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30 avril 2017 7 30 /04 /avril /2017 06:25

Pas pratique pour savoir si on est toujours la plus belle...

Ivan ZINBERG : Miroir obscur.

Journaliste indépendant, spécialisé dans les reportages croustillants sur la vie des personnalités en vue, Michael Singer veut changer, ce qui est une décision louable, d'optique et réaliser des reportages plus consistants, moins volages, en un mot plus sérieux.

C'est ainsi qu'il se rend chez une femme qui a connu l'enfer de la drogue et des bandes de marlous mais s'en est sorti grâce à sa force de caractère. Mère de deux gamins, Marbella Jones, une Noire élevée aux mamelles de la drogue et de la violence veut témoigner des difficultés qu'elle a rencontré au cours de son adolescence, comment elle a réussi à s'échapper des mailles du filet et à devenir nounou pour l'édification de la nouvelle génération.

Après avoir procédé à l'entretien qu'il a enregistré et qu'il en a programmé un autre afin d'affiner son reportage, il rentre chez lui où il a installé son bureau. Sa secrétaire et assistante, Alison Kostas, une ancienne policière qui a démissionné six mois auparavant après vingt ans de service au LAPD de Los Angeles, l'aide dans le montage des vidéos qu'il transmet ensuite à une chaine d'informations en ligne.

Deux policiers l'attendent chez lui afin de l'interroger sur un meurtre qui a été perpétré la nuit précédente à l'encontre d'un chirurgien-obstétricien en retraite. L'assassin a gravé sur le front du défunt le chiffre 1, mais si Michael Singer est impliqué dans cette affaire, c'est parce qu'une de ses cartes de visite a été déposée près du corps. Heureusement pour lui il possède un alibi et s'il est suspect aux yeux des policiers, il peut se justifier.

Peu après, il reçoit sur son téléphone une vidéo qui montre l'assassinat du toubib en direct. Comme il est toujours suspect malgré son alibi, Singer se décide à en découdre (!) avec ce meurtrier qui semble s'amuser avec lui. Et grâce à un propos tenu par le meurtrier, Singer et Alison Kostas vont remonter ce qui leur paraît être une piste fiable.

Mais d'autres crimes de sang sont perpétrés à quelques heures de distance. D'abord sur des sœurs jumelles qui connurent quelques années auparavant leur heure de gloire en posant dans des magazines dits spécialisés pour les hommes. Le procédé est quasi identique car les chiffres 2 et 3 ont été gravés. Une numérotation inquiétante. Et la carte de visite de Singer est retrouvée sur place.

Madden et Gomez, les deux policiers dont on a suivi les précédentes enquêtes, viennent en complément des premiers, et d'autres sont désignés en renfort, car l'affaire devient sérieuse. Et Singer lui profite de l'aubaine pour se constituer un confortable matelas de dollars car il revend à la chaine d'informations les éléments dont il dispose ainsi que les vidéos, n'informant les policiers qu'ensuite.

Il dispose d'un excellent avocat qui le conseille afin de lui préserver les arrières vis-à-vis des possibles retombées policières et judiciaires car il déroge à l'éthique voulant qu'il prévienne d'abord les deux institutions. Et il est aidé dans ses recherches par Alison Kostas qui se montre une auxiliaire efficace et par un jeune surdoué en informatique qui brise allègrement les verrous mis en place par les administrations pour recueillir des éléments précieux dans l'enquête de Singer. Mais tout ceci ne va-t-il pas se retourner contre eux, coincés qu'ils sont entre les mâchoires des policiers et du tueur ?

 

Ivan Zinberg nous entraîne dans une enquête, avec pour décors la ville de Los Angeles laquelle s'étend sur des dizaines de kilomètres, enquête qui s'échelonne sur quelques jours et prend son origine, vingt ans auparavant, d'après les déductions de Singer et compagnie. Ce qui amène le journaliste à faire ressurgir des événements qui ont marqué de nombreuses personnes mais n'en ont guère affectés d'autres manquant de sensibilité et de remords.

Si l'on suit avec intérêt Singer dans ses démêlés, on ne peut apprécier sa façon de procéder, engrangeant l'argent en vendant chèrement ses reportages à un média qui joue sur le sensationnel et y trouve son compte, le nombre de visiteurs augmentant de manière exponentielle, entraînant dans leur sillage des recettes publicitaires et une notoriété non négligeable. Et naturellement ce sont les pratiques de ces médias en ligne et des magazines spécialisés dans le sensationnel, ainsi que leurs visiteurs et lecteurs qui sont dans le viseur de l'auteur.

Ivan Zinberg nous propose parfois trois visions plus ou moins différentes ou complémentaires, ce qui donne un sentiment de répétition, en suivant l'enquête de l'extérieur par Singer, par les commentaires du média auquel il revend ses reportages, mais aussi via le journal du tueur.

Souvent l'auteur d'un roman affirme qu'il se laisse guider par ses personnages. Dans ce cas précis, je pense qu'Ivan Zinberg savait très bien où il voulait aller, connaissait l'épilogue et a construit son intrigue d'après les révélations finales qui ne manquent pas de subtilités et de rebondissements.

Outre Singer et Alison Kostas qui peu à peu prennent de l'importance dans le récit, il ne faut pas négliger non plus le rôle de Léon Nash, l'informaticien qui travaille la nuit, use et abuse des pétards, sent le négligé ne sortant quasiment jamais de chez lui et professant une dévotion aux rastas. Et c'est lui qui me souffle le mot de la fin, s'inspirant de Bob Marley qu'il vénère :

La grandeur d'un homme se mesure à son intégrité.

Mais apparemment ni Singer et compères n'ont compris ce message, et l'on peut étendre cette incompréhension, ou ce je-m'en-foutisme, à bien d'autres catégories professionnelles ou politiques.

 

Pour conclure, un roman à l'intrigue fouillée, prenante, au rythme rapide malgré les répétitions évoquées ci-dessus mais nécessaires, qui accroche le lecteur, aux multiples rebondissements, qui ne laisse pas sur sa faim même si la fin est plus ou moins ouverte.

 

Ivan ZINBERG : Miroir obscur. Collection Thriller. Editions Critic. Parution le 20 avril 2017. 374 pages. 20,00€.

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commentaires

PIERRE FAVEROLLE 06/05/2017 11:24

bof bof bof. Amitiés

Oncle Paul 06/05/2017 16:00

J'ai bien aimé, mais à chacun ses goûts...

Alex-Mot-à-Mots 02/05/2017 13:15

Des répétitions nécessaires ? Vraiment !

Oncle Paul 02/05/2017 13:58

Oui, comme cela provient de points de vue différents, l'approche n'est pas la même.

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