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7 janvier 2017 6 07 /01 /janvier /2017 06:51

Par le grand Manitou, y'a des indiens partout

si on montre son nez on va se faire scalper!

Marc VILLARD : Hound Dog a fait un rêve.

Il fut un temps, aux XVIIIe et XIXe siècles, les Indiens d'Amérique, communément appelés aujourd'hui Amérindiens, vivaient librement sur leurs territoires. La pêche, la chasse, la mégisserie et le troc des peaux plus quelques activités annexes constituaient leur principale ressource. Puis débarquèrent les migrants qui s'installèrent peu à peu, au début en bon voisinage, et tout a dégénéré par la suite, mais ce n'est pas le propos du roman, donc nous ne reviendrons pas sur ce problème de coexistence guère pacifique.

Hound Dog est un jeune guerrier de la tribu des Ojibwa, mais déjà en lui il porte une haine des étrangers. Envers sa belle-mère par exemple qui est d'origine Cri. Mais pour l'heure il est en compagnie d'autres valeureux guerriers à contempler quatre Blancs, trois hommes et une femme, qui viennent de se perdre sur le territoire Ojibwa. Ils souillent la terre sacrée, du moins c'est ce que pense Hound Dog. Les intrus sont guidés par un pisteur métis qui leur fait disposer les chariots et installer les chevaux.

A la nuit tombée, c'est l'assaut et Hound Dog se voit proposer de porter le coup fatal à la jeune femme d'une vingtaine d'années. Le jeune Ojibwa refuse et soigne sommairement la cuisse transpercée de Maggie Campbell. Au début Maggie est la risée des femmes du campement Ojibwa, à cause de ses dessous en dentelles notamment, mais elle s'intègre, en cousant les peaux et cultivant le riz (c'est Marc Villard qui l'affirme). Mais Maggie s'intègre en apprenant peu à peu le langage Ojibwé et en participant aux divers travaux de la tribu.

Hound Dog est occupé par la pêche et il construit son canoë mais il lui manque quelque chose. Pour être un véritable guerrier il doit accomplir un acte initiatique. Pour être accepter en tant que tel il doit avoir un rêve qu'il doit narrer par la suite au chef de la tribu. Un rêve merveilleux, une expérience unique qui vont s'incruster dans sa tête tandis qu'il va souffrir au cours d'un long périple effectué dans la montagne, en plein hiver.

Maggie-la-folle ainsi surnommée par le chef à cause de sa chevelure rousse qu'Hound Dog a refusé de scalper, ressent envers le jeune guerrier, et c'est réciproque, un sentiment amoureux et pour le lui démontrer elle brode un sac en perles, cadeau qu'elle lui destine en cachette. Seulement cette vie idyllique ne peut durer.

 

Août 2001. D'origine indienne, et donc n'étant pas sujet au vertige, John Moon, d'origine ojibwé est laveur de carreaux suspendu le long des façades des gratte-ciels new-yorkais. Un de ses collègues lui propose de participer au casse d'une bijouterie, comme guetteur. Un peu d'argent frais ne peut faire de mal dans une vie terne, pense John Moon.

Seulement le braquage de la bijouterie tourne mal et John Moon est accusé à tort de la mort du propriétaire de l'échoppe. Une seule solution existe afin de payer l'avocate qui doit le défendre. La sœur de John Moon se résigne à se séparer du sac brodé de perles qui est détenu dans leur famille depuis de longues décennies.

Marc VILLARD : Hound Dog a fait un rêve.

Avec cette sensibilité qui le caractérise, son attachement à l'Amérique et aux êtres humains défavorisés, Marc Villard nous offre une double plongée dans un texte court mais puissant.

Loin des clichés cinématographiques, la vie des Indiens d'Amérique est reconstituée à travers le prisme d'une tribu dont le territoire comprenait le Sud du Canada, le Michigan, le Dakota et une partie du Wisconsin, dans la région des Grands Lacs. Mais les Ojibwés ressemblent à tous les êtres humains, en ce sens qu'ils ne partagent pas et au contraire rejettent les étrangers sauf lorsque des enjeux commerciaux sont en jeu. C'est ainsi qu'ils combattirent les Sioux, les obligeant à refluer vers le Haut-Mississipi, grâce aux armes nouvelles, des fusils, qu'ils troquaient auprès des migrants Blancs, principalement des commerçants Français.

Marc Villard décrit leur quotidien et les amours entre un Indien et une Blanche, ce qui pourrait être un signe de rapprochement des peuples. Mais les divergences, les conflits, les rivalités entre clans, entre races, seront toujours un frein à l'entente supposée cordiale. Et la réconciliation, l'amalgame, le métissage seront toujours à l'ordre du jour mais l'on sait que les métis sont méprisés par les deux représentants des peuples originaires.

 

Cet ouvrage s'inscrit dans un partenariat entre les éditions Invenit, studio de design graphique au service du culturel à sa création en 1991, et dont l'édition est un prolongement naturel depuis 2008, et le Musée des Confluences, qui est un musée d'histoire naturelle, d'anthropologie, des sociétés, et des civilisations, de Lyon en Auvergne-Rhône-Alpes et est l'héritier du Musée d'histoire naturelle Guimet de Lyon.

Dans cette collection Récits d'Objets, on retrouve la plume notamment de Régine Detambel et de Jean-Bernard Pouy.

Marc VILLARD : Hound Dog a fait un rêve. Collection Récits d'Objets. Edition Invenit en partenariat du Musée des confluences. Parution 12 septembre 2016. 80 pages. 12,00€.

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commentaires

Catherine Bondier 22/01/2017 17:06

Lu. Cette nouvelle qui m'a plu, méritait d'être étoffée. Trop court. Vraiment trop court. Pour le prix dont je parlais précédemment, je dois dire que ce petit livre n'a rien à voir avec un livre de pouche. Belle couverture avec des photos qui m'ont beaucoup plues, beau papier de qualité, graphisme de qualité. Ce n'est pas un livre de collection, mais c'est un bel objet.

Oncle Paul 22/01/2017 17:55

Tout à fait d'accord avec vous. Il s'agit d'un bel objet et Marc Villard sait capter son lecteur. Mais le format et la pagination sont peut-être imposés par l'éditeur... Il faudrait pouvoir examiner les autres titres de la collection.

Yv 12/01/2017 16:49

Salut Paul
Un beau livre qui comme toujours chez Marc Villard parle des petites gens admirablement
Amicalement,

Oncle Paul 13/01/2017 18:16

Bonjour YV
Des petites gens et souvent des marginaux, ou ceux qui sont considérés comme tels. Un roman court mais puissant
Amicalement

catherine Bondier 07/01/2017 11:50

Je ne voudrais pas paraître rapia, mais, 12€ pour 80 pages, c'est pas un peu abusé ? Par contre votre description fait envie

catherine Bondier 07/01/2017 15:54

Merci pour le petit homage à Carlos ;)

Oncle Paul 07/01/2017 14:52

Il est vrai, je le pense aussi, mais c'est l'éditeur qui décide...

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