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15 mai 2017 1 15 /05 /mai /2017 07:33

Hommage à Michel Audiard né le 15 mai 1920.

Michel AUDIARD : Massacre en dentelles.

Journaliste à Paris-Matin, féru d'arts, Georges Masse attire les femmes, de préférence jolies, tel l'acacia les abeilles.

D'après ses dires il serait le gendre idéal :

Ayant reçu de mes chers parents le bon exemple, solidement instruit chez les Pères, drôlement porté sur le travail honnête, éclairé quant aux bienfaits de la vie rustique et aux méfaits de l'alcool (le whisky... Pouah!); voilà le garçon que je suis.

Tenez ! Mon rêve serait de rencontrer l'âme sœur, une petit provinciale avec des nattes dans le dos et des joues roses, jouant d Mozart au clavecin, lisant Paul Bourget dans le texte et ne voulant pas se laisser embrasser de peur d'attraper un enfant.

Au lieu de cela, devinez sur quoi je tombe à tous les coups ?... Sur des évaporées scandaleuses, moulées dans des pull-overs lance-grenades, avec des jupes à ouverture éclair et des battements de cil à dégeler un Conseil des Ministres.

Donc le garçon bien sous tout rapport qui organise avec ses collègues une petite fête pour l'anniversaire de son patron qui vient juste d'avoir cinquante ans, et tout ce beau monde pointe chez le sieur Golstein les bras chargés de bouteilles. Mais les fioles de champagne ne suffisent pas et Golstein puise dans sa réserve personnelle, perdant justement de sa réserve quant à Masse qu'il avait pourtant reçu avec une cartouchière en bandoulière et un fusil à la main, connaissant l'humeur farceuse de son employé. Et il avait raison Golstein de se méfier du journaliste puisqu'il retrouve Masse avec sa femme dans le même plumard. A la masse il est. En représailles, il lui suggère de prendre des vacances et c'est comme ça que Masse se retrouve à Venise. Et que le début de ses aventures mouvementées commence.

Lors de sa première soirée il est abordé par Arsène de Loubiac, fils de notaire en rupture de ban, qui lui propose de lui faire visiter la ville et ses endroits pas forcément touristiques. Et son cicérone l'entraîne au Triana-Club, un endroit fréquenté par les joueurs de poker. Masse n'est pas contre et les voilà tous deux embarqués dans un canot pour rejoindre le tripot haut de gamme installé sur un yacht, toléré par la police mais supposé clandestin, tenu par le Grec. Personne n'y trouve à redire sauf un concurrent, un certain Saddley.

Masse se rend compte rapidement que ses deux adversaires au poker sont des tricheurs, mais le prouver est une autre paire de manche. Et bientôt son portefeuille est réduit à l'état de limande. Les esprits s'échauffent et Zelos, dit le Grec, invite le journaliste à se rendre dans son bureau afin de régler le contentieux. Il lui ouvre la porte et tandis que Masse s'engouffre dans la pièce plongée dans le noir, un coup de feu est tiré. Une réception pour le moins imprévue.

C'est le début des ennuis pour Masse qui n'en demandait pas autant. La tireuse véhémente se nomme Nora Cassidi et elle en veut au Grec, une vague histoire familiale. Naturellement elle s'était trompée de cible, cela arrive. Mais pour Masse qui pensait rentrer dans ses fonds, c'est le contraire qui se produit. Le Grec exerce une forme de chantage et Masse doit signer un chèque de dix fois supérieur à ce qu'il doit, chèque qui sera remis à la banque le surlendemain. Mais Masse est à sec.

S'ensuit une sorte de complicité entre Nora et lui et ils se rendent chez le père de la jeune fille. Cassidi, qui s'est remarié avec Clara, une femme nettement plus jeune que lui, est alité, malade. Entre dans la danse le fameux Saddley, concurrent du Grec, et Masse est obligé de composer avec lui. Le journaliste est tiraillé entre Nora, sa belle-mère Clara, Cassidi le malade, Saddley et ses sbires, le Grec et les siens. Un imbroglio auquel s'ajoute Térésa Leoni, jeune commissaire de police de Venise qui ne prend pas de gants pour mener ses interrogatoires mais plutôt une lampe à souder. Il paraît que c'est très efficace pour délier les langues.

 

Ce roman ne possède pas la gouaille qui fera la réputation de Michel Audiard, même si le narrateur est ironique, cynique et persifleur.

Dans cet opus Michel Audiard me fait penser à Brett Halliday par certains côtés et en même temps à Peter Cheney. Une intrigue tarabiscotée, noyée dans des relents d'alcool, avec un personnage un peu débordé par les événements et en même temps insolent, possédant une arme à feu, ce qui n'est pas courant pour un journaliste.

Concomitamment à la parution de ce roman est sorti en salles le film éponyme réalisé par André Hunebelle, sur un scénario et des dialogues de Michel Audiard. Avec dans les rôles principaux, Raymond Rouleau, Anne Vernon, Tilda Thamar, Monique Darbaud, Bernard Lajarrige, Jacques Dynam, John Kitzmiller...

 

A noter que la quatrième de couverture précise : Tout ce que le film ne peut montrer, vous le lirez dans Massacre en dentelles, un nouveau succès de Michel Audiard.

J'ai toujours couché avec tous les hommes qui se sont donnés la peine d'y arriver.

S'il fallait que les femmes s'occupent d'où vient l'argent qu'elles dépensent, les bijoutiers pourraient fermer boutique.

Michel AUDIARD : Massacre en dentelles.
Michel AUDIARD : Massacre en dentelles.

Michel AUDIARD : Massacre en dentelles. Collection Spécial Police N°26. Editions Fleuve Noir. Parution 1er trimestre 1952. 224 pages.

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