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16 décembre 2017 6 16 /12 /décembre /2017 09:09

Tandis que l’amant dîne…

Lucienne CLUYTENS : Amandine à la cour du Tsar.

Malgré son emploi comme représentante de la fabrique de chocolats de ses parents, visitant les pâtisseries et clients désireux de se procurer d’aussi bons produits en région picarde, Amandine est nostalgique du temps où elle enquêtait avec son ami, et amant, Raoul Plantier inspecteur à la Brigade mobile parisienne.

En cet été 1912, elle rejoint Berck afin de promouvoir ses produits et rendre visite à son amie Juliette. D’ailleurs elle se rend souvent dans cette station balnéaire qui accueille une petite colonie de Russes, apprenant auprès de Loulia cette langue étrangère, pour son seul plaisir. Mais pour l’heure Amandine et Juliette se rendent à l’institut orthopédique du docteur Calot, chirurgien de renom, un hôpital qu’il a fait construire en bord de mer.

La société huppée russe est en pleine conversation, et si Amandine ne saisit pas tout, elle comprend que les discussions tournent autour de la personne de Raspoutine, ce pèlerin mystique guérisseur confident de l’épouse de Nicolas II. Les propos sont animés, mais la Princesse Nicolas de Grèce ainsi que sa petite cour composée de comtesses, de dames de compagnie et de caméristes, et de militaires, se taisent en s’apercevant de sa présence. Les chocolats d’Amandine deviennent la principale attraction.

Pourtant Amandine apprend qu’un cadavre a été retrouvé sur la plage, coincé entre des piquets, des bouchots sur lesquels s’agglutinent les moules, et d’après la description qui lui en est faite, elle ne tarde pas à se demander si justement ce Russe qui côtoie de près, de trop près aux dires de certains, la famille du Tsar Nicolas II.

Son instinct d’enquêtrice se réveille et il lui faut peaufiner ses renseignements. Et elle retourne à Berck, sous le prétexte de promotionner auprès de pâtissiers et autres confiseurs, les produits imaginés et fabriqués dans l’usine de sa mère.

Or elle apprend que le corps qui avait été entreposé à la morgue a disparu. Mais elle peut s’entretenir avec le légiste qui a procédé aux premières constatations, et ainsi établir une sorte de portrait robot, détaillant les vêtements portés par le cadavre. Elle fait part de ses doutes, qui deviennent des certitudes, à son père ainsi qu’à Raoul, son amant policier. Elle discute avec Loulia, son amie professeur de russe et dame de compagnie, avec Katia, la femme de chambre de la comtesse Olga Belaïevna, avec la comtesse elle-même et d’autres personnes de son entourage.

Mais une surprise bientôt l’interloque tout en lui faisant plaisir. Proposition lui est faite de se rendre à Saint-Pétersbourg, pour présenter ses chocolats et éventuellement procéder à l’installation d’une boutique. Une initiative qui la comble et bientôt, après en avoir informé ses parents, ainsi que Raoul, elle prend le Nord-Express qui va la conduire jusqu’à Saint-Pétersbourg. Quelle n’est pas sa surprise de constater qu’une passagère partage son compartiment, voyageuse qui n’est autre que Katia. Celle-ci argue de son désir de retrouver son fiancé qu’elle n’a pas vu depuis trop longtemps.

Sur place Amandine va connaître des désagréments et même se faire enlever. Par qui ? Pour quoi ? Ses investigations gêneraient-elles ? Pourtant, elle avait un chaperon, en la personne d’un attaché d’ambassade ou équivalent, en réalité un agent secret anglais.

 

Si Amandine est le pivot de cette histoire, les soubresauts qui agitent la Russie prennent une importance capitale dans ce récit. Les soulèvements, menés par des anarchistes, des révolutionnaires, des syndicalistes, entretiennent une ambiance délétère et la personnalité de Raspoutine, sa proximité avec la famille impériale y est pour beaucoup. Du moins dans une certaine couche de la société, car les ouvriers et les paysans réclament plus de liberté.

Ces événements extérieurs marquent Amandine, mais elle est en proie à un autre problème. Familial celui-ci. Sa liaison avec Raoul est cahotante. Elle ne se voit pas mariée avec un policier et être obligée à rester chez eux, à se faire du mouron tandis que son époux serait par monts et par vaux, traquant les bandits et être à la merci d’un assassinat. De même Raoul n’envisage pas de quitter la police, la brigade mobile, sa passion et sa raison de vivre. Mais un autre embarras surgit, et elle se demande bien comment elle va résoudre cette difficulté sans se mettre à dos parents et amant.

Et nous retrouverons, j’espère, Amandine dans de nouvelles aventures, passionnantes, et savoir si elle a résolu son embarras.

 

Lucienne CLUYTENS : Amandine à la cour du Tsar. Collection Belle-époque N°8. Pôle Nord Editions. Parution 31 août 2017. 212 pages. 11,00€.

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