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19 novembre 2018 1 19 /11 /novembre /2018 05:20

Les restos du cœur font la fête grâce à vous !

 

Quatre repas pour l’achat d’un livre à 5 euros !

 

Quand je pense au nombre de repas qui pourraient être distribués avec le prix d’un déplacement à 150 000 euros !

Collectif : 13 à table !

En effet grâce à l’achat de ce livre, quatre repas pourront être distribués, ce qui ne revient pas chère la gamelle mais contera bien des estomacs.

Pour la cinquième année consécutive les éditions Pocket en partenariat avec les Restaurants du Cœur éditent un recueil de nouvelles et les lecteurs fidèles ne seront pas étonnés de retrouver au sommaire des auteurs comme Françoise Bourdin, Maxime Chattam, François d’Epenoux, et quelques autres qui offrent chaque année une nouvelle afin d’aider les laissés-pour-compte.

Sur le thème de la Fête, tous se sont laissé aller en empruntant souvent à leurs leitmotivs littéraires mais en raccourci.

Mais le mieux est peut-être de vous présenter le menu, très copieux, roboratif, et de vous souhaiter bon appétit littéraire pour que les oubliés de l’Etat puisse subsister. Vous pouvez le déguster en plusieurs fois selon votre envie, votre plaisir, et cet ouvrage vous permettra peut-être de découvrir des auteurs dont vous avez entendu parler mais dont vous ne connaissez pas le style.

 

Avec L’Apparition, Philippe Besson a choisi de placer son intrigue à La Nouvelle Orléans, lors du fameux Mardi-gras, un moment au cours duquel chacun se déguise dans les couleurs traditionnelles, vert, violet et or, symbolisant la foi, la justice et le pouvoir. Louise Cooper a quitté New-York et son travail à la suite d’un surmenage et elle s’est installée en Louisiane, retrouvant son amie Claire et une certaine sérénité en devenant boutiquière. Du balcon d’où elle regarde le défilé, elle croit reconnaître un ami qui a disparu trois ans auparavant. Mais est-ce vraiment lui, ou un sosie, un fantôme peut-être.

 

Dans Laissée-pour-compte, Françoise Bourdin met en scène Lilybeth, diminutif d’Elisabeth et non de Lily bête, qui à trente-quatre ans n’a pas encore trouvé l’âme frère. Sa sœur Marianne est mariée, quatre enfants et enceinte pour la cinquième fois. Alors pour trouver un galant susceptible de lui réchauffer les pieds dans le lit, ou ailleurs, elle décide d’organiser une petite fête et d’inviter beaucoup de monde. Et ses connaissances peuvent même amener des inconnus, pour elle. Elle repère un beau quadragénaire qu’une de ses collègues lui présente, mais il ne faut pas se fier aux apparences, ni aux déductions hâtives.

 

Maxime Chattam nous invite, avec Le point d’émergence à nous propulser dans quelques décennies et à investir un cerveau. Point d’optimisme, contrairement aux deux textes précédents, dans cette nouvelle qui prend sa force et sa raison d’être dans l’épilogue.

De même, avec Big Real Park, que la fête commence, François d’Epenoux nous propose une vision peu engageante d’un avenir dédié à la fête, avec des parcs d’attraction hors normes, tout autant dans leurs surfaces que dans leurs conceptions.

Eric Giacometti et Jacques Ravenne nous offrent une Nuit d’ivresse. Alex a bu, un peu trop, un mélange qui lui tourneboule la tête, au cours d’une fête nocturne organisée par son patron. Celui-ci, bon prince, propose alors à Alex de se coucher loin des cris et des rires, d’ailleurs toutes les chambres sont occupées par des bambocheurs désirant effectuer le simulacre de la reproduction, dans une dépendance de son domaine, un ancien couvent. Il a tout transformé sauf un pavillon où, selon les archives locales, étaient enfermés les moines qui tournaient mal. Etait-ce une bonne idée que de coucher dans cette maisonnette, apparemment pas, car au cours de la nuit, Alex entend des bruits, perçoit des voix, aperçoit des moines, et une fosse.

