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26 mars 2018 1 26 /03 /mars /2018 08:30

Mais ça, c’était avant. Maintenant Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil !

Charles COLOMBEY : Meurtre au RPR.

Samedi 8 février 1992. Jacques Chirac a convoqué rue de Lille Edouard Balladur, Alain Juppé et Nicolas Sarkozy. Motif : la préparation des législatives en 1993 et tenter de couper l’herbe sous le pied de Valéry Giscard d’Estaing.

Alors qu’il va expliquer à ses amis la tactique à suivre, une voix féminine le mande au téléphone. Il prend la communication dans le bureau voisin. Soudain un cri retentit. Alain Juppé se précipite. C’est pour découvrir le corps inanimé de Jacques Chirac gisant à terre.

Le maire de Paris, mortellement blessé, vient de recevoir un coup de poignard. L’annonce de cet assassinat est une véritable bombe dans les milieux politiques, principalement à droite où les factions se déchirent. Est-ce le crime d’un maniaque, d’un déséquilibré ? Dans ce cas il a été savamment orchestré !

L’impression première ressentie par tous est qu’il s’agit plutôt de l’œuvre d’un jaloux, de Droite ou d’Extrême-droite. De quelqu’un écarté du pouvoir, et qui, non content de se venger, espère reconquérir une parcelle de gloire.

Pierre Joxe, le ministre de l’Intérieur, confie au commissaire Leroy la redoutable, périlleuse et délicate mission de résoudre à bien cette affaire qui provoque pas mal de remous dans les sphères politiciennes.

Charles Pasqua, le principal suspect d’avoir sinon perpétré lui-même du moins d’avoir commandité ce meurtre, charge son ami l’inspecteur Ange Paluzzi d’effectuer une enquête parallèle.

Tout le monde, y compris le président Mitterrand, a encore en tête quelques affaires célèbres non élucidées : Boulin, Fontanet, De Broglie. Un parallèle en filigrane dont se seraient bien passé majorité et opposition.

La résolution de l’enquête ne se joue pas sur un coup de dé mais, comme bien souvent, le hasard et le bon sens font bien les choses.

Les rumeurs et fausses informations, ou plutôt les informations erronées édictées de bonne foi, font florès dans les médias. Les supputations vont bon train.

La solution de cette énigme serait frustrante, aussi bien pour les hommes politiques que pour le lecteur, si l’épilogue n’était pas là pour apporter un joli retournement de situation et permettre de croire à cette fiction fort bien racontée, imaginée et mise en scène.

L’auteur n’est pas toujours très tendre avec la classe politique et principalement avec eux qu’il a eu l’occasion de côtoyer. Charles Colombey est un pseudonyme, cela va de soi, et l’on pourrait toujours essayer de cerner par déduction le personnage irrévérencieux et humoristique qui se cache, qui se dissimule sous ce nom au combien gaullien. Mais cela est-il nécessaire ?

Applaudissons plutôt à cette performance et rions de bon cœur aux réparties qu’il prête à certains hommes politiques.

Ainsi Seguin aurait-il déclaré un jour : Quand nous n’avons rien à dire, nous désignons Balladur comme orateur.

Ou encore Alain Vivien qui aurait surnommé Michèle Barzach la station-service. Pourquoi ? Des pieds à la ceinture, elle est super, de la ceinture au menton elle est ordinaire et au dessus du menton sans plomb.

 

Dans la même collection :

 

Charles COLOMBEY : Meurtre au RPR. Collection Les lieux du crime. Editions Calmann-Lévy. Parution janvier 1991. 252 pages.

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commentaires

Alex-Mot-à-Mots 27/03/2018 13:12

Le RPR ? Les jeunes savent-ils encore ce que c'est ? N'aurait-il pas fallu traduire le titre ?

Oncle Paul 27/03/2018 14:46

Il ne faut pas non plus mâcher le travail. Un jeune, s'il est curieux, va chercher la signification de ce sigle. Et de plus comme il s'agit d'un roman publié en 1991, il ne risque pas de le trouver en libraire, mais chez un bouquiniste. Enfin, combien se souviennent de Michèle Barzach, d'Alain Vivien ou encore de Philippe Seguin ?

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