Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
19 octobre 2018 5 19 /10 /octobre /2018 06:49

Donc, si je comprends bien, il y en a un premier ?

Pierre Mac ORLAN : Le tueur N°2.

Comme bon nombre de ses confrères romanciers, Gaston Leroux, Georges Simenon et bien d’autres qui avaient débuté leurs carrière dans le journalisme, Pierre Mac Orlan se muait à l’occasion en reporter pour des médias papier. Des reportages d’inspiration diverse et parfois l’affaire qu’il couvrait pouvait donner lieu à un roman.

Le tueur N°2 en est un exemple significatif même si l’intrigue déborde largement du cadre du reportage. En prenant quelques éléments d’une histoire qui s’est réellement déroulée, Mac Orlan construit une histoire qui s’intègre parfaitement dans l’esprit des romans policiers et noirs de l’époque, c’est-à-dire 1935.

Amputé d’une jambe suite à une blessure sur l’Yser provoquée par la Première guerre mondiale, qui n’était pas encore ainsi dénommée à l’époque, Miele Vermeulen ne travaille pas moins comme jardinier dans les environs de Zeebrugge et Knokke-sur-mer. Il vient justement d’être embauché par Mademoiselle Gertrude Gal, une comédienne, qui vient d’arriver en résidence dans une belle villa de style normand.

Lorsqu’il arrive dans le hall, l’effervescence règne. Les malles et les valises encombrent le passage. Une odeur nauséabonde de rat crevé s’échappe de l’une d’elle. Après ouverture, constatation est faite qu’il s’agit d’un cadavre en décomposition qui a été placé dans ce coffre de voyage. Aussitôt Mademoiselle Gertrude Gal fait prévenir immédiatement les policiers de Knokke, tout en constatant que cette malle ne fait pas partie de ses bagages. Un supplément qui n’est pas du tout de son goût et surtout de son odorat. Dernière précision, il s’agit du corps nu d’une femme sans tête.

 

Quelques jours auparavant, à la gare de Victoria Station à Londres, un employé des chemins de fer britanniques a découvert une grande valise suspecte oubliée à la consigne depuis une dizaine de jours. Ce bagage dégageait une odeur suspecte et à l’intérieur étaient nichés les quatre membres d’un corps humain, enveloppés dans un journal. Bertie O’brien, de Scotland Yard est immédiatement prévenu, et son attention est attirée par un article et une photo figurant sur ce journal.

Une certaine Jenny Lowland, de Londres, est recherchée pour un héritage. Or cette femme, le sergent Prince la connait. Il s’agit de Joan Burlington, ancienne girl et capitaine d’une troupe de danseuses, et probablement une proxénète ( ?), ou prostituée. Ne reste plus donc à rechercher l’ami de cette femme démembrée.

 

L’affaire des cadavres de Londres et de Knokke en Belgique se recoupent et le détective O’Brien va être amené, lui est ses adjoints à enquêter de concert avec les policiers belges, se déplaçant sans relâche à Londres, à Brighton, et dans les environs de Knokke et avec des ramifications françaises. L’ami de Joan Burlington est retrouvé, mais pour autant l’affaire n’est pas résolue. S’il avoue le meurtre de Joan Burlington, le cadavre londonien n’est pas celui de la jeune femme. Peut-être celui de Knokke. Mais il réfute avoir un second meurtre sur les bras. Dans ce cas un autre tueur serait dans la nature.

 

Un roman dans lequel Pierre Mac Orlan déploie sa palette de conteur, en proposant une intrigue à double facette, avec des phrases courtes, parfois lapidaires, du moins au début du récit. Ensuite, il devient plus prolixe et son sens poétique s’exprime davantage.

Une véritable machination dans laquelle les policiers, le détective Bertie O’Brien en tête, en perd un peu la sienne, et le lecteur également. Mais ses adjoints ne sont pas des bras cassés, et s’ils sont obligés de marcher sur des œufs, leur cerveau est intact.

Un roman intéressant, qui pourrait être le reflet de l’actualité, les progrès scientifiques n’étant toutefois pas encore autant évolués que de nos jours, ce qui donne du charme à la lecture.

Pierre Mac ORLAN : Le tueur N°2. Préface de Francis Lacassin. Collection L’Imaginaire N°264. Editions Gallimard. Parution 10 octobre 1991. 238 pages.

Première parution : Collection Police Sélection N°7. Editions Librairie des Champs-Elysées. Parution 1935.

Partager cet article

Repost0

commentaires

Présentation

  • : Les Lectures de l'Oncle Paul
  • : Bienvenue dans la petite revue de la littérature populaire d'avant-hier et d'hier. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !
  • Contact

Recherche

Sites et bons coins remarquables