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17 septembre 2017 7 17 /09 /septembre /2017 05:35

Si vous allez à San Francisco

Vous y verrez des gens que j'aime bien…

Florent MAROTTA : Le meurtre d’O’Doul Bridge.

Installé depuis quelque temps à San Francisco, à cause d’une incompatibilité d’humeur avec la justice française, Michael Ballanger s’est rapidement fait une solide réputation de coach de vie.

Il possède un cabinet, pouvant se permettre de choisir ses patients, certains ne venant qu’à une seule et unique séance, ne désirant pas les revoir car il sent que ses conseils ne seront pas suivis d’effet. Il participe à des émissions de radio, effectuant ses consultations en direct et a écrit quelques livres.

Un policier le convoque par téléphone, pour affaire le concernant, la phrase rituelle qui n’engage à rien mais inquiète toutefois ceux à qui elle est adressée. Comme il a projeté un week-end dans sa maison blottie dans les collines, à Shaver Lake, en compagnie de sa jeune amie Kim, en tout bien tout honneur, il décline l’invitation.

Qu’elle n’est pas sa surprise le lendemain de voir débouler devant sa paisible retraite, alors qu’il est en pleine émission radiophonique par téléphone, trois véhicules et cinq policiers, patibulaires, mais presque. Le lieutenant Larkin, accompagné de son jeune collègue l’inspecteur Kukotch, l’emmène au commissariat et désire, exige plutôt, des renseignements sur un de ses clients qui l’aurait appelé la veille par téléphone.

Ballanger admet l’avoir eu comme patient, mais pour une seule séance. Son client parlait de refaire sa vie, le syndrome de la quarantaine. Pour Larkin, ce n’est pas satisfaisant comme réponse. L’homme un dénommé Calvin Tennesson est décédé, abattu d’une balle en pleine tête sur un parking près du Lefty O’doul Bridge. Mais Calvin Tennesson n’est pas, n’était pas, n’importe qui. Il était marié avec Teagan Robbins-Tennesson, la présidente de l’empire pharmaceutique. Peu lui chaut à Ballanger qui a autre chose en tête.

Sa fille Karine qui vit avec sa mère à Paris et qu’il n’a pas revue depuis des années, depuis les événements qui ont pourri sa vie avant qu’il se redresse, sa fille Karine doit lui rendre visite. Mais à cause de Larkin, il ne peut se rendre à l’aéroport. Ce que n’apprécie pas Karine qui est réceptionnée par Kim. Et pendant ce temps Ballanger est mis en présence de Teagan Robbins-Tennesson, un glaçon, et de son garde du corps, véritable armoire à glace antipathique.

Lors d’une promenade dans San Francisco, destinée à faire découvrir la ville à sa fille, Ballanger s’aperçoit qu’il est suivi. Il pense tout de suite à un policier mais ce n’est qu’un pauvre homme désemparé par la mort de son ami Calvin. Les deux hommes sont homosexuels et Ballanger en a confirmation dans un bar gay qui vient d’être saccagé par des skinheads. Toutefois il peut obtenir une copie de la vidéo de surveillance et il passe un pacte avec un journaliste paranoïaque qui travaille en libéral, mettant en ligne ses articles.

 

Si le fond de l’intrigue n’est pas alambiquée, et c’est tant mieux, ce sont les personnages qui importent. Peu à peu on découvre les antécédents de Michael Ballanger, ce que fut sa vie en France, le drame qui le traumatise toujours et l’empêche de dormir sereinement, ainsi que ses relations platoniques avec Kim, serveuse de charme dans un bar, étudiante en psychologie, et ancienne call-girl.

Quant à Karine, elle est volcanique et attendrissante. Il est vrai qu’elle était présente lors du drame qui a fichu en l’air non seulement la vie de son père mais celle de toute sa famille. Elle est jeune encore, à peine majeure, et elle subit une dualité intérieure qui la fait passer du rire aux larmes et inversement.

Le côté cliché réside en Larkin, ce flic ventripotent imbu de sa personne, raciste, xénophobe, homophobe, qui connait les antécédents de Ballanger, qui nourrit une haine tenace envers le French coach, mais se plie servilement devant les désirs, les ordres des notables. Et comme Larkin personnifie le flic malsain, le méchant, Kukotch se montre plus aimable, plus affable, plus compréhensif. Dans son tempérament, et surtout, il n’est pas encore entré dans l’engrenage des policiers qui se considèrent comme les maîtres du monde.

Tout n’est pas dit sur les antécédents de Ballanger, et l’épilogue nous laisse entrevoir une suite, qui devrait s’avérer intéressante. Et ce roman entre plus dans les goûts littéraires que le précédent ouvrage de l’auteur. Mais, ça, ce n’est qu’un problème de compatibilité que tout un chacun peut ressentir envers un genre, sans pour cela que le roman incriminé soit une daube, au contraire.

 

Florent MAROTTA : Le meurtre d’O’Doul Bridge. Une enquête du French Coach. Editions Taurnada. Parution le 7 septembre 2017. 248 pages. 9,99€.

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commentaires

Alex-Mot-à-Mots 18/09/2017 13:12

Y verra-t-on une maison bleue accrochée à la colline également ?

Oncle Paul 18/09/2017 14:14

Hélas, non, pas comme dans la chanson de Maxime Le Forestier.... Mais j'y ai pensé !

PIERRE FAVEROLLE 17/09/2017 08:31

Salut Paul, je me suis beaucoup amusé avec ce roman. Un bon divertissement. Amitiés

Oncle Paul 17/09/2017 17:57

Bonjour Pierre
Un bon roman que j'ai plus apprécié que son précédent. Une incursion dans la Californie que n'auraient pas renié ceux que l'on qualifie de petits maîtres.
Amitiés

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