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13 septembre 2017 3 13 /09 /septembre /2017 09:42

Un hommage non déguisé à Jules Verne.

Pierre BARBET : Voyage au centre de la Lune.

Le 21 juillet 1969, le monde entier est rivé devant son téléviseur ou les oreilles accrochées à son poste de radio. Pour la première fois, un homme va poser un pied sur la Lune. Puis un deuxième et ainsi de suite. Armstrong et Aldrin entrent dans la légende faisant naître des vocations.

Ainsi, en France, Jacques, douze ans, et son frère Eric, son aîné de trois ans, ont demandé à leur père de les réveiller afin d’assister en direct à cet événement. Au Japon le jeune Natsumé profite également de ce reportage, tout comme à Moscou Grégory, dont les parents ne possèdent pas la télévision, écoute à la radio les commentateurs.

Douze ans plus tard, et après de sérieuses études scientifiques, les quatre gamins devenus des adultes, sont sélectionnés pour participer à un voyage sur la Lune pour une mission qui leur sera signifiée sur place. Le parcours s’effectue en quelques étapes, avec arrêts sur des stations orbitales et deux autres compagnons leur sont adjoints : Guiseppe, un Italien et Karl, un Allemand. Ils sont géologue, spéléologue, géophysicien, spécialiste de la communication radio ou vulcanologue et ensemble ils devront mener à bien ce pour quoi ils ont été embauchés.

L’arrivée sur le sol lunaire, à bord d’une capsule, une espèce de canot de sauvetage en forme du suppositoire, leur réserve quelques surprises. Bientôt les six hommes commencent à manquer d’oxygène, l’un d’eux tombe même en syncope. Heureusement, des pionniers installés dans une base sur la face cachée de la Lune les retrouvent et ils sont soignés. Mais leur mission doit se poursuivre, et Jane, une médecin-psychologue, intègre le petit de même qu’un petit singe rhésus, qui leur tient compagnie dans leurs déplacements, les amusant par ses facéties.

Enfin la mission peut débuter et les voilà tous les sept, plus le macaque, s’enfonçant dans les entrailles lunaires à bord d’une fouisseuse munie d’une tarière.

 

Dans ce roman inédit, écrit probablement au début des années 1970 et qui était resté inédit, Pierre Barbet démontre son engagement écologique et son pacifisme, surtout vers la fin de l’intrigue. Une utopie, mais l’on peut toujours rêver. Alors que bien d’autres de ces romans, il s’amusait avec l’uchronie, mettant en scène des épisodes de l’histoire de France et les détournant, ici c’est dans une anticipation proche qu’il nous entraîne.

Ainsi que le déclare l’un des protagonistes :

Pour éviter une guerre meurtrière, il faut que les habitants de ces planètes possèdent un sens moral, une notion de fraternité qui, souvent, ne se développe pas de pair avec les sciences de la matière. Il faut donc éduquer ces gens sur le plan moral en faisant disparaître les luttes entre états, en provoquant la formation d’un gouvernement international qui soit au-dessus de tous les préjugés raciaux et répartisse les richesses du globe.

Il y a du travail pour, avant de mettre en pratique cette déclaration, en faire comprendre le sens et le bienfondé à nos dirigeants.

Les développements scientifiques sont nombreux mais pas lourds à digérer, contrairement parfois à ce que pouvait développer Jules Verne, et donc abordable à tout un chacun, adolescents compris.

 

Quatre nouvelles complètent ce recueil préfacé par Jean-Marc Lofficier, ainsi que deux articles. Le premier étant une conférence, Le pharmacien devant la science-fiction, dans lequel il retrace, un peu, son parcours et fait l’éloge de quelques grands maîtres Français et Américains, dont l’un des fondateur de ce qui était nommé à l’époque le Merveilleux scientifique, Jules Verne, l’autre article étant relatif à la Bionique, contraction de biologie électronique.

La première de ces nouvelles, Psycho-contrôle, est une critique ironique et désabusée de la Terre vue par un extraterrestre chargé d’étudier le comportement des humains.

Stupéfiante planète est une aimable parodie de roman noir et policier, avec un enquêteur qui a pour but de mettre fin aux agissements d’un trafiquant de drogue sur une planète lointaine. Avec quelques gadgets qui semblent issus de la panoplie d’un James Bond futuriste. A noter que l’une des protagonistes de cette histoire se prénomme Dora, Dora comme la compagne de Jean-Louis Le May qui était fort ami avec le couple Barbet.

Des ossements dans une épave relève tout aussi bien du passé que de l’avenir. Mais le titre à lui seul est quelque peu explicite donc je n’en dirais pas plus. Toutefois, dans Voyage au centre de la Lune, une phrase annonce cette nouvelle.

Les papillons sont au parfum joue également dans le domaine du policier. Le narrateur est dérangé durant ses vacances par un sien ami hippie. L’homme fait partie d’un petit groupe d’écologistes, le Process, qui effectue des recherches notamment sur des appareils pouvant fonctionner sans pollution. Or il semblerait qu’il y ait des fuites. Une histoire qui respire l’écologie, avec des technologies nouvelles à inventer comme le moteur à collagène.

Cette petite phrase pourrait, aujourd’hui, faire bondir quelques personnes au langage politiquement correct, ou se prétendent ouvertement hostiles à certaines déclarations, mais n’en pensent pas moi le contraire.

Je déteste qu’on m’appelle flicard : les flics, il en faut. Tout le monde n’apprécie pas leur boulot, mais c’est comme les putes : ils existent depuis le commencement du monde – dit civilisé – et personne ne peut s’en passer.

 

Pierre BARBET : Voyage au centre de la Lune. Collection Blanche N°2149. Editions Rivière Blanche. Parution janvier 2017. 246 pages. 20,00€.

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