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4 janvier 2017 3 04 /01 /janvier /2017 06:07

Edgar Allan a-t-il eu du Poe ?

Revue Le Rocambole N°77 : Retours sur Edgar Poe.

Considéré comme le précurseur du roman policier, Edgar Poe n'a vécu que quarante ans, et il est mort dans des conditions qui n'ont toujours pas été éclaircies.

En effet retrouvé inanimé dans une rue de Baltimore le 3 octobre 1849, il est décédé sans avoir repris connaissance le 7 octobre le même année.

Il avait à son actif un roman, soixante-douze nouvelles, de très nombreux poèmes, sans compter les essais et critiques littéraires, des articles divers et une correspondance abondante. Mais ce dossier consacré à Edgar Poe ne se veut pas, comme le souligne Daniel Compère dans son article-introduction, Retours sur Edgar Poe, une présentation générale de l'œuvre de cet écrivain et surtout nouvelliste qui aura touché à toutes les formes de la littérature populaire. Aujourd'hui considéré comme un écrivain classique il n'aura jamais obtenu le statut de Populaire malgré son souhait.

Car, et toujours selon Daniel Compère, Par bien des points il (Edgar Poe) est proche des romanciers populaires. D'abord, il s'éloigne de la conception de son époque pour qui la littérature est encore une pratique élitiste, un passe-temps : il est un mercenaire de l'écriture et cherche à en vivre.

On pourrait émettre éventuellement une comparaison avec notre époque, car les romanciers jugés populaires, gros vendeurs, ne sont pas toujours considérés comme de véritables écrivains. La renommée devenant suspecte, alors que bon nombre d'auteurs aimeraient profiter de cet engouement pour vivre décemment de leur plume. Mais ceci est un autre sujet.

Le dossier Edgar Poe aborde donc des aspects moins connus, voire méconnus de l'œuvre d'Edgar Poe, et vise à explorer des points inédits. Ou à les compléter, tel l'article de François Rahier, chroniqueur littéraire et auteur de science-fiction, qui amène des éléments nouveaux sur L'étonnante aventure de L'assassinat de la rue Saint-Roch d'Alexandre Dumas. Et il met en parallèle les adaptations théâtrales et autres de romans, ou inversement, qui ont pu être effectuées, entre Dumas, Fenimore Cooper, ainsi qu'il évoque les nombreuses recherches ou découvertes liées au hasard, concernant des manuscrits, entamés parfois par Dumas mais pas terminés pour diverses raisons. Affabulation, pastiche, ou autre, toutes les hypothèses sont recevables. D'autant que de nombreux mystères entourent encore l'œuvre de Dumas, et Claude Schopp, le spécialiste dumassien, maître incontesté en la matière affirme que Dumas aurait narré sa rencontre avec Poe dans ses Mémoires, si tel avait été le cas. Mais il arrive aussi parfois à Claude Schopp de se tromper, par exemple lorsqu'il a attribué à Dumas Le roman de Violette, avec une longue préface à la clé, édité au Mercure de France en mars 1992. Or il s'avère que ce roman sulfureux a été écrit par la Marquise de Mannoury d'Ectot, identité déjà avancée mais non retenue par Claude Schopp.

Thierry Chevrier revient sur la période au cours de laquelle Edgar Poe et Mayne Reid [furent] complices à Philadelphie en 1843. Il insère un document dans lequel Mayne Reid remet les pendules à l'heure concernant les accusations injustes dont fut victime Poe, sans pourtant le porter au pinacle et tout en restant impartial : Je réponds à cette demande avec la ferveur que chacun mettrait à secourir la mémoire d'un homme soumise à la dégradante emprise de la calomnie. Loin de moi pour autant l'idée d'ériger Poe en parangon de la vertu, ni en modèle de l'homme parfait. Je souhaite simplement qu'on lui rende justice.

Pourquoi ces calomnies ? Tout simplement peut-être à cause de la jalousie de la part d'un journaliste qui lança des rumeurs reprises à bon compte par des personnes ne vérifiant pas les informations, entachant l'honorabilité d'Edgar Poe, système qui perdure encore.

Dans son article Edgar Poe et le récit policier, Daniel Compère place dans leur contexte historique et littéraire les nouvelles dites policières, et précise que l'affirmation selon laquelle Edgar Poe serait l'inventeur du roman policier ne serait ni fausse ni exacte, et il développe ses argumentations.

Jacques Baudou, célèbre pour les diverses anthologies et les nombreux essais qu'il a écrits sur Le vrai visage du Masque, Les métamorphoses de la Chouette, Les nombreuses vies de Maigret, de Miss Marple, sur les séries télévisées, développe dans un court article les Dernières survies d'Edgar Allan Poe, recensant les quelques romans mettant en scène ce poète et nouvelliste.

D'autres articles complètent ce dossier dont Cristallisation médiatique du récit criminel au XIXe siècle par Jean-Luc Buard, revenant sur les précurseurs puis les continuateurs de ce qui était dénommé à l'époque le roman criminel.

Hors dossier Edgar Poe, ce nouveau numéro du Rocambole nous propose les Varias et Chroniques habituels, soit la Revue des autographes par Jean-Pierre Galvan, Images de la femme chez le capitaine Danrit, militaire et écrivain qui a eu les honneurs du Rocambole N°74 intitulé Les guerres du Capitaine Danrit. Un article signé Marie Palewska.

Dans Les mines du Second rayon, Jérôme Serme de la Librairie Mompracem ( https://www.le-rayon-populaire.com/ ) analyse un roman peu connu d'un auteur tout aussi mystérieux : L'énigme de la rue Cassini de Georges Dombre. Peut-on apparenter Georges Dombre à un autre romancier, plus connu celui-là, Roger Dombre un pseudonyme derrière lequel se cachait Marguerite Sisson (1859 - 1914) ?

Enfin, pour la bonne bouche, deux nouvelles sur lesquelles je me suis précipité, comme à chaque numéro du Rocambole :

La Fouine de Marie Aycard (1794 - 1859), qui malgré son prénom féminin était un homme (mais ceci était fréquent à une certaine période. Le célèbre amiral de Tourville par exemple se prénommait Anne-Hilarion !). Une nouvelle qui date de 1841.

Calibre 7 par E.-A. Spoll, nom de plume d'Edouard-Auguste Leprieur-Accoyer (1833 - 1913 ?). Cette nouvelle a été publiée en 1886.

Ces deux charmantes nouvelles, qui n'ont guère subi les effets de l'âge, sont agréablement présentées par Jean-Luc Buard, essayiste, collectionneur, collaborateur de nombreuses publications, bibliographe, spécialiste de la littérature conjecturale liée aux arbres anthropophages (et pas seulement la fiction!), membre de l'Association des Amis du Roman Populaire... Chercheur infatigable et érudit, il puise dans les fonds des journaux, revues,... souvent négligés.

On lui doit la (re)découverte de nombreux textes dont certains qu'on croyait mythiques comme Le Gorilloïde et autres contes de l'avenir d'Edmond Haraucourt publié dans la Collection “Périodica” n° 20 aux Editions “Apex” en 2001 (tirage limité à 250 exemplaires) et il alimente régulièrement la rubrique "Les Contes du Rocambole". Informations empruntées au site :

http://lespeuplesdusoleil.hautetfort.com/).

 

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