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28 juillet 2016 4 28 /07 /juillet /2016 13:41

Dis Tonton, pourquoi tu tousses ?

Samuel SUTRA : Les deux coups de minuit

Se réveiller tout nu, mais pas bronzé, dans la chambre de Donatienne qui cumule les fonctions de bonne et baronne, descendre les escaliers et trouver ses gars dans les bras de l'orfèvre, comme disait San-A, cela dénote que la soirée a due être copieusement arrosée avec moult charrettes à la clé, breuvage inventé par la dite Donatienne.

Seulement deux ombres se profilent devant les rideaux qui ne sont pas tirés. D'abord les valises de billets ardemment et brillamment enlevées au prix d'un rude et louable effort lors d'un marché entre un acheteur et un vendeur d'armes destinées à entretenir une petite guérilla dans un pays démocratique de l'Amérique Centrale, les fameuses valises se sont volatilisées.

Second point qui chiffonne Tonton, le cadavre allongé et qui n'était pas prévu au programme. Et ce n'est pas la peine de demander quoique ce soit à Donatienne, qui doit encore être en train de cuver quelque part et à Bruno qui a bel et bien disparu dans la nature. En additionnant deux plus deux, les neurones de Tonton ne sont pas encore confits dans l'alcool ingéré sans mesure, le malfrat suppute, pute c'est interdit mais suppute non, suppute donc que les unes sont parties aux poignets de l'autre.

Tout a commencé lorsque le baron Edouard de Gayrlasse, le mari de Donatienne, dont il est séparé depuis des années, a souhaité rencontrer Tonton et ses acolytes. Il lui avait proposé de dérober des valises de billets, lors d'une rencontre entre un riche salvadorien et un marchand d'armes. L'idée était née dans la petite tête de Donatienne, qui savait que les finances d'Edouard étaient au plus mal, grâce ou à cause des confidences d'une compagne de casque-séchoir chez le coiffeur. Mais Edouard ne se sent pas assez courageux et intelligent pour perpétrer le vol lui-même, aussi il requiert les bons offices de Monsieur Tonton.

L'opération doit avoir lieu au Royal Monceau et Tonton image un subterfuge pour s'approprier l'argent, assisté de Pierre son neveu à la cervelle d'oiseau, de Gérard guère mieux loti question neurones, de Bruno, de Mamour l'aveugle, et de Donatienne. Le début se déroule presque comme imaginé, sauf qu'une vieille dame veut absolument entrer dans l'ascenseur qui doit les emmener jusqu'à la chambre où doit s'effectuer l'échange.

Tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes possible sauf si une échauffourée provoquait quelques victimes et si la police qui n'avait pas été convoquée investit l'établissement. Seulement il faut compter sur les capacités de Tonton à réagir au moindre incident, et enfin tout ce petit monde rejoint Saint-Maur dans la grande demeure du truand. Et bien entendu, comme il faut fêter copieusement cette victoire, les flacons sont rapidement et nombreusement débouchés.

Et donc au petit matin, la tête dans le sac, Tonton s'aperçoit de la disparition de l'argent et de la présence d'un invité qui ne l'était pas à l'origine mais qui ne pourra pas expliquer pourquoi il est mort.

Tonton n'a plus qu'une chose à faire, démêler lui même cette affaire pour le moins biscornue, retrouver son bien, et par la même occasion Bruno et Donatienne qui ne sont peut-être pas innocents dans cette affaire.

 

Indéniablement Samuel Sutra a subi l'influence de Michel Audiard, de San-Antonio, d'Alphonse Boudard, mais il est un autre écrivain dont il ne se revendique pas ouvertement, je pense à Pierre Siniac. En effet si l'écriture de Samuel Sutra rejoint celle des auteurs précités, le style, la démesure dans la narration et les avatars subis par les protagonistes, les descriptions des personnages, les mises en scène, le machiavélisme de l'intrigue nous ramène à Pierre Siniac.

Car il s'agit bien d'une histoire machiavélique qu'a imaginé Samuel Sutra qui nous démontre que le temps, s'il ne fait rien à l'affaire, passe plus vite qu'on serait tenté de le croire, et que les journaux ne mentent pas toujours. Car comme l'affirmait Coluche, La seule chose exacte dans un journal, c'est la date.

Une réussite de plus à mettre à l'actif de Tonton et ses sbires, via l'entregent de Samuel Sutra, et à peine lue, on