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12 juillet 2017 3 12 /07 /juillet /2017 14:05

Sans peur et sans reproche ?

Pierre PEVEL : Le Chevalier. Haut-Royaume volume 1.

Si la filiation avec Alexandre Dumas, dans Le Comte de Monte-Cristo par exemple mais pas uniquement puisque le roman La tulipe noire pourrait être évoqué, est indéniable, le souffle épique qui se dégage de cette histoire peut également être un clin d'œil à Michel Zévaco avec la fougue, voire la démesure de la saga épique des Pardaillan ou du Capitan. Si ce n'est dans le fond et la forme, du moins dans l'esprit.

Mais l'origine de ce roman prend également pour thème l'univers de la geste médiévale et des romans de chevalerie, incluant des incursions historiques réelles devenues légendaires.

 

Eté 1544, dans la capitale des duchés de Sarme et Vallence, Lorn Askarian est venu délivré son ami Aldéran, dit plus familièrement Alan, d'un ennemi terrible : le Kesh. Mais kesh, pardon, qu'est-ce que c'est ? Une drogue similaire à l'opium et Alan, fils de roi, y a succombé. Lorn le sort des griffes de cet abrutissement dans lequel le jeune homme est plongé, au fond d'une fumerie, grâce à son ami Enzio, le fils du seigneur de la province, et à la belle Alissia auprès de laquelle il ne peut rester, son devoir l'appelant au Haut-Royaume.

 

Printemps 1547. Cela fait maintenant trois ans que Lorn végète dans les cachots de Dalroth, une forteresse transformée en prison, située sur une île au large de Samarande. Convaincu de trahison, Lorn vient d'être gracié par le Haut-Roi sur les conseils des membres de l'Assemblée d'Ir'kans et à la suite d'un second procès qui a conclu à son innocence et sa libération.

Mais on ne vit pas pendant trois ans enfermé dans un cachot au fond d'une forteresse, à l'écart de tout sauf de l'Obscure qui malmène les organismes, sans compter la malnutrition et les brimades, sans être affecté dans son intégrité. Un des yeux de Lorn a changé de couleur tout en lui apportant une acuité visuelle plus conséquente et sur sa main gauche une sorte d'écusson, un sceau de pierre s'est incrusté. Quant à sa santé physique et mentale, elle est en déclinaison.

Des soldats viennent le chercher à bord d'un galion et le voyage retour vers Samarande s'effectue dans la tempête. Lorn essaie de se suicider, mais Alan, qui est venu le chercher, parvient à juguler sa tentative. Le fils du Haut-Roi explique à son ami qu'il n'a pu le contacter et témoigner de son innocence, étant en cure de désintoxication dans une sorte de couvent.

Dans Samarande, Lorn assiste à une réception au cours de laquelle il est approché par une jeune femme. Seulement, il est victime d'étourdissements, sa main puis son bras étant la proie de l'Obscure. Et des individus mal intentionnés tentent de l'occire.

Puis ses pérégrinations l'emmènent à la Citadelle où demeure le Haut-Roi, vieillard décharné mais ayant encore toute sa lucidité, ou presque. Une bague lui est donnée, avec sur le chaton les emblèmes du royaume, une tête de loup, deux épées croisées surmontées d'une couronne. Un drac blanc, un humain à la peau écailleuse, émissaire de l'Assemblée, lui confie qu'il doit réaliser son Destin. Lorn est envoyé une mission auprès du comte Téogen et ensemble ils vont combattre les Ghelts, qui ont attaqué des villages et emmené des captives. Ce passage, qui s'inscrit justement dans un passage montagneux, dans une faille, que Lorn et ses compagnons doivent emprunter sans émettre de bruit afin de ne pas déranger les vyvornes, espèces de dragons volants, puis combattre les Ghelts, m'a fait penser à Roncevaux.

Puis Lorn doit reconstituer la Garde d'Onyx, petite armée dépendant directement du Haut-Roi, et il va embaucher divers compagnons, dont certains qu'il retrouve avec plaisir, remettre en état une tour dans un quartier pauvre d'Oriale, la capitale du Royaume, et sera en butte contre de nouveaux ennemis. Il devra également se méfier de Célyane, la reine qui gère le royaume, son vieil époux étant défaillant, avec l'aide d'Estévéris, son ministre cauteleux.

En parallèle à ses problèmes personnels, il est conscient que d'autres complications peuvent mettre le Haut-Royaume en difficulté. La cession de l'île d'Angborn, une des Cités franches à Yrgaärd, un état avec lequel les relations sont tendues, se révélant un épineux problème.

 

 

Plein de bruits et de fureurs, les actions se succédant en cascades, laissant peu de place aux descriptions oiseuses et aux introspections psychanalytiques et psychologiques rébarbatives, ce premier volume du Haut-Royaume, consacré à Lorn, le Chevalier, se dévore d'une traite, sans crainte d'indigestion.

Les scènes d'action se succèdent avec toujours en ligne de fond la pensée de Lorn vers son passé et son avenir. Car il se demande qui a pu l'accuser de trahison, et seul le désir de vengeance l'obsède. L'emprise de l'Obscure se manifeste de moins en moins, mais il a acquis une force mentale et physique qui lui permet d'endiguer bon nombre de situations périlleuses. Il pratique l'amour courtois, envers Allissia, qu'il retrouve de temps à autre, et d'une amie de jeunesse. Sa profonde affection envers Alan et Enzio ne se dément pas même lorsque les circonstances ne sont guère favorables et pourraient provoquer des dissensions, voire des ruptures.

Et comme il faut des moments de calme entre deux tempêtes, Lorn retrouve la sérénité en compagnie d'Yssaris, un jeune chat roux qui l'accompagne partout dans ses déplacements.

Un roman épique dans lequel la magie, souvent l'ingrédient principal des œuvres de Fantasy, n'y est guère présente, et seuls, la volonté, le courage, la hardiesse, le pragmatisme, portent Lorn vers son destin. Mais celui-ci sera-t-il contrarié ? Suite au prochain numéro.

 

Pierre PEVEL : Le Chevalier. Haut-Royaume volume 1. Collection Fantasy. Editions Milady. Parution 5 avril 2017. 624 Pages. 3,99€.

Réédition de Bragelonne. Parution le 22 janvier 2014. 528 pages. 22,00€.

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commentaires

hellrick 13/07/2017 09:24

Encore une belle réussite de la part du chef de file de la fantasy française.

Oncle Paul 13/07/2017 18:20

Effectivement. Je me suis aperçu après la mise en ligne de ma chronique que j'ai oublié de signaler qu'il y avait un côté Assassin's creed (je ne suis pas sûr de l'orthographe, avec ce héros qui se déplace avec des lunettes noires et surtout une capuche rabattue sur ses yeux. Mais ce n'est guère important, sauf pour les jeunes qui connaissent l'univers des jeux vidéos.

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