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25 novembre 2017 6 25 /11 /novembre /2017 09:00

Hong-Kong Star

T'as un chinois dans ton miroir

Tu n'es qu'une Hong Kong Star…

Fabrice COLIN : Kayren.

Née de mère américaine, Kayren est une jeune métisse qui travaille comme standardiste et hôtesse d’accueil dans une boîte de Hongkong appelée La Firme.

Elle a tout juste dix-neuf ans, et comme toute mère, s’inquiète de savoir comment son jeune bébé, Oriel, un an et demi, a passé sa journée. Elle a toute confiance en Lani, son amie employée de maison et nourrice du bambin, mais c’est plus fort qu’elle. Avant de rentrer chez elle, elle doit dîner avec son père, une obligation à laquelle elle sacrifie trois fois par an, et qui malgré ses soixante-dix ans travaille toujours pour un cabinet d’assurances.

Elle a perdu sa mère trois ans auparavant, un suicide selon toute vraisemblance, et depuis l’âge de ses dix-huit ans, elle vit chez elle. Elle suit des cours d’histoire deux fois par semaine, pour son plaisir, ce sont ses uniques sorties à part les promenades avec bébé.

Donc en attendant le veilleur de nuit qui doit lui succéder, elle téléphone à Lani. Elle aperçoit à travers la vitrine un homme qui semble la surveiller puis s’éloigne lorsqu’elle s’approche. Le repas se déroule quasiment normalement, un rite même si Kayren est végétarienne, puis c’est le retour au bercail, à regarder la photo de sa mère et à penser à Allan, le père d’Oriel, un Australien qui l’a plaquée alors qu’elle était enceinte. Pourtant quelques jours auparavant, tout allait bien, et puis… C’est la vie, mais elle est encore jeune.

 

Jusqu’au jour où son frère, son demi-frère Zheng, s’introduit chez elle. Il a la main bandée et il lui avoue appartenir à une société secrète comme il en existe tant en Orient et Extrême-Orient. Il ne peut lui en dire plus, mais qu’il est un homme mort s’il ne réalise pas le contrat pour lequel il a été choisi. Il doit tuer un homme, un trafiquant, un proxénète ayant pignon sur rue.

C’est de ce jour que la vie de Kayren bascule. Elle exécute le contrat à la place de Zheng, sans état d’âme, au contraire, elle entend comme une petite voix dans la tête qui la conseille. Elle va même jusqu’à assister à l’inhumation de celui qu’elle a tué, peut-être avec une once de remord. Elle est alors abordée par un homme qui connait tout d’elle, du moins ce qu’elle a fait.

Monsieur Cinquante, comme il se présente, l’informe que Lani a été priée gentiment ( ?) de quitter son poste et de s’évanouir dans la nature, que son fils a été placé ailleurs, sur l’île de Lantau, et qu’elle ne pourra lui rendre visite qu’une fois par semaine, que d’autres interventions de sa part lui seront demandées et qu’elle va devoir s’entraîner sous la houlette de Huang, qui ne ménagera pas ses efforts pour lui apprendre comment se débarrasser d’un éventuel suiveur ou agresseur. Elle va vivre dans un nouvel appartement, une surface double de celui qu’elle habitait et qu’elle devra se comporter en recrue mutique et obéissante.

Elle tente bien de contacter son ancien collègue. Peine perdue. Elle téléphone à la police pour signaler un enlèvement, celui de son enfant. Là encore peine perdue. Sauf qu’un peu plus tard, un inspecteur Liang se manifeste auprès d’elle. Et de temps en temps une petite voix surgit dans sa tête et qu’un tatouage de naissance, en forme d’épervier, est apposé dans le bas de ses reins.

 

Ce roman s’inscrit dans une série qui devrait transporter le lecteur dans des époques différentes, à Londres en 1593 (j’aurais préféré commencer par celui-ci), à Kinshasa en 2150, Paris en 1870 ou encore à Berlin à la fin de la Seconde Guerre Mondiale. Six parcours effectués par six jeunes confrontés à la nécessité de tuer. Avec un lien invisible et mystérieux qui les relie.

Autant l’avouer tout de suite, ce roman qui s’adresse aux adolescents de quatorze ans et plus, je ne suis pas sûr de l’avoir apprécié quand j’avais cet âge. Mais c’est loin. A cette époque je lisais plutôt des Simenon, des San-Antonio, des auteurs des collections Spécial Police et Espionnage du Fleuve Noir. Mais l’ambiance n’était pas la même.

Seulement de nos jours les adolescents ne réagissent plus de la même manière que le vieux lecteur (si, si !) que je suis. Une quête teintée légèrement de fantastique dans un paysage dépaysant et oriental que nos jeunes connaissent bien via les mangas et les jeux vidéo. Et cela m’a fait penser, à tort ou à raison, aux personnages de Zelda et de Lara Croft, deux jeux destinés aux jeunes mais que les adultes ne dédaignent pas.

Fabrice COLIN : Kayren. Série Je serai 6 N°1. Editions PlayBac. Parution le 18 octobre 2017. 272 pages. 15,00€.

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commentaires

Alex-Mot-à-Mots 27/11/2017 11:34

Un auteur que j'apprécie pour ses romans adultes.

Oncle Paul 27/11/2017 16:49

Si je connaissais l'auteur de nom, c'était la première fois que je lisais un de ces romans. A découvrir maintenant dans un autre registre.

Les Spaghettis par la racine 26/11/2017 15:36

En même temps, en lisant votre résumé du livre, on a l'impression de voir un épisode d'Alias ou de toute autre série d'espionnage de notre temps complètement tarabiscotée - et qui se ressemblent toutes- qui plaîsent tant aux ados... L'ironie de San Antonio et la psychologie leur ferait le plus grand bien...

Les Spaghettis par la racine 26/11/2017 18:32

Je ne suis pas certain qu'un romancier doive s'adapter à son époque sauf s'il est contraint par sa maison d'édition pour des raisons marketing-il exprime avant tout un imaginaire personnel qui peut être en phase ou en décalage avec son époque. Colin est une belle plume mais il n'égale pas un Simenon qui mériterait d'être davantage lu par les jeunes. Bien à vous.

Oncle Paul 26/11/2017 16:45

Bonjour
A chaque époque ses lectures, comme pour la musique. Tandis que j'étais Chaussettes Noires, mes parents étaient André Claveau. Les temps changent, les modes aussi et il est normal qu'un romancier s'adapte.
Bien à vous

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  • : Bienvenue dans la petite revue de la littérature populaire d'avant-hier et d'hier. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !
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