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10 avril 2018 2 10 /04 /avril /2018 07:54

Et la source est loin d’être tarie !

Hervé HUGUEN : La source du Mal.

Ne pas être présente à un rendez-vous, c’est manquer de courtoisie et de respect envers celui qui vous l’a proposé et à qui vous aviez confirmé votre présence.

Pourtant, il existe parfois des impondérables qui vous empêchent non seulement de se rendre au lieu déterminé, mais encore de prévenir la personne avec laquelle vous deviez passer la soirée.

Ainsi Jérôme Segui s’impatiente car Agathe, comme Madeleine dans la chanson de Jacques Brel, ne vient pas ce soir. Il est vingt heure dix, ils avaient rendez-vous pour visiter l’exposition Costaner puis dîner ensemble, mais toujours pas de nouvelles d’Agathe. Il lui téléphone, mais elle ne décroche pas. Il se rend chez elle, mais il trouve porte close. Toutefois, la voiture est devant chez elle. Il retourne à son lieu de départ, puis enfin rentre chez lui.

Il émet toutes sortes de suppositions, mais pas la bonne. Il décide de retourner chez Agathe mais cette fois son véhicule n’est plus là. La solution de cette défection, il l’apprendra plus tard. Agathe a été retrouvée dans son véhicule incendié dans une zone industrielle en friche près d’une ancienne conserverie. C’est un voisin qui alerté par les flammes a prévenu les policiers et les pompiers.

Tôt le lendemain matin, Baron et son adjoint Arneke prennent les rênes de l’enquête. Tout d’abord ils recueillent les premiers renseignements sur les lieux du drame, puis auprès des voisins d’Agathe et enfin auprès de ses proches grâce aux appels téléphoniques qu’elle a reçu avant son décès et sa crémation.

Questionnements auprès de Nadine, la collègue d’Agathe, de Thomas, l’ex petit ami d’Agathe qu’elle avait plaqué un an auparavant alors qu’ils étaient ensemble depuis cinq ans mais vivaient séparément, de Jérôme son nouveau petit ami depuis six mois puis quelques autres personnages susceptibles de leur fournir le moindre renseignement.

Agathe travaillait pour une assurance, spécialisée dans les placements d’argent et les assurances-vie, et il se pourrait que l’un de ses clients mécontents se soit rendu chez elle avec des intentions belliqueuses. Ses dossiers ont été fouillés, mis en vrac à terre chez elle, et pour l’heure il est impossible de déterminer si des papiers ont été subtilisés. Mais il ne faut pas négliger l’aspect sentimental de cette affaire, car Thomas possède un trou dans son emploi du temps de la soirée.

 

Du samedi 4 novembre jusqu’au lundi 6, Baron et Arneke, assistés de quelques membres du commissariat de Vannes, vont multiplier les rencontres, les interrogatoires, les déplacements, se rendant à Auray, Malestroit et même jusqu’à Saint-Malo, afin de débusquer la vérité, pratiquement sans dormir, fouiller dans le passé, vérifier les appels téléphoniques, les alibis, s’immiscer dans la vie privée.

Et déboucher sur une affaire provoquée puis résolue à cause d’une petite erreur. Agathe avait ce que l’on pourrait considérer comme une double vie. A première vue rien de bien répréhensible mais lorsque le mobile réside dans de vieux papiers, il ne faut s’étonner de rien. Surtout des remous, des soubresauts, des résultats mortifères.

Un bon roman de détection classique dans lequel Baron se prend pour Maigret, sans le vouloir, sans s’en rendre compte, un mimétisme reposant.

Quelque chose le rongeait, qu’il ne parvenait pas à définir vraiment. Le sentiment qu’un détail leur échappait, une connexion qui ne se faisait pas. Ils suivaient deux histoires parallèles, et le propre des parallèles est qu’elles ne se rencontrent jamais.

 

Baron ne répondit pas. Ses yeux ne cherchaient pas ceux de Lanne, il semblait ailleurs. Est-ce qu’il écoutait seulement ? Est-ce que cette conversation avait un sens pour lui ?

 

Oui, Nazer Baron est un homme comme un autre, pas un super-héros, mais quelqu’un qui réfléchit au lieu d’user de la force. Et avec l’âge, et les séquelles du métier, conjugués aux intempéries, il ressent des tensions dans la hanche, là où sa cicatrice se réveillait parfois quand l’humidité froide venait lui rappeler son ancienne blessure. Il avait renoncé à conduire. Mais ce n’est qu’un mauvais moment à passer, et il prend sur lui (et peut-être quelques antalgiques et analgésiques mais il le cache, un policier ne se drogue pas) afin de diminuer la douleur, et peu après il pourra reconduire. Mais parfois il mérite un carton jaune :

D’une pichenette, Baron envoya le mégot s’éteindre dans le caniveau et reprit sa progression lente.

J’en connais qui se sont pris une prune à 68 euros pour avoir laissé tomber un mégot sur le trottoir, sous le motif d’abandon de déchets sur la voie publique.

 

Hervé HUGUEN : La source du Mal. Série Nazer Baron N°13. Editions du Palémon. Parution le 2 mars 2018. 272 pages. 10,00€.

ISBN : 978-2372605175

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