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16 août 2017 3 16 /08 /août /2017 10:03

Où Panthéra passe, l'ennui trépasse !

Pierre-Alexis ORLOFF : La mère de Panthéra.

Il aura fallu attendre trois ans pour retrouver nos amis, Panthéra et consorts, que l'on avait laissé en piteux état, dans une situation périlleuse mais pas désespérée, quoique, on ne sait jamais avec l'auteur. Certains protagonistes ont quitté définitivement la scène, d'autres sont mal en point physiquement et moralement.

Heureusement, grâce à la magie des blogs, dont celui-ci en particulier, vous pouvez suivre en intégralité ou presque cette histoire ô combien édifiante, pittoresque, démoniaque, échevelée, et tout ce que vous voulez de positif, en quelques jours.

Donc Panthéra a réussi à s'échapper mais elle a été touchée gravement à une jambe par les balles tirées par l'inspecteur (stagiaire) Carlier. Elle se réfugie derrière une voiture, affalée sur le trottoir, et elle sera récupérée quelques temps plus tard par son amie Tanya, qui avait senti l'embrouille venir grâce, ou à cause, d'un article journalistique écrit par Renouard dans Soir Nouvelles.

Article qui d'ailleurs a engendré en partie cette réunion inopinée. Et Renouard s'en mord les doigts tout en buvant, rentré chez lui, verre sur verre, ce qui l'oblige à rester cuver dans son lit et même par terre. Ce qui n'est pas plus mal, pendant ce temps il n'écrit pas n'importe quoi, même s'il approche plus ou moins de la réalité.

Carlier a préféré tirer sur Panthéra au lieu d'abattre Faustus le faune, le laissant s'enfuir rapidement, juché sur ses sabots sans passer par la Lorraine. Et cet incident va lui coûter cher. Va leur coûter cher devrai-je préciser. Car Fautus est mis à l'index par son employeur Marcel, enfin par son fils Antoine, qui n'apprécie pas vraiment le genre de bévue dont s'est rendu coupable le satyre. Quant à Carlier, il se voit proposer une promotion loin de Paris, à Cahors. Il ne se résigne pas à entrer dans un placard et préfère démissionner, au grand dam de sa femme qui ne s'était marié avec lui que parce qu'il avait embrassé la profession de policier. Ah, l'amour de l'uniforme ! Et Carlier est embauché par l'avocat Formellot pour réaliser quelques opérations de filature.

Passons rapidement sur la présence d'Erynia, la nymphe qui accompagnait Carlier, sur les blessures de Percival Arlington qui s'en remettra, et les autres participants de cette joyeux rassemblement qui aurait pu tourner au drame, et tournons notre regard vers Marcel Duchard qui a la bonne idée de décéder, Antoine ayant décidé de prendre définitivement sa place. Et son amie Berthe Windgassen se mue en Jane Camden, afin de ne pas dépareiller par rapport à son ami Duchard fils.

 

L'article de Renouard ne pas inaperçu non plus d'un ancien nazi réfugié en Bolivie, et qui fut vingt ans auparavant le complice de Duchard, de Windgassen, et d'un prêtre, Honorin, devenu prélat. Et Heinrich von Verschtaufen, ancien colonel de la Waffen SS, décide de venir à Paris, endroit qu'il n'a pas fréquenté depuis des années alors qu'il se rend régulièrement à Londres.

 

Et voilà, tous les personnages sont mis en place ou presque. Dorilien le farfadet compagnon habituel de Faustus, a eu la tête tranchée par Panthéra, mais ne le plaignons pas, il le méritait.

Non, l'incident primordial a été déclenché par Faustus le satyre qui avait commencé à envoûter Panthéra, obligeant la jeune femme à retirer sa cagoule et à avouer son nom, Alice de Sérigny. Et ce patronyme fait réfléchir Marcel/Antoine Duchard et Berthe Windgassen/Jane Camden. Une hypothèse qui les laisse rêveurs se forge dans leurs esprits, les ramenant vingt ans en arrière.

 

Aventures endiablées pour ce troisième opus et ce n'est pas fini, tant mieux pour le lecteur qui se prend d'addiction pour Panthéra. D'autant que l'auteur en révèle un peu plus sur la genèse en incluant dans son récit des épisodes qui se sont déroulés en octobre 1943. Rappelons que les événements décrits se déroulent eux en 1963.

Michel Pagel, zut je l'ai dit, Michel Pagel signe donc un roman-feuilleton en tout point remarquable sans omettre quelques références littéraires, voulues ou non.

Ainsi, si Michel Pagel a pris pour pseudonyme Pierre-Alexis Orloff, ce n'est pas innocent. Mais disséquons, un peu seulement, faut en laisser pour les autres.

Orloff, de son prénom Tania, n'est pas un rôti, mais un personnage de la série Bob Morane. Et on retrouve une Tanya dans ce feuilleton. Tandis que le prénom Pierre-Alexis nous renvoie à Pierre-Alexis de Ponson du Terrail, le créateur de Rocambole, d'ailleurs les aventures de Panthéra sont effectivement rocambolesques. Et puisque l'on cite le nom de Terrail, signalons au passage que le supérieur hiérarchique de l'inspecteur stagiaire Carlier se nomme Duterrail. Et précisons que le commissaire chargé de reprendre l'affaire retirée à Carlier s'appelle Malet, Léon Malet. Comme le monde est petit ! Mais les grands hommes ne manquent pas ! Et pour finir la romancière Marie-France d'Aygues-Vives, dont Alice de Sérigny est la secrétaire lorsqu'elle n'enfile pas la combinaison de Panthéra, écrit un roman qui a pour titre Marion. Faut-il y voir un clin d'œil à la série des Marion de Georges-Jean Arnaud, quinze romans au total publiés sous le pseudonyme d'Ugo Solenza ? Georges-Jean Arnaud, né à Saint-Gilles du Gard, commune du Gard, tout comme, non pas Aygues-Vives qui se situe en Haute-Garonne, mais Aigues-Mortes.

 

Pour commander cet ouvrage, placez le curseur de votre souris sur le lien suivant :

Si vous préférez la version numérique c'est par ici :

Pierre-Alexis ORLOFF : La mère de Panthéra. Panthéra, roman feuilleton, épisode numéro 3. Introduction de Jean-Marc Lofficier & Jean-Luc Rivera. Collection Noire N°69. Editions Rivière Blanche. Parution novembre 2014. 248 pages. 17,00€.

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commentaires

Fabien Lyraud 19/08/2017 18:12

J'étais persuadé que c'était Lionel Davoust qui était derrière tout ça. Comme quoi.

Oncle Paul 19/08/2017 19:08

Cela aurait pu être Lionel Davoust, mais il y a quand même la patte de Michel Pagel. Une certaine ironie dans le texte, un humour sous-jacent qui est propre à Pagel. Maintenant il me lire Lionel Davoust afin de comparer les deux styles, car je l'avoue, à ma grande honte, je n'ai pas encore abordé cet auteur.

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