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21 octobre 2016 5 21 /10 /octobre /2016 08:41

Ne vous endormez pas à l'ombre d'un menhir, vous risquez de ne pas vous réveiller...

Jean-Marc LIGNY : La roche au démon.

Tel ce brave homme qui gît au pied de cette masse pierreuse dressée comme un doigt vengeur dans le site mégalithique du Tréhorenteuc en forêt de Brocéliande à une quarantaine de kilomètres de Rennes.

Sauf que les deux jeunes amoureux qui le découvrent se rendent compte immédiatement qu'il ne se réveillera plus jamais. L'homme est nu, écorché, ensanglanté. Il est attaché au menhir, les mains liées dans le dos, lardé d'une vingtaine de coups de couteau. Il est énucléé, émasculé, et tatoué au couteau d'un triskell avec reposant sur le symbole une plume noire.

Le capitaine Erwann Le Tallec et sa coéquipière la lieutenant Marie Prigent, du SRPJ de Rennes, sont dépêchés sur place, ainsi que les hommes de la scientifique menés par Dubreuil. Entre Le Tallec et Dubreuil le courant est alternatif, dans un sens acrimonieux, dans l'autre acerbe. C'est que Dubreuil brigue la place de Le Fur, le responsable de Le Tallec. Mais après tout ce sont leurs affaires, intéressons-nous plutôt à cette affaire qui sera suivie d'autres cadavres, tous trouvés dans des endroits similaires, et dont la procédure pour les occire est sensiblement la même ainsi que la mise en scène.

Ce genre d'actualité attire les journalistes comme un étron frais les mouches. Particulièrement Xavier Bonnard, reporter à Ouest-France, qui est toujours sur les bons coups, et s'incruste dans l'enquête comme une Ixodida sous la peau fragile d'un promeneur en forêt. Xavier exerce le chantage auprès des enquêteurs, lesquels se trouvent obligés de lui fournir du grain à moudre sous peine d'être la risée du rédacteur auprès des lecteurs affamés d'articles piquants.

La première chose à faire est bien évidemment de découvrir l'identité de ce cadavre. Ce qui ne pose aucun problème grâce aux empreintes digitales et dentaires. Il s'agit de Philippe Germont, quadragénaire marié, et directeur d'un réseau local d'agences immobilières. Sa femme est prévenue et convoquée afin de reconnaître le corps. Des fois que ce serait pas le bon. Il ne faut pas donner de fausses joies inutilement. Quant au meurtrier, rien ou presque. Juste qu'il chausse du 42, ce qui est la taille standard ou presque d'une grande majorité de citoyens adultes.

D'après madame Germont, dont les déclarations restent dans le ton, rien n'entachait leurs relations conjugales. Pas de sorties inopinées de la part de son mari. Il s'était rendu à Tréhorenteuc afin de faire visiter à d'éventuels acheteurs un bien immobilier. Et il devait rentrer plus tard que d'habitude car un repas clôturait cette négociation. Sauf que, en interrogeant les futurs propriétaires, ce repas n'avait pas eu lieu, pour la bonne raison que ce n'était pas prévu dans l'emploi du temps. Germont aurait-il découché ? Aurait-il eu une liaison cachée ? On ne sait jamais, d'autant que, en fouillant dans l'ordinateur du défunt, des fichiers révèlent qu'il professait à l'encontre de jeunes filles brunes aux petits seins une forme de culte.

Peu à peu, quelques autres cadavres disséminés plus tard, toujours dans des lieux symboliques celtes, il se dégage aux yeux d'Erwann Le Tallec et de sa coéquipière comme un lien qui relierait toutes ces victimes. Et ce lien prendrait son origine dans le passé.

 

 

Plus spécialisé dans l'écriture de romans de science-fiction, Jean-Marc Ligny nous offre un roman policier de facture classique, une enquête à rebrousse-poil, qui pourrait offrir une trame fantastique avec les évocations de Merlin, Morgane et même Morrigane. Mais elle est menée par des personnages dont les liens donnent toute la saveur à l'intrigue.

Les dissensions entre Le Tallec et Dubreuil par exemple, les piques entre Le Tallec et Marie Prigent, qui lesbienne, n'a qu'une hâte, retrouver son amie navigatrice. Et les démarches de Marie pour jeter Le Tallec, célibataire convaincu, dans les bras d'une stagiaire un peu boulotte, timide et rougissante, mais qui ne manque pas de charme. Enfin l'omniprésence de Xavier Bonnard toujours là ù personne ne l'attend et joue entre les jambes des policiers comme un jeune chiot.

Une intrigue facile mais prenante par la présence des fantômes de la légende celte et de l'antagonisme entre le Bien et le Mal, représenté par Morgane et Morrigane et le symbole du triskell scarifié à l'envers .

 

 

Jean-Marc LIGNY : La roche au démon. Meurtres rituels en Bretagne. Collection Zones Noires. Editions Wartberg. Parution le 3 octobre 2016. 216 pages. 12,90€.

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