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3 avril 2018 2 03 /04 /avril /2018 08:37

Un fruit à pépin, sans nul doute !

Mehdy BRUNET : Le fruit de ma colère.

Réfugié près de Bilbao, Josey Kowalsky tente d’oublier sa précédente mésaventure dans laquelle il a perdu sa femme et sa fille dans des conditions décrites dans Sans raison… Et son passé le rattrape lorsque Paul Ackerman, qui ne pétille pas, vient le solliciter.

L’ancien policier, qui avait aidé Josey dans son enquête, est plus qu’inquiet. Son frère jumeau Eric, avocat qui devrait intégrer un cabinet renommé, a été enlevé et depuis il n’a plus eu de nouvelle de sa part ou de celle de ses ravisseurs.

Josey ne peut refuser son aide, et malgré que sa présence sur le territoire français soit sujette à caution, il accepte. La dernière fois où Eric a été aperçu, c’était lors d’une fête entre copains qui s’était terminée dans un cabaret parisien, le Paradis rose.

Les deux compères regagnent donc Paris, se rendent dans le cabaret où officient des effeuilleuses, et l’une d’elles est fort étonnée en voyant Paul. Ils essaient d’interroger les jeunes femmes, car il ne s’agit plus, d’après leur métier, de jeunes filles, mais personne ne connait ou se souvient d’Eric.

Ils repèrent une voiture et grâce à la plaque minéralogique, ils apprennent de source sûre que la voiture se dirige vers l’Irlande. C’est un collègue d’Ackerman qui leur fournit l’information dans un café. Une réunion qui n’est guère prisée apparemment car ils essuient des tirs d’armes à feu, et le collègue trop serviable reste sur le carreau. Josey et Paul sont persuadés qu’il y a une taupe dans le commissariat de Boulogne, car leurs déplacements sont suivis à la trace.

Pour preuve, ce véhicule qu’ils ne remarquent pas immédiatement mais les suit sur la route qui les mène en Bretagne, jusqu’à Roscoff, à la poursuite du premier véhicule. Il s’agit d’une jeune femme qu’ils interceptent et elle aussi est à la recherche de son jeune frère qui a été kidnappé. Ils unissent leurs efforts, et Léa va se montrer plus entreprenante et plus vigoureuse que le laisserait penser son physique.

Après quelques démêlés et retards dus à leur manque de préparation ils arrivent enfin en Irlande dans le comté de Cork, à la recherche d’un château où sont retenus les otages kidnappés.

 

Dans ce château, qui n’est pas celui de la Belle au bois dormant, règne La Dynaste servie par ses amazones modernes, héritières des guerrières de l’antiquité grecque. Dans les caves sont retenus et torturés des hommes dont le comportement n’a pas été apprécié et qui subissent la vindicte de La Dynaste.

 

Ce roman est placé dans un contexte très actuel, surtout depuis l’affaire Weinstein, mais également bon nombre d’autres cas qui peu à peu sont révélés au grand jour, les langues se déliant.

Harcèlements au travail ou sur la voie publique, viols, incestes, autant d’exemples dont sont victimes quotidiennement les femmes et dont les auteurs ne sont pas toujours punis, la justice se montrant parfois laxiste, les dépôts de plaintes pas toujours suivis d’effets, la honte ressentie refrénant même les cibles de ces agissements dans leurs désirs de déposer des mains courantes.

Bien sûr, aux côtés de toutes celles qui ont été abusées physiquement, qui n’osent pas dénoncer les prédateurs, il existe aussi celles qui se servent de certaines situations, les affabulatrices. Ces starlettes par exemple qui couchent avec le producteur, espérant qu’un grand rôle leur soit attribué et qui, déçues que leurs rêves ne se concrétisent pas, crient au viol. Mais parfois, la vengeance, légitime, est égale ou pire que le crime commis, car aveugle. Vaste sujet pour un débat qui ne sera jamais clos, car de tous côtés il existera des abus.

J’avoue que certains passages ont heurté ma sensibilité de vétéran, mais s’il faut en passer par là pour sensibiliser les lecteurs, après tout pourquoi pas.

 

Mehdy BRUNET : Le fruit de ma colère. Editions Taurnada. Parution le 15 mars 2018. 230 pages. 9,99€.

ISBN : 978-2372580403

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commentaires

Alex-Mot-à-Mots 03/04/2018 11:57

Si ta sensibilité de vétéran a été heurté, je pense que ce livre n'est pas pour moi.

Oncle Paul 03/04/2018 17:38

Malgré mes réticences, une vingtaine de pages en réalité qui ne me semblaient pas utiles, ce roman est pour tous

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  • : Bienvenue dans la petite revue de la littérature populaire d'avant-hier et d'hier. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !
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