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22 janvier 2018 1 22 /01 /janvier /2018 09:15

Ce n’est plus une épine pour Velcro, mais un pieu…

Valérie LYS : L’œuvre des pieux. Collection Commissaire Velcro N°6.

Alors qu’il est en gare de Quimper et s’apprête à regagner la capitale, le commissaire Velcro est convié à se rendre à Rennes, épauler le commissaire local.

Celui-ci est confronté à une affaire qui dépasse ses compétences, un homme en train de raboter un parquet dans un appartement sis non loin du pont de la Mission (pour ceux qui connaissent) ayant été occis et placé dans une posture dont la mise en scène est évidente. Il est dans la position du raboteur (déjà dit) mais un pieu enfoncé dans la poitrine, ce lui permet de garder l’équilibre. Mais ce qui motive l’enquête confiée à Velcro de la PJ parisienne, c’est l’identité du défunt. Henri de la Motte, adjoint au ministère de la Culture, fils d’un ancien ministre, venu à Rennes pour l’inauguration du nouvel écomusée à La Bintinais (toujours pour ceux qui connaissent les lieux).

Bon début pour Velcro qui se languit de Paris, de sa famille et de sa trompette. Mais il aime son métier, et il retrouve avec plaisir le commissaire Delcourt qu’il a connu lors de stages. Mais cette affaire n’en reste pas là, car un second cadavre est découvert justement dans les jardins de l’écomusée, avec une mise en scène bucolique. Il s’agit d’André Berthoux, généalogiste spécialisé dans les affaires de succession.

Velcro et Delcourt vont enquêter ensemble, avec l’aide de Déborah, la stagiaire versée au commissariat dans le cadre d’une reconversion suite à un surmenage. Déborah se montre indispensable, servant le café mais également recherchant de son côté, et se montrant particulièrement subtile pour dénicher les petits faits qui font avancer l’enquête et pour analyser les comportements des différents protagonistes.

Au début, Velcro ressent une indéfinissable répulsion envers Déborah, pour des raisons qu’il ne peut comprendre, mais peu à peu il est attiré par cette femme dans la force de l’âge.

Les imbrications entre de la Motte, sa maîtresse qui exerce de hautes fonctions au sein de la FNSEA et de son mari qui est un spécialiste de la salade et des légumes en sachets, Berthoux le généalogiste, un magnat Russe qui possède une chaine de restaurants et fraie avec la Maffia, et d’autres personnages, dont la secrétaire de l’adjoint au ministère de la Culture qui était secrètement amoureuse de son patron.

Je n’aurais garde d’omettre Gustave, photographe de son état, qui est dépêché par la mairie pour immortaliser sur papier les membres du commissariat, et se retrouve tout le temps entre les jambes des deux commissaires, en tout bien tout honneur, et amuse la galerie avec ses collections de timbres étrangers. Il amuse la galerie, ce qui ne plait guère à Delcourt et Velcro mais relaxe les forces de l’ordre surmenées.

 

Un bon roman avec une intrigue astucieuse et des personnages qui sortent de l’ordinaire. Seulement, eh oui, car je me permets d’émettre quelques réserves, je me suis parfois un peu perdu dans ce qui pourrait être des erreurs ou des inattentions de relecture.

Par exemple, cet adjoint au ministère de la Culture qui détourne des fonds pour en faire profiter des personnes émargeant à la FNSEA et par ricochet à des entrepreneurs de l’agroalimentaire. Normalement il aurait dû appartenir au ministère de l’Agriculture, même si entre agriculture et culture, il existe des convergences. N’est-ce pas Jean-François Millet, Vincent Van Gogh, Paul Cézanne, et combien d’autres artistes qui trempaient leurs pinceaux dans la glèbe et nous ont offert des scènes champêtres et bucoliques ?

Ensuite le jardinier retrouvé à l’écomusée, qui tient dans les mains deux arrosoirs, et est lui-même retenu par un pieu, est tour à tour Berthoux, puis de la Motte. Pourtant il n’y a pas eu d’échange de cadavres entre temps.

Enfin, il tarde à Velcro de retrouver sa femme, c’est normal me direz-vous même s’il éprouve un léger penchant coupable pour Déborah, mais aussi et surtout sa trompette. A moins que ce soit sa clarinette. Deux instruments à vent, d’accord, et après tout on peut toujours se tromper quoi que la forme soit différente.

Donc à part ces anomalies qui entachent ce roman comme deux ou trois chiures de mouche sur un mur entièrement blanc, qui m’ont sauté aux yeux comme un grain de pollen peut le faire dans le nez d’un allergique, ce roman est très bon, avec une intrigue solide qui balade le lecteur vers des suppositions erronées.

 

Valérie LYS : L’œuvre des pieux. Collection Commissaire Velcro N°6. Editions du Palémon. Parution le 20 novembre 2017. 224 pages. 10,00€.

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commentaires

Alex-Mot-à-Mots 22/01/2018 13:11

J'avais beaucoup aimé L'enfant pétrifié. Je pense que j'aimerai celui-ci aussi.

Oncle Paul 22/01/2018 15:11

J'ai bien aimé L'enfant pétrifié, et celui-ci n'est pas mal non plus, malgré les petites anomalies que j'ai relevées.

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  • : Les Lectures de l'Oncle Paul
  • : Bienvenue dans la petite revue de la littérature populaire d'avant-hier et d'hier. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !
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