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2 février 2018 5 02 /02 /février /2018 09:39

Ce que Félin ne fait pas l’autre !

Gérard CHEVALIER : Carnage… en coloriage !

Susceptible, la chatte Catia a décidé de faire la tête à ses patrons, ceux-ci l’ayant morigénée sans enquêter auparavant sur la provenance de l’incident qui s’est produit durant leur absence.

De caractère mégalomane, impulsive, irascible, impertinente, cabotine, Catia avait en charge la petite Rose, et afin de lui éviter de faire des bêtises, elle l’a légèrement mordue. Drame dans la famille. Heureusement, Catia est une chatte peu ordinaire qui, si elle ne parle pas, parvient toutefois à s’exprimer en écrivant ses desiderata sur une tablette ou un ordinateur. Tout est bien qui finit bien, entre elle et ses patrons, Catherine la biologiste et Erwan le journaleux ancien policier en congé dans solde, quoique c’est elle la chef à la maison.

Le père de Catherine et ancien patron et ami d’Erwan, le commissaire Yvon Legal de Quimper, vient de recevoir un appel téléphonique du commissaire de Pont-Aven, ainsi qu’une feuille de papier à dessin sur laquelle figure une tache rouge. Il quémande l’avis de son gendre sur une affaire qui le préoccupe et dans laquelle il est directement impliqué. En effet outre la tache de couleur figure la mention : Commissaire Legal vous allez en voir de toutes les couleurs, signé : UPULU GAGNAI.

Direction Pont-Aven où s’est déroulé le crime, car il s’agit bien d’un crime qui a été constaté. Un homme a été découvert dans le musée Gauguin, dans la pension Gloanec, gisant sans vie, un tableau lui servant de collier et une entaille sur le haut du crâne provoquée par un objet contondant. Le médecin légiste est sur place, un incapable muté en Bretagne, la capitale n’en voulant plus. Et cette incompétence sera démontrée une fois plus car lors de l’autopsie, le cadavre se réveille. Heureusement que les deux policiers étaient présents, sinon, le cadavre en serait devenu bel et bien un. Seulement l’homme a perdu la mémoire dans cet incident.

Le blessé en sursis, un marchand d’art terrible séducteur, a accroché à son tableau de chasse de nombreuses conquêtes féminines. Sa femme, naturellement mais ce temps là est bien fini, et bien d’autres dont la petite domestique, mais n’a pu séduire sa secrétaire, et d’autres résistantes à son charme. Mais elles ont en point commun d’être toutes belles, attirantes, ainsi que sa fille adoptive. D’ailleurs les policiers se laissent eux aussi prendre à leurs charmes, ce qui n’est pas du goût de Catia qui leur fait part de son ressentiment.

Catia va donc prendre se trouvée propulsée sur le devant de la scène, devenant enquêtrice malgré les réticences de certaines représentantes du sexe dit faible, ce qui n’est qu’une appréciation erronée de la part des mâles imbus de leur personne. L’apport du flair d’Hector, un Saint-Hubert qui s’exprime de façon vieille France, ne sera pas de trop dans cette enquête qui est un défi lancé à l’enquêteur officiel.

 

Catia est la narratrice de cette histoire, l’auteur affiché sur la couverture de ce livre n’étant que son correcteur. Evidemment, elle ne se trouve pas toujours au même endroit qu’un Erwan et le commissaire Legal, mais ceux-ci n’oublient pas de lui narrer ce qui s’est déroulé lors de son absence sur les lieux qu’ils ont visités.

Un humour bon enfant baigne dans ce récit qui ne manque pas de références. Pierre Desproges est souvent cité, mais également d’autres personnages ayant vécus ou étant toujours en vie, dont Mathieu Ricard, le bouddhiste français, ce qui tombe bien car pour se remettre de leurs émotions, Erwan et Legal ingurgitent de nombreux petits verres de pastis pour remettre leurs neurones dans le bons sens.

L’on ne peut s’empêcher de penser, en lisant cette histoire dont le héros est une chatte, à Francis, un chat mis en scène par Akif Pirinçci, ou à Koko et Yom-Yom, les deux chats qui secondent le journaliste Qwilleran dans les romans de Lilian Jackson Braun. Juste une association d’idée, car Catia, et son copain, son amoureux oserais-je affirmer, Hector, spécialiste de l’art pictural, manient un humour parfois un peu ravageur et possèdent une érudition hors norme dont bien des bipèdes homo-erectus aimeraient se targuer de détenir. Mais si elle est érudite, de même que son copain Hector, il ne faudrait pas qu’elle devienne pédante, à la façon d’un Fabrice Luchini.

Un roman drôlatique, tant dans les scènes décrites que dans les dialogues et les réflexions émises par Catia, hautement recommandable, et pas réservé uniquement aux amoureux des bêtes qui ne le sont finalement pas tant que ça. Une enquête jubilatoire, peut-être un peu tirée par les poils, mais faut bien que Chat s’amuse.

Gérard CHEVALIER : Carnage… en coloriage ! Série Le chat Catia mène l’enquête N°4. Editions du Palémon. Parution le 20 octobre 2017. 256 pages. 10,00€.

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commentaires

Alex-Mot-à-Mots 05/02/2018 12:52

J'ai eu plaisir à retrouver Catia dans cette nouvelle enquête.

Oncle Paul 05/02/2018 15:34

Je viens de faire sa connaissance, je pense acheter quelques crevettes pour l'amadouer et qu'elle vienne plus souvent à la maison.

Présentation

  • : Les Lectures de l'Oncle Paul
  • : Bienvenue dans la petite revue de la littérature populaire d'avant-hier et d'hier. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !
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