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1 octobre 2016 6 01 /10 /octobre /2016 06:53

Fallait oser y penser !

J.-M. LOFFICIER et J.-M. ARCHAIMBAULT : Le quatorzième signe du Zodiaque. Inédit. Précédé de Le treizième signe du Zodiaque de Maurice LIMAT.

Maurice Limat, grand auteur prolifique de romans populaires, fut et reste le symbole même du romancier banni des chroniqueurs et critiques inspirés de la littérature dite de deuxième zone et plus. Trop de déchets dans son écriture bâclée, selon certains, trop d’invraisemblances, pour d’autres. Bref pas de quoi fouetter un chat, car le propre même du littérateur est de justement d’innover, d’inventer, au risque de déplaire les exégètes d’une prose lisse et maniérée.

Maurice Limat avançait sans contrôler son inspiration, dérogeant aux principes primaires scientifiques, dans un style parfois ampoulé, truffé de clichés. Du moins c’étaient les grands reproches qui lui étaient adressés, souvent par des critiques, eux-mêmes romanciers incapables de créativité et attachés à des figures de styles qui ont dérouté des lecteurs qui préféraient le grand souffle de l’aventure au soufflet de la rhétorique absconse.

Mais foin de tous ces prolégomènes, et plongeons-nous dans les deux romans qui composent ce volume.

 

Le treizième signe du Zodiaque de Maurice Limat.

Trois drames se sont déroulés en quelques semaines sur la ligne interstellaire Sol-Persée. Trois drames auxquels Robin Muscat doit apporter une solution. Il pleut sur Paris et il s'attelle distraitement à l'étude des dossiers qui lui ont été confiés par son patron, le directeur de l'Interpol-Interplan, la police multiplanétaire dont il est l'un des lieutenants.

Un crime sur la personne d'un natif de Persée, mort d'une façon peu compréhensible, comme foudroyé. Yum Akatinor était un curieux personnage versé dans la cosmomancie, science ancêtre de l'astrologie. Un autre passager du Spica, l'astronef, était devenu fou subitement. Cladek Halstar, d'origine martienne, était jusqu'alors un financier très prisé dans le Martervénux, et était amené à voyager très souvent, brassant des milliards de devises.

Quant à Giovanna Hi-Ling, Terrienne sino-italienne, elle a tout simplement disparu. Peu de choses sont décrites dans le rapport la concernant, sauf qu'elle venait rarement sur la planète-patrie et qu'elle était férue d'occultisme.

Robin Muscat déplore le manque de photo la représentant nue, non pas par lubricité et voyeurisme, mais parce qu'il a remarqué sur le torse des deux autres individus, une sorte de tatouage à la hauteur du cœur. Robin Muscat s'applique à déchiffrer cette marque qui représente une boucle, deux lancées évoquant des accents circonflexes, six petits traits en dessous. Cela lui rappelle vaguement un oiseau. Peut-être un signe du Zodiaque. C'est à ce moment qu'il est dérangé dans ses réflexions.

Un jeune homme désire le voir se présentant comme le fiancé de Giovanna Hi-Ling. Lorsqu'il demande à Spontini, son visiteur, au cours de la conversation de lui montrer son torse, et tandis que celui-ci accepte à contre-cœur, il aperçoit le signe qui devient tout d'un coup flamboyant. Spontini parait enrobé d'une aura de feu. Il est mort mais Muscat prévient le labo afin que son ami le docteur Stewe, et un jeune toubib d'avenir, Dusaule, puissent procéder à la récupération de l'esprit, ou l'âme de Spontini mort cliniquement. Mais un court laps de temps existe entre les deux phases et il faut se dépêcher.

Ils récupèrent ainsi des images captées dans l'esprit de Spontini, dont celles de Giovanna et d'une surface circulaire divisée en cases, comme pour la représentation des signes du Zodiaque, sauf qu'il n'y a pas douze segments mais treize.

Pendant ce temps, sur le Cygne noir sur lequel voyage Bruno Coqdor, le Chevalier joue avec des enfants en compagnie de Râx, le pstôr, un chiroptère ressemblant à un mélange de bouledogue et de chauve-souris. Il retrouve avec plaisir les scientifiques Monique et Jean Farnel, le frère et la sœur, qui voyagent eux aussi à bord du vaisseau spatial.

Coqdor, qui a reçu les images transmises par Robin, les soumet à l'appréciation de Jean Farnel, lequel examine attentivement les documents à l'aide d'un mini-projecteur. La conclusion est qu'un treizième signe du Zodiaque vient d'être découvert mais personne ne sait à quoi il correspond, ni à quelle constellation il faut le rattacher. Et bientôt Coqdor va se trouver aux prises d'ennemis inconnus, ces gens du Zodiaque, ceux qui jouaient selon un procédé un peu démodé, sentant le vieux roman populaire du XXe siècle, d'un signe ésotérique pour signer leurs abominations, d'un signe mystérieux qu'ils tatouaient sur le cœur de leurs victimes, ces gens - vivant on ne savait sur quelle planète, voire dans quelle dimension - semblaient en permanence épier les faits et gestes de Coqdor

Et ces êtres, Coqdor va rapidement s'en rendre compte, sont doués de métamorphisme, ce qui va entraîner des combats homériques et il ne sera pas au bout de ses surprises. Le lecteur non plus.