Moins angoissant et plus proche de nous, ce SDF accompagné d’un chien nommé Sam. L’homme ayant récolté quelques piécettes achète des tranches de jambon, un paquet de gâteaux et deux bières. Il partage son maigre repas avec son chien, mais en cette nuit de fête, il se souvient de ce qu’il a été, comment il a recueilli Sam et nous le suivons sous les ponts parisiens jusqu’à son lieu de couchage. Il ne veut pas aller dans un centre, d’autant que les chiens n’y sont pas admis. Pourtant un chien, c’est fidèle, ça ne se plaint jamais, ne fait jamais de reproches. Un texte tout en finesse et en émotion de Karine Giebel titré Dans les bras des étoiles, un texte qui me réconcilie avec un auteur que j’avais dédaigné n’y trouvant pas mon compte dans ses romans. Comme quoi !

Philippe Jaenada avec Une vie, des fêtes, qui aurait tout aussi bien s’écrire Une vie défaite, s’intéresse avec ironie et humour à une femme qui fit les gorges chaudes à la fin du XIXe siècle, Marguerite, dite Meg, Steinhel née Japy, de la famille des radios-réveils et des machines à écrire. Meg s’est mariée avec un peintre plus vieux qu’elle, au talent contesté, mais il possède une grande maison sise dans un passage donnant sur la rue Vaugirard. Et c’est là qu’elle reçoit du beau monde, des personnalités littéraires et politiques auxquelles elle prodigue ses gâteries. Elle ne se fait pas payer mais ses amants de fortune achète les toiles de l’époux, alors on peut dire qu’elle œuvre pour assurer financièrement l’avenir du foyer. Jusqu’au jour le président de la république en titre meurt lors d’un débordement de tendresse. Cette histoire n’est pas terminée pour Meg mais ce qui est resté dans l’esprit des chroniqueurs c’est surtout la manière dont elle a su faire avaler des couleuvres.

Quand dans une maison d’éditions américaine, deux auteurs sont pressenties pour obtenir le Prix Nobel de Littérature, les attachées de presse de chacune des deux prétendantes sont sous pression. Sophie Le Caillou est stagiaire non rémunérée, heureusement des cousins lui ont offert gratuitement une chambre. Sophie est sous la coupe de Rita et est préposée aux petits boulots d’intendance mais elle se sent totalement impliquée dans le succès de la romancière dont s’occupe Rita. L’autre romancière en lice est chapeautée par une collègue de Rita, et leur chef, un tyran au féminin, sait les mettre en concurrence. Et le grand soir arrive avec un résultat pour le moins inattendu et pour autant prévisible. Un voyage dans les coulisses d’une maison d’édition et son service de presse écrite par Alexandra Lapierre et titré Bulles amères.

Ils se connaissaient, se sont perdus de vue et se sont retrouvés, avec chacun de leur côté un enfant. Une famille recomposée, avec d’un côté Eric et sa fille Louise, et de l’autre, Sophia, la narratrice, et son fils Dimitri. Sophia a décidé de s’occuper de tout pour fêter leur aménagement, mais seulement elle rate tout ce qu’elle entreprend. Pourtant elle ne manque pas d’envie et d’obstination. Une drôle de Crémaillère en perspective décrite par Agnès Martin-Lugand.

Difficile de porter un prénom, je ne dirai pas ridicule, mais encombrant. Perpetua. Le porter perpétuellement de plus. Perpetua Le Flaher. Ses copains, enfin les autres élèves l’ont rapidement surnommée A perpète-le-phallus-à-l’air… ça vous fait rire ? Pas Perpetua qui vit en compagnie, dans une sorte de maison au milieu d’une décharge à proximité de la route. Faut faire avec et comment ? C’est ce que nous raconte Véronique Ovaldé dans Je suis longtemps restée une clématite.

