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16 février 2018 5 16 /02 /février /2018 09:04

Bon anniversaire à Michel Embareck né le 16 février 1952.

Michel EMBARECK : Sur la ligne blanche.

Philippe manœuvre bien ou mal ? C’est ce que ce demande Gilles Frantz, journaliste à la Tribune de Genève en prenant connaissance d’un court article paru dans un journal américain.

Atlantic City : Mort d’un détenu français. Philippe Langlet, ex-présentateur vedette de la télévision française, a été poignardé dans les douches du pénitencier de Maha (New-Jersey). Sa mort semble liée à une querelle d’homosexuels.

Dubitatif, le journaliste. Pas dans les mœurs de Langlet. Au contraire, lorsqu’il était à Paris, le présentateur télé de Rock Parade et rédacteur du magazine papier Rock Scène, était toujours entouré de jolies filles qui ne demandaient qu’à coucher avec lui. Et il ne s’en privait pas, tout comme il ne se privait pas de démolir les groupes musicaux, rock, punk, et autres, qui n’étaient pas à son goût. Il n’aimait que le rock hard, Led Zeppelin, Deep Purple, Status Quo…

Que Langlet soit mort ne présentait aucun intérêt. Comment ? Pourquoi ? Oui, ça, j’avais sacrément envie de le découvrir.

Et Gilles Frantz, à bord de sa Cadillac Eldorado Brougham de 57, monte sur Paris, prenant deux mois de congés sans solde, son rédacteur en chef ne voyant pas l’opportunité de le payer pour enquêter et écrire un papier sur un sujet qu’il juge peu digne d’importance.

Paris, Marseille, Le Havre, le narrateur Gilles Frantz va accumuler les kilomètres, et les verres de boissons fortement alcoolisées, questionner ici et là et même ailleurs.

Parallèlement à son récit, le lecteur suit le parcours de Langlet, en déclinant le temps, sept mois auparavant, six mois, cinq mois…, le suivant dans ses tribulations de bars en clubs, de rencontres féminines toutes plus intéressantes les unes que les autres, toutes plus belles les unes que les autres. Mais le plaisir secret de Langlet, c’est d’éreinter les petits jeunes qui veulent se lancer à l’assaut des projecteurs. C’est son fond de commerce. Et son émission musicale attire les téléspectateurs sur Canal 4. Sa dernière conquête en date, mais est-ce lui qui a conquis ou n’est-ce pas plutôt le contraire, est une belle blonde, mannequin, prénommée Virginia.

Il est célèbre, riche, poivrot et drogué. Un cocktail explosif qui lui pètera à la gueule en arrivant à New-York où il doit rencontrer une vedette célèbre.

 

La quête de Gilles Frantz est le fil rouge d’un récit musical rock trépidant, avec la sono à fond, enchaînant les interprètes comme une bande son de radio libre sans interruption. Et comme un chanteur en entraîne un autre, on découvre que les maîtres-chanteurs ont eux aussi leur partition en duo à jouer. Sans faire dans la dentelle. Dans le rugissement de deux roues sur-vitaminées.

Michel Embareck a été critique musical, de 1974 à 1983, à Best, le concurrent sérieux de Rock et Folk, deux magazines qui étaient à l’image des Beatles et des Rolling Stones. On aimait l’un ou l’autre, rarement les deux.

Ce roman est le premier, sinon qu’il a écrit, du moins qui a été publié, en 1985. Et on se laisse emporter, avec entre les oreilles des morceaux de hard-rock, de blues et autres, joués par des musiciens et des groupes célèbres ou non, ayant laissé sur les platines leurs empreintes indélébiles. L’on connait le décor, mais on fait la visite des coulisses, qui contrairement à la scène ne sont pas rutilantes, brillantes, nettoyées. L’enfer du décor grouillant de rats. Et l’on placera comme figures de proue, des célébrités de l’époque qui ont encore aujourd’hui leurs mots à dire, genre Philippe Manœuvre, Antoine de Caunes… Nous sommes tous les Enfants du Rock !

 

Michel EMBARECK : Sur la ligne blanche. Editions Archipoche N° 494. Parution le 7 février 2018. 192 pages. 6,80€.

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