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26 mai 2017 5 26 /05 /mai /2017 04:51

Capri, c'est fini,
Et dire que c'était la ville
De mon premier amour...

Catherine RABIER : Les sirènes de Capri.

Pour un vieux sédentaire comme moi, la lecture est un moyen unique pour voyager en pantoufles et engranger des images magnifiques de régions admirables comme ces descriptions que nous propose Catherine Rabier dans ce court roman, régions que je ne visiterai jamais, de peur être déçu en étant sur place, n'en retrouvant ni le charme, ni l'élégance et la beauté.

Catherine, c'est également le nom de la narratrice quadragénaire qui est envoûtée, subjuguée, enivrée par les paysages qu'elle découvre à son arrivée sur l'île de Capri. Un séjour de dix jours qu'elle met à profit, dès son arrivée pour se rendre à pied à la Casa come me, la villa de Malaparte perchée sur un promontoire donnant sur la mer.

Au début de son séjour elle a fait la connaissance d'Adelchi, jeune éphèbe d'une vingtaine d'années qui ne la laisse pas indifférente, et réciproquement. Adelchi se présente comme un étudiant d'une université vénitienne, et actuellement il est en séminaire avec quelques condisciples sous la houlette du professeur Ermete, archéologue. Et il lui propose de l'emmener à la Casa come me, qui est fermée au public. L'entrée sera ouverte, pour elle, car les étudiants et le professeur y résident, étudiant l'architecture.

Elle refuse de se rendre à la villa par bateau, proposition honnête ou non d'Adelchi, préférant grimper à pied, malgré un genou douloureux. Elle est accueilli par son cicérone et peut visiter certaines des pièces de la demeure et admirer quelques sculptures. Elle est même invitée à déjeuner en compagnie du maître, Ermete, un homme intrigant, et ses étudiants à une tablée de douze. Elle est la seule femme et s'aperçoit que les assiettes et couverts représentent tous un signe du zodiaque.

Elle va alors vivre durant quelques jours une aventure entre rêve et réalité, dans ce décor enchanteur, situé non loin des Faraglioni, trois immenses rochers dans la mer, les bains de Tragara, le Rocher des Sirènes qui serait selon une légende les sirènes ayant essayé de détourner Ulysse mais n'ayant pas réussi se seraient transformées en rochers.

Une aventure périlleuse au cours de laquelle Catherine manque se noyer.

 

La Casa come me

La Casa come me

En lisant ce court roman, on ne peut s'empêcher de penser à Prosper Mérimée, à Alexandre Dumas, à Gérard de Nerval dont une phrase extraite de El Desdichado est placée en exergue, non pas pour l'histoire, mais par le romantisme qui s'en dégage, par la force d'évocation des personnages, par la forme narrative, par les descriptions du décor et par les références à la mythologie grecque ou indo-européenne avec Mithra Sol Invictus.

Sont évoqués Curzio Malaparte, écrivain, cinéaste, journaliste, correspondant de guerre et diplomate italien, et sa fameuse villa, Axel Munthe, médecin suédois qui vécu à Capri dans la villa San Michele, participant aux secours lors d'une épidémie de choléra à Naples en 1883, et à Raymond Guérin qui passa trois semaines dans la Casa come me et a rédigé Du côté de chez Malaparte en 1950.

Un texte rafraîchissant, sensible, charmant, fleuretant avec le fantastique, tout en émotions et en couleurs, un voyage onirique et romantique frisant la tragédie, placé entre hier et aujourd'hui.

Les Faraglioni

Les Faraglioni

Catherine RABIER : Les sirènes de Capri. Parution 17 avril 2017. 64 pages. En vente uniquement sur Amazone. Version papier (conseillée) 6,33€. Existe en version numérique.

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commentaires

Alex-Mot-à-Mots 29/05/2017 14:00

Marguerite Duras disait que l'on entendait toujours cette chanson quelque part.

Oncle Paul 29/05/2017 16:37

Une chanson qui a effectivement marqué son époque et qui reste LE succès d'Hervé Villard. Mais je ne connaissais pas cette anecdote

Angelilie 26/05/2017 15:48

toujours un plaisir de flâner sur vos pages. au plaisir de revenir. N"hésitez pas à visiter mon blog. lien sur pseudo. à bientôt.

Oncle Paul 26/05/2017 15:53

Bonjour
Je ne manque pas de visiter votre blog, car j'y suis abonné et Voyage onirique est un plaisir des yeux.
Merci et à bientôt

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  • : Bienvenue dans la petite encyclopédie de la littérature populaire. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !
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