Romain Puertolas avec Les cochons de Karl Lagerfeld joue sur la dérision mais pourtant cela semble si vrai, si réel, dans cette société moderne où pour réussir il faut entreprendre et de préférence de façon baroque. Savoir se vendre auprès d’un gros financier et proposer quelque chose d’inédit, une initiative que personne d’autre n’a jamais eue et qui devrait faire fureur. Il faut savoir convaincre et ce n’est pas gagné.

Tatiana de Rosnay joue les Trouble-fête avec une nouvelle éponyme mettant en scène une quadragénaire bien sous tous rapports. Elle est mariée avec un sexagénaire, bien conservé, mais surtout elle est en quête de la perfection, quelque soit le domaine dans lequel elle navigue. Elle fignole aussi bien sa silhouette que les photos qu’elle poste sur un réseau dit social, mais elle ne se rend pas compte qu’elle tyrannise aussi bien son mari que son fis ou ses amies.

Ah, La fête des voisins, en général c’est un moment convivial mais pour la narratrice, ce n’est qu’un rêve, qui pourrait se concrétiser si elle n’avait pas un mari qui la séquestre. Et oui, cela arrive, si ce n’est près de chez vous, pas loin ou un peu ailleurs. Mais ça arrive, et ce n’est pas drôle tous les jours même s’il y a une forme de consentement, obligé. Une nouvelle de Leïla Slimani déprimante et optimiste à la fois. Incompatible, non, pas forcément !

Enfin, le dessert nous est proposé par Alice Zeniter avec Le goût des fraises sauvages. Et une odeur persistante de barbecue, de grillades, car le père, quelle que soit l’occasion, sait arrondir les angles en proposant de la viande grillée. Et lorsque la Fille 1 rencontre un grand garçon, grand physiquement, et qu’elle le présente à son père, à sa sœur la Fille 2, au cours d’un repas, avec quelques invités, pas beaucoup mais un peu quand même, et surtout des grillades, il y a comme de l’eau dans le gaz, ou sur le feu. Car ce que déclare le grand garçon, 2cm de moins que 2 mètres, est peut-être difficile à avaler même si la viande est grillée à point.

 

Alors, le lecteur passe par toutes les émotions, le rire, les larmes, l’inquiétude, la révolte, et bien d’autres sentiments, car tous les cuistots de service ont réussi l’amalgame d’un repas équilibré, sans lourdeur, sans fausse note, sans trop de sel, c’est mauvais pour la santé, ni d’épices, c’est mauvais pour l’estomac, un peu arrosé mais sans verser dans l’ivresse trop euphorique ou geignarde. Cela dépend du tempérament, celui des lecteurs, car nos cuisiniers en possède à revendre.

 

Sommaire :

BESSON Philippe : L'apparition

BOURDIN Françoise : Laissée-pour-compte

CHATTAM   Maxime : Le point d'émergence

EPENOUX d' François : Big Real Park, que la fête commence

GIACOMETTI & RAVENNE : Nuit d'ivresse

GIEBEL Karine : Dans les bras des étoiles

JAENADA Philippe : Une vie, des fêtes

LAPIERRE Alexandra : Bulles amères

MARTIN-LUGAND Agnès : La crémaillère

OVALDE Véronique : Je suis longtemps restée une clématite

PUERTOLAS Romain : Les cochons de Karl Lagerfeld

ROSNAY de Tatiana : Trouble-fête

SLIMANI Leïla : La fête des voisins

ZENITER Alice : Le goût des fraises sauvages

Collectif : 13 à table ! Coédition Les Restaurants du cœur et éditions Pocket. N°17272. Parution le 8 novembre 2018. 288 pages. 5,00€.

ISBN : 978-2266286411

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commentaires

Alex-Mot-à-Mots 19/11/2018 13:54

C'est bien que cette opération soit reconduite chaque année.

Oncle Paul 19/11/2018 16:17

Oui et non. Si elle n'était pas reconduite, cela pourrait signifier que les Resto du coeur n'ont plus lieu d'être. On peut rêver !

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  • : Les Lectures de l'Oncle Paul
  • : Bienvenue dans la petite revue de la littérature populaire d'avant-hier et d'hier. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !
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