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26 août 2017 6 26 /08 /août /2017 10:18

Réglez vos montres !

David MORALES SERRANO : 18h37.

Alors que dans quelques semaines, Edgar Fillot, directeur du 36 Quai des Orfèvres, va prendre une retraite amplement méritée après trente cinq ans de bons et loyaux service, Edgar Fillot reçoit au courrier une lettre qui le ramène justement à ses débuts, alors qu’il n’était que simple policier en uniforme.

Depuis il a grimpé les échelons, mais il n’a pas oublié cette affaire qui s’est déroulée dans un wagon du métropolitain, le 16 mais 1937 à 18h37.

Une femme était entrée dans une voiture de première classe, à la station Porte des Charmilles, et à la station suivante, elle avait été retrouvée morte, un couteau dans la gorge. Au départ comme à l’arrivée, elle était seule dans cette voiture placée au milieu de la rame.

L’enquête diligentée n’avait pas abouti et voilà que trente cinq ans après, un inconnu qui signe X pour anonyme, se réveille et écrit au futur directeur retraité. Il narre comment il a connu Dolores Rinconada, comment il en était tombé amoureux, puis pourquoi il a été amené à lui ouvrir les portes du Paradis en la trucidant.

Edgar Fillot montre la missive à son assistant et secrétaire, Harald Dumarais, un jeune homme à l’avenir prometteur, et ils discutent tous deux de cette affaire dont l’enquête avait débouché sur une impasse. Mais en cette fin d’année 1971, le délai de prescription est dépassé, et il n’est pas envisageable de rouvrir le dossier.

Pour autant Edgar Fillot aimerait connaître le fin mot de cette histoire et connaître l’identité de son correspondant dont la lettre recèle quelques indices.

Tout au plus sait-il qu’il s’est installé dans le sud pyrénéen, et qu’il s’est établi comme médecin. Il demande à Harald Dumarais de bien vouloir rechercher dans les archives de l’Ecole de Médecine le nom de cet étudiant qui aurait pu effectuer des études dans les années 1935.

Les recherches demandent du temps, mais grâce à la bonne volonté d’un vieil archiviste en retraite qui passe son temps dans les sous-sols à garder les précieuses boîtes, et surtout grâce à la gentillesse et l’affabilité de la demoiselle de l’accueil, bientôt des traces du passage de monsieur X sont relevées.

Bonne pioche pour Harald Dumarais qui par la même occasion, ce qui ne veut pas dire que la demoiselle en question en est une, d’occasion, ressent un tendre sentiment bientôt partagé par cette sympathique hôtesse qui se prénomme Jeanne mais préfère qu’on lui dise Jane.

 

Une enquête qui s’étale durant plusieurs mois, car Edgar Fillot, retraité et ayant déménagé avec sa femme dans les Landes, ne peut consacrer tout son temps maintenant libre à cette occupation hors la loi.

Tiré d’un fait-divers ayant réellement existé et dont Pierre Siniac s’était également inspiré pour écrire son roman Le crime du dernier métro, ce roman se lit comme une histoire véridique, avec une histoire d’amour, tout en offrant quelques belles pages, dont un chapitre, écrit par Harald, gentiment sensuel, le tout enrobé d’un humour subtil.

Un vrai sens du mystère, de la profondeur et de l’émotion, tel est l’avis d’Amélie Nothomb, avis que je partage volontiers, pour une fois étant en accord avec le bandeau, ce qui ne m’arrive guère souvent, jugeant ce procédé racoleur. Je lui tire mon chapeau.

Un roman tout en pudeur, émaillé de digressions savoureuses, tout autant de la part du narrateur principal, Edgar Fillot qui rédige ses mémoires, que de la part d’Harald Dumarais dont la prose est inclue dans le corps du texte, comme un aparté, un interlude vivifiant mais qui ne sort pas du contexte.

 

A la suite de ce roman figure une nouvelle, Les boules et les blettes, mettant en scène, ensemble ou séparément, les deux membres d’un couple de septuagénaires, qui sacrifient, l’un à sa passion des boules, l’autre à son occupation favorite, l’achat de bottes de blettes sur le marché. Deux faits insignifiants en apparence, mais en apparence seulement. Une nouvelle qui a été finaliste du prix Nolim 2014, présidé par Michel Bussy.

 

Dans ses remerciements, l’auteur tient à remercier un certain Yannick qui avait en charge de traquer les coquilles. Ce qu’il a fait consciencieusement, mais il a omis de rectifier quelques petites tournures grammaticales mal venues. Ainsi on ne dit pas J’ai été m’asseoir sur une chaise, mais je suis allé m’asseoir sur… Mais ce n’est qu’un détail, répété trois fois, une insignifiance, mais qu’il serait bon de corriger par la suite, à mon humble avis, comme il est bon de le signaler.

 

 

David MORALES SERRANO : 18h37. Collection Polar. Editions De Borée. Parution 15 juin 2017. 238 pages. 7,50€.

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commentaires

Alex-Mot-à-Mots 26/08/2017 14:55

Yannick n'était donc pas à son maximum.

Oncle Paul 26/08/2017 15:16

Il fera mieux la prochaine fois... Mais c'est une erreur que beaucoup de gens disent ou écrivent, même des hommes politiques. C'est tout dire...

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