre 2018 6 03 /11 /novembre /2018 05:49

Ce n’est pas ce que l’on appelle la petite mort !

Ruth RENDELL : Douces morts violentes

Ruth Rendell avait l’habitude d’écrire des drames psychologiques à l’atmosphère dense, aux personnages souvent frustres, complexés, pathologiques, mais qui jamais, ou rarement, ont atteint l’intensité qui règne dans ce court roman, ou longue nouvelle, comme on veut.

Intensité d’écriture, intensité des sentiments, crescendo dans l’intensité d’action, tout concourt à en faire une des meilleures productions de Ruth Rendell.

 

Perturbée par la mort de sa mère, Elvira, quinze ans, tient son journal. Perturbation mais également soulagement. Et son journal est le récit de ses relations sentimentales avec Spinny, sa jeune sœur, mais surtout avec son père.

Spinny l’agace parfois, par sa puérilité, ses angoisses nocturnes, son comportement trop terre à terre. Quant aux sentiments qu’Elvira manifeste envers son père, ils sont ambigus mais secrets.

Elle vit en communion spirituelle avec cet homme bien fait de sa personne, distingué mais austère. Austérité entretenue par ses fonctions d’enseignant et d’homme d’église.

Elle lui voue un amour beaucoup trop fort pour être uniquement filial. Et lorsque le père décide de se remarier, pour Elvira, c’est plus qu’une déception, une amère désillusion, une cruelle souffrance. Personne ne peut lui prendre son père, cet être qu’elle adore et partage avec parcimonie avec sa sœur Spinny.

Un jour, c’est le drame. Deux semaines avant la date fixée pour la cérémonie, Mary Leonard, puisque tel est le nom de l’intruse, chute d’un échafaudage, lors de la visite guidée de la cathédrale. Accident ? Meurtre ?

 

Récit d’une crise d’adolescence relatée par celle qui la subit, qui la vit, Douces morts violentes est d’un pathétisme poignant et l’on ne peut que plaindre Elvira dans ses sentiments exacerbés malgré parfois ses propos quelque peu pédants.

Ruth Rendell, dans ce livre, atteint à l’apogée de son art et de ses préoccupations qui la poussent à écrire. Elle excelle dans la description, dans l’analyse du comportement féminin, avec tout ce qui en découle d’angoisse, de souffrance, de persécution, de névrose, délaissant un peu la trame du roman policier pour se consacrer à une littérature, une forme d’écriture plus élaborée et en même plus dépouillée.

Réédition Le Livre de poche no 6645. 1991

Réédition Le Livre de poche no 6645. 1991

Ruth RENDELL : Douces morts violentes (Heartstones – 1987. Traduction Solange Lecomte). Première édition : Editions Belfond. Parution 18 mars 1988. 130 pages.

Réédition Le Livre de poche no 6645. 1991

ISBN : 978-2714421081

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commentaires

Bruno Le Mulot 03/11/2018 11:07

toc toc toc... est ce que je peux (encore) rentrer chez toi Paul? un bail que je ne suis pas venu te voir, j'en suis désolé. Ruth Randell je crois que c'est une auteure que j'avais lu il y a fort longtemps et que j'ai perdu de vue mon interêt se portant sur d'autres auteurs; par contre je ne connaissais pas du tout ce roman.Amitiés

Oncle Paul 05/11/2018 10:14

Bonjour Serge
Je suis d'accord avec toi, je préfère les textes courts de Ruth Rendell, car ses romans trop épais sont dilués de considérations psychologiques, qui ne sont pas inintéressantes mais alourdissent l'intrigue
Amitiés

Serge 31 04/11/2018 00:36

Bonjour Paul (et Bruno).
J'ai acheté tout Ruth Rendell au fur et à mesure des parutions en poche et il m'en reste encore pas mal à découvrir. Même s'il y a des textes un peu plus faibles, aucun n'est mauvais. C'est sans doute cela que l'on appelle le talent. Là où, à mon sens, elle excelle, c'est dans le registre du texte court. Certaine de ses nouvelles sont tout simplement inoubliables (ex: "La mère de vinaigre").
Amitiés.

Oncle Paul 03/11/2018 15:16

Bonjour Bruno
la porte est toujours ouverte, je ne crains pas les courants d'air. Je m'amuse depuis un certain temps à reprendre mes anciens livres, tous ceux que j'ai négligé au détriment de nouveautés qui aujourd'hui ne m'intéressent plus guère. Je prends plus de plaisir en diversifiant mes lectures, le roman noir me déprimant, aussi bien dans les sujets traités que dans le style et l'écriture avec lesquels ils sont rédigés... La vieillesse peut-être
Amitiés

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