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17 octobre 2018 3 17 /10 /octobre /2018 05:23

Sur le parking des anges

Plus rien ne les dérange

La folie les mélange

C'est la nuit qui les change…

Jean-Pierre ANDREVON : Le parking mystérieux.

Un banal parking bitumé, entouré de tours et de barres d’immeubles, des édifices décrépits aussitôt érigés, et pourtant pour Fabien, c’est un parking bien particulier.

Fabien n’a qu’une petite douzaine d’années, et à cause de son asthme qui le perturbe trop souvent, il est malingre. Il marche la tête baissée, et ce jour-là, revenant de l’école, il découvre une griffe. Mais pas n’importe quelle griffe. Une griffe énorme, grosse comme un couteau ou une serpe. Il la range délicatement dans son sac et franchit la porte de la tour où il habite en compagnie de sa mère Christelle, shampouineuse.

Trois gamins, des adolescents ou en passe de l’être, telle Chafia qui, à douze ans, est déjà bien proportionnée devant et derrière, et les deux grands qui ne manquent pas de se moquer de lui, l’interpellent lui parlant en verlan. Mais peu lui chaut, il a hâte de rentrer chez lui, et en attendant sa mère, il examine sa griffe. Ce n’est pas la première fois qu’il découvre un tel objet incongru sur ce parking, mais là il s’agit d’une pièce de choix, d’une pièce unique dont il aimerait bien connaitre l’origine.

Comme souvent depuis quelques temps, Fabien va manger seul, Cristelle ayant rendez-vous avec un ami. Elle est divorcée et le père est parti un beau ( ?) jour en claquant la porte.

La nuit Fabien entend des bruits bizarres dans l’escalier, des Vroupp, des Rrraaac, des Flaaatchhh, comme si une animal pesant descendait l’escalier. Et il aperçoit derrière les vitres de sa fenêtre une libellule immense, d’au moins un mètre d’envergure.

Un matin, grand remue-ménage sur le parking. Un homme vitupère, sa voiture a été écrasée, comme si un météorite était tombé dessus. Pourtant rien aux alentours. Et Fabien distingue sur le bitume une sorte de décaissement circulaire. Pas très profond, mais quand même, il le sent sous ses pieds.

De quoi l’asphyxier et d’ailleurs ceci ne manque pas de se produire. Il a beau utiliser son dilatateur, rien n’y fait et son professeur inquiet lui ordonne de rentrer chez lui. Sa mère inquiète demande au toubib de passer et Fabien est quelque peu soulagé, mais cela n’est que temporaire. Au bas de l’escalier un vieux monsieur en fauteuil roulant lui demande de pousser son « carrosse » dans la cage de l’ascenseur. L’homme, d’origine étrangère, ne vit dans l’immeuble que depuis quelques mois, et il occupe seul le quatorzième étage de la tour. Fabien est invité à lui rendre visite, une visite qui sera fructueuse pour ses bronches et son appétit de découvertes.

 

Ce court roman destiné aux adolescents à partir de douze ans, est plus qu’une simple fantaisie fantastique dans un univers onirique.

En effet, outre les démêlés de Fabien avec sa maladie, et sa solitude quelques soirs par semaine, sa mère préférant se rendre au restaurant avec un ami qu’il ne connait pas, un message est inclus dans l’intrigue.

Si les gamins de la cité se conduisent en petits voyous pas très méchants sauf par la parole, si une gamine est déjà une véritable bombe à retardement, ce sont les deux personnages clés qui gravitent dans cette histoire qui sont importants, outre Fabien.

D’abord l’homme à la voiture écrasée, qui se révèlera être un chasseur raciste ayant traqué, et abattu, des animaux en Afrique, et l’homme au fauteuil roulant qui prône la conservation de la nature, faune et flore africaines. Un antagonisme qui ne peut que dégénérer. Et pour bien faire passer ce message, rien de mieux que d’y intégrer une dose de fantastique dont on se demande s’il s’agit d’un élément réel ou d’images virtuelles nées dans l’esprit de Fabien. Car le lendemain de la découverte de la griffe, il ne reste plus que de la poussière dans son sac.

Fabien est un gamin solitaire, par force, timide, réservé, et dont l’imagination débordante peut lui jouer des tours. Mais est-ce seulement son imagination qui l’entraîne dans cette aventure ?

Et il faut se méfier, car Jean-Pierre Andrevon possède l’art de faire monter le suspense et de l’entretenir avec simplicité tout en laissant le champ libre à toutes les possibilités.

 

Jean-Pierre ANDREVON : Le parking mystérieux. Illustrations couverture et intérieur : Siro. Collection Les Fantastiques. Editions Magnard Jeunesse. Parution le 5 juin 1997. 112 pages.

Réédition Editions Seine. Collection Maxi Poche Jeunesse. Parution le 4 janvier 2009.

ISBN : 978-2210977488

 

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  • : Les Lectures de l'Oncle Paul
  • : Bienvenue dans la petite revue de la littérature populaire d'avant-hier et d'hier. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !
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