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7 février 2017 2 07 /02 /février /2017 06:53

Des uchronies royales !

Pierre BAMEUL : Un portrait.

Né le 10 novembre 1940 à Barneville-sur-mer dans la Manche, Pierre Bameul, dont c'est le véritable patronyme, est issu d'une vieille famille du Cotentin du côté maternel, et d'une famille paternelle également normande mais avec des apports britanniques et anglo-normands proches (Guernesey) ainsi que flamands plus anciens.

Sa prime enfance reste imprégnée des souvenirs du Débarquement américain, auquel il a assisté aux "premières loges". Un événement qui a suscité sa passion pour l'histoire et la culture américaine, notamment la science-fiction. Après la Libération, il est parti vivre à Argenteuil, dans le Val-d'Oise, où son père, rentré de guerre, a repris son emploi à la SNCF.

En 1950, c'est le retour de la petite famille, Pierre Bameul est enfant unique, à Cherbourg où il a passé son adolescence. Il débute comme apprenti puis ouvrier ajusteur à l'Arsenal maritime de Cherbourg avant de partir combattre en Algérie comme sous-officier dans l'Armée de Terre. Rentré au pays après la "chute" de l'Algérie française, il travaille dans l'électronique à la CIT de Cherbourg puis dans la société Dormeuil dans la même ville. Il se marie en 1964, à Cherbourg, avec une femme à moitié... américaine.

En 1970 départ pour Bordeaux avec sa femme et son fils. Une entreprise de confection aquitaine lui offrant un meilleur emploi mais c'est le dépôt de bilan et Pierre Bameul se retrouve chômeur. Il profite de cette période pour écrire de la SF et prend des cours de recyclage en comptabilité. Après divers petits boulots, éphémères, il entre à FR3 Aquitaine en 1979 d'abord comme économe, puis une fois intégré; comme secrétaire de rédaction et y termine sa carrière. Son fils Franck, né en 1965 à Cherbourg, est médecin-parasitologiste à Bordeaux, et sa fille Flora est née à Bordeaux en 1984.

Depuis la naissance de sa fille, Pierre Bameul a dû laisser l'écriture par manque de temps, pris par des horaires difficiles à FR3 qui l'amènent à travailler tard le soir ainsi que durant les week-ends, une longue étude de l'anglais et un militantisme royaliste accaparant. Pourtant il a des projets. Un roman sur la Guerre d'Algérie; Une histoire des mouvements royalistes français à la fin du XXe siècle. Il est également passionné par l'histoire, en particulier l'histoire de l'Antiquité ainsi que l'histoire française des deux derniers siècles. Ce qui constitue une des raisons de ses opinions royalistes. Autre conséquence, dans le domaine de la SF, son thème préféré est l'Uchronie. Par ce biais, écrit-il, on peut toujours lire ou écrire l'Histoire telle qu'elle aurait pu évoluer si... Puisqu'avec des si l'on récrirait l'Histoire...

 

Grand lecteur éclectique, Pierre Bameul est capable de lire plusieurs livres à la fois et alterne science-fiction, polar, roman médical, aventures exotiques, "œuvre intello", roman historique, roman d'espionnage... Rien qu'en SF, son domaine de prédilection, il pense avoir lu environ deux mille cinq cents ouvrages, essentiellement d'auteurs américains. Mais il est quelque peu saturé de tout cela et en particularité des fictions romanesques. Il lit surtout des livres d'histoires et des mémoires et biographies de personnages historiques, tant généraux que simples soldats.

 

A ma question, Pourquoi avez-vous éprouvé le besoin d'écrire et surtout de la littérature populaire, il m'a répondu :

Cela appelle plusieurs réponses.

A) J'ai commencé à lire vers quatre ans. J'ai su déchiffrer d'abord Achtung Minnen ! sur les pancartes allemandes (c'était très utile), puis je lisais facilement les textes des affiches - première littérature populaire - dès que j'eus acquis les principes alphabétiques et syllabiques que m'apprirent, sur le tas, les adultes de mon entourage. Le virus de la lecture m'avait atteint et avait accaparé mon imaginaire. Après la guerre, quand je venais en vacances à Cherbourg, mon grand-père maternel m'emmenait souvent chez deux vieilles institutrices qui possédaient une énorme bibliothèque garnie de livres édités au XIXe et début du XXe siècle. Ce fut pour moi une source extraordinaire de découvertes historiques. En outre, j'avais toujours en mémoire le formidable déploiement de forces de l'armée américaine et ses moyens qui paraissaient si extraordinaires aux yeux des Normands réduits à la misère par l'Occupation. Pour l'enfant-témoin que j'avais été, les Américains me faisaient l'effet d'Extraterrestres. Ils avaient déjà engendré mon goût pour la science-fiction.

B) Les réalités de la vie dans une famille aux modestes ressources m'entraînèrent à travailler jeune; aussi trouvais-je dans la lecture cette évasion intellectuelle qui me permettait de tenir le coup dans l'engrenage de l'esclavage salarié. Subterfuge aujourd'hui remplacé par la télévision, dans les couches populaires soumises aux mêmes conditions. De lire à écrire, il n'y avait qu'un pas à franchir. Néanmoins je considérais la lecture romanesque d'évasion comme une quasi-schizophrénie, et ce n'est qu'après avoir rencontré à Bordeaux Francis Carsac, dont j'avais lu les ouvrages de SF, que cela m'incité à écrire à mon tour des romans de SF.

C) J'ai opté pour la littérature populaire, parce que les réalités du monde du travail, de la guerre, de la famille, des études, de la vie et de la mort, font que je n'adhère pas aux rêveries des 'intellos" qui croient pouvoir refaire le monde par le biais d'ouvrages proposant aux lecteurs des superbes pensées-modèles inapplicables à ce qui fait le tempérament et l'essence même des humains. J'ai donc préféré les romans populaires sans prétention, qui permettent de rêver, certes, mais en faisant nettement le distinguo entre l'imaginaire et le réel. D'agréables évasion, souvent satiriques, du quotidien.

Certains ont trouvé antinomiques mon goût de la SF et mes idées royalistes. Il n'y a pourtant là aucune contradiction : mon royalisme résulte de l'étude raisonnée de la pérennité des sociétés humaines, tandis que mon goût pour la SF provient de la curiosité qui pousse l'humanité à chercher toujours plus loin.

 

Dans le numéro N°322 de Fiction d'octobre 1981, Francis Valéry et Jean-Daniel Brèque écrivaient :

Lorsqu'on rencontre Pierre Bameul et qu'on discute un peu avec lui, on est tantôt irrité, tantôt charmé, par les propos qu'il tient et par son attitude joviale et tranquille... Nous avons dit que Pierre Bameul était irritant. Nous le maintenons. On ne l'a jamais entendu dire du mal de quelqu'un. A la longue, c'est fatiguant... On ne compte plus ses changements d'adresse, de métier, ses manuscrits tour à tour refusés, acceptés sous réserve, re-refusés, etc. Car Pierre Bameul a un grave, mais alors vraiment très grave défaut : il ne sait pas faire court. Il trouve une bonne idée, et vlan, trois mois après, il vous fait lire un manuscrit de 1 000 pages. Et quand vous lui dites, tu sais, les éditeurs ne publient pas de si gros trucs, faudrait couper un peu, il revient deux mois après en disant : J'ai trouvé, j'ai récrit en coupant un peu et puis en arrangeant un peu, ça fera trois tomes de 400 pages chacun !

 

De nos jours, cette propension à fournir des manuscrits si touffus ne serait pas rédhibitoire. Au contraire. Mais la roue a tourné.

 

Article rédigé grâce à une correspondance personnelle avec l'auteur en septembre 1998.

 

Bibliographie :

Romans

Je paye donc je suis. Galaxie N° 151 & 152. Janvier et février 1977. Editions OPTA.

Écrit dans le passé, Fiction N° 292 & 293. Juillet/Août et Septembre 1978.OPTA.

Par le Royaume d'Osiris, Nouvelles éditions OPTA, 1981

L'Ère du Vent, Éditions ARMADA, 2011

 

Série Pour nourrir le Soleil

La Saga d'Arne Marsson, Fleuve noir, 1986

Le Choix des Destins, Fleuve noir, 1986.

Réédition en numérique de ces deux romans regroupés sous le titre Pour nourrir le Soleil, Editions L'Ivre-Book, 2017.

 

Nouvelles

Les Vieux au Poteau !, 1975 Prix de la meilleure nouvelle de SF française au Congrès de la SF française d'Angoulême en 1975. Revue Galaxie N°137. Editions OPTA. Octobre 1975.

Copyright Editions Azerty. Revue Galaxie N° 144. OPTA. Mai 1976

Le cavalier antique, FR3 Bordeaux. 1977 nouvelle radiophonique.

l'Echelle Mobile, Anthologie Des Métiers d'avenir. Editions Ponte Mirone. 1979

L'Ultime Bastion, Espaces Libres n° 4, Association amiénoise de science-fiction, juillet 1979.

Les Redresseurs de torts, Opzone N°7. Avril 1980

Mobilis in Mobili, Anthologie Mouvance IV. 1980. Réédition 2013

Héroïne fantaisie, Anthologie Les jeux de l'humour et du bizarre. Avril 1983.

La Rosée du Veld, Anthologie Les Passagers du vent. Octobre 1986

Pour une larme du Soleil, Anthologie Compagnie des Glaces. Fusée N°24. Rivière Blanche. Décembre 2012

Conte du Guerrier chétif, Galaxie Nouvelle série 22/64 mars 2013

Les Bienheureux des Pieux, Anthologie Dimension Sidération. Fusée 43. Rivière Blanche 2016

Montre-nous ton pouvoir, 2016. Édition numérique.

 

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Published by Oncle Paul - dans Entretiens-Portraits
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