 

Maurice Limat, en bon auteur de science-fiction, imagine des méthodes nouvelles, des appareils révolutionnaires, dont il était à l'époque où il rédigeait ce roman - 1969 - impossible de penser qu'un jour proche ils existeraient. En effet, Coqdor et Muscat peuvent converser et communiquer à l'aide d'un objet appelé sidéroradiotélé avec écran miniature, de n'importe quel endroit où ils se trouvent. Ainsi, alors que Coqdor et ses amis se trouvent sur la planète Accora, premier relais du Capricorne, il peut non seulement s'entretenir et mais voir Robin Muscat qui se trouve dans une espèce de caverne dans le Hoggar, site montagneux au sud de l'Algérie.

Première édition Collection Anticipation N°379. Editions Fleuve Noir. Parution 1969.

Première édition Collection Anticipation N°379. Editions Fleuve Noir. Parution 1969.

Réédition collection Super Luxe N°147. Editions Fleuve Noir. Parution janvier 1984.

Réédition collection Super Luxe N°147. Editions Fleuve Noir. Parution janvier 1984.

Le quatorzième signe du Zodiaque, de Jean-Marc Lofficier et Jean-Michel Archaimbault.

Construit comme une suite logique du Treizième signe du Zodiaque, par Jean Michel Archaimbault d'après un scénario très précis de Jean-Marc Lofficier, ce roman permet de retrouver la plupart des protagonistes du précédent, mais également de se remémorer ou de plonger dans l'univers littéraire de Maurice Limat.

Car Maurice Limat laissait une porte entrebâillée à la fin du Treizième signe du Zodiaque, porte que nos deux compères se sont empressés de franchir afin d'apporter des éléments supplémentaires et complémentaires au précédent roman.

Cladek Halstar, l'une des victimes de la mystérieuse secte du Zodiaque, délire dans sa chambre au nouvel hôpital psychiatrique Sainte-Anne à Paris-sur-Terre. Les médecins peuvent s'en rendre compte en l'entendant déclamer une sorte de poème dédié à l'oiseau-foudre. La nuit même, une silhouette entièrement habillée de noir pénètre dans la pièce, sort Cladek Halstar de sa démence et ils s'enfuient tous deux par les toits.

Devenu commissaire, Robin Muscat se voit attribuer un jeune inspecteur débutant, Marc Vérano, lointain descendant du célèbre détective des fantômes Teddy Vérano. Pour l'heure, c'est une organisation criminelle qui occupent leurs pensées, le Cercle Noir. Et Vérano a réussi a localiser l'une des cellules, à Melun-3.

L'offensive est menée contre des individus en combinaison couleur nuit par les hommes de l'Interplan. Quelques policiers restent sur le bitume et la plupart des membres du Cercle Noir sont annihilés. Toutefois la surprise provient de la découverte sur le corps de l'un d'eux d'un tatouage semblable à celui découvert dans le précédent épisode.

Robin Muscat en informe immédiatement son ami Bruno Coqdor, le Chevalier de la Terre, mais leurs analyses de la situation divergent. S'agirait-il d'une recrudescence des méfaits du maître du Zodiaque, malgré sa parole donnée, ou alors se pourrait-il qu'une autre secte issue de la première soit née de ses cendres et qu'une nouvelle guerre soit déclenchée ? Les deux amis se quittent légèrement fâchés, chacun s'accrochant à sa position et ils vont devoir enquêter, d'abord séparément, confortés dans leurs sentiments par des événements divers.

Le premier acte se produit lorsque la sonnette d'entrée de l'appartement de Coqdor retentit. Lorsqu'il ouvre la porte, c'est pour recueillir dans ses bras la belle et ténébreuse Giovanna Hi-Ling, la sino-italienne autre personnage présent dans l'épisode du Treizième signe du Zodiaque.

A nouveau les deux amis vont affronter de terribles dangers et s'apercevoir qu'il vaut mieux s'unir que se faire la tête à cause d'une appréhension différente de la résurgence du Zodiaque.

 

Dans un style un peu plus verbeux et un peu moins nerveux que celui de Maurice Limat, cet épisode offre l'avantage de prolonger le plaisir de lecture et de plus évoquer certains épisodes des aventures de Robin Muscat et surtout Bruno Coqdor.

Ainsi le lecteur est invité à visiter une partie de l'appartement du Chevalier de la Terre, dans les pièces où sont entreposés tous les trophées, objets, babioles et souvenirs récoltés au cours de ses missions. Et les références sont nombreuses, ce qui prouve que les auteurs connaissent l'œuvre de Maurice Limat dans la collection Anticipation et ont pris des notes lors de leurs lectures.

 

Chroniques de lectures Maurice Limat :

Chronique d'un essai de Jean-Michel Archaimbault :

Chronique d'un roman de Jean-Marc Lofficier :

J.-M. LOFFICIER et J.-M. ARCHAIMBAULT : Le quatorzième signe du Zodiaque. Inédit. Précédé de Le treizième signe du Zodiaque de Maurice LIMAT. Postface et étude de Jean-Michel Archaimbault. Collection Blanche N°2028. Editions Rivière Blanche. Parution décembre 2006. 364 pages. 20,00€.

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