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15 janvier 2017 7 15 /01 /janvier /2017 07:06

Au programme vaudou et musique cajun...

Sacha ERBEL : L'emprise des sens.

Animée par un besoin de changement, la belle Talia prend l'avion pour La Nouvelle-Orléans, vers des vacances de rêve pense-t-elle.

Lors du vol, elle est même surclassée et se retrouve en première. Elle est sous l'emprise d'un cauchemar issu de la lecture d'Autant en emporte le vent, mais les images sont détournées, violentes, putrides. Ce n'est pas la première fois qu'elle est ainsi sujette à de telles images. Le steward est charmant et comble du bonheur elle est invitée dans la cabine de pilotage. Son charme naturel agit sur le pilote qui lui offre un sourire avec de nombreux sous-entendus.

En sortant de l'aéroport afin d'héler un taxi, elle aperçoit une femme qui pointe le doigt vers elle, semblant la désigner. Un camion passe, Talia craint l'accident, mais lorsque la voie est dégagée, et qu'elle peut traverser pour rejoindre le trottoir d'en face, l'inconnue s'est évaporée.

Talia réside dans une petite maison d'hôtes charmante, de style colonial, mais elle veut visiter la ville. Elle se promène dans le quartier français puis au détour d'une rue elle aperçoit l'enseigne, sur laquelle est inscrit Baron's shop, d'une boutique consacrée à la vente de souvenirs vaudous. Elle entre et tandis qu'elle examine les divers objets qui s'y trouvent, bijoux anciens, amulettes, statuettes, elle est interpellée par une femme à la peau d'ébène, vêtue d'une tunique aux couleurs chatoyantes. Talia discute aimablement avec Azaïa jusqu'au moment où la boutiquière lui affirme qu'elle possède un lien ancestral avec la religion vaudou. Talia est interloquée surtout lorsque la femme lui déclare que dans ses veines coule sang d'une prêtresse.

Cédric, le pilote, lui donne rendez-vous dans un bar branché en début de soirée, et Talia en est tout émoustillée. Mais cette rencontre s'avère assez décevante aussi elle rentre dans sa chambre où, une fois encore elle est en proie à un cauchemar sanglant. Elle distingue une main tenant un couteau, des éclaboussures de sang, une pierre sur laquelle est inscrit un nom : Marie Laveau. Lorsqu'elle se réveille et se regarde dans le miroir, elle s'aperçoit que son visage est en sang.

Alors qu'elle se promène dans le cimetière Saint-Louis, lieu fréquenté par les touristes, Talia distingue un attroupement. Un cadavre, en position assise, nu, les bras le long du corps, la figure maquillée de façon ridicule, plus quelques blessures sur le torse, adossé à une tombe sur laquelle le nom de Marie Laveau est gravé. Les policiers sont sur place. Louis Lafontaine en compagnie du médecin légiste, Basil Pembroke, procèdent aux premières constatations morbides. Les organes génitaux de la victime lui ont été enfoncés dans la gorge.

Le mort n'est autre que Cédric, le pilote. Le rêve, ou plutôt le cauchemar de Talia est effacé comme il est coutume de dire. Commence alors une histoire dans laquelle Talia devient l'héroïne, mais une héroïne malgré elle. Elle fait partie prenante de cette enquête, ne pouvant se résoudre à en être une spectatrice. Car la magie vaudou, bénéfique ou maléfique est partout présente. D'autres victimes sont à dénombrer, torturées selon le même processus. Et cela ressemble furieusement à d'autres meurtres perpétrés douze ans auparavant, alors que Louis Lafontaine et Basil Pembroke étaient en place à Bâton-Rouge. Comme si le sort les rejoignaient. Mais cette fois, c'étaient des femmes qui s'érigeaient en victimes.

En incrustation le lecteur suit le parcours d'un nommé James, rejeté dès sa naissance par sa mère. Elle le maltraite, le bat, mais lui n'est qu'adoration envers sa génitrice. Jusqu'au jour où les événements se précipitant, il décide de franchir la barrière.

 

Ne vous y trompez pas, si l'identité du meurtrier y est partiellement dévoilé, il ne s'agit que d'une manipulation démoniaque de la part de l'auteur.

La description de la Nouvelle-Orléans, l'évocation du jazz et de la musique cajun sont des éléments indispensables mais pas primordiaux et donc n'alourdissent pas le récit. De même la pratique du vaudou est décrite mais sans plus. L'auteur s'attache plus aux personnages qui gravitent dans cette histoire aux multiples rebondissements.

Parfois puéril et naïf au départ, le personnage de Talia prend peu à peu de l'épaisseur, de la consistance, ses cauchemars récurrents la tenaillant. Elle devient le personnage clé d'une enquête à laquelle elle est intimement liée. Ses traumatismes ressurgissent, mais elle n'est pas la seule à être sous l'emprise du Baron samedi. La peur devient envoûtante, et s'imprègne insidieusement dans l'esprit du lecteur. Le final est bien amené et est prometteur malgré un début guère convaincant.

 

Sacha ERBEL : L'emprise des sens. Editions La Liseuse. Parution 14 novembre 2016. 246 pages. 17,99€ version papier. 2,99€ version Kindle.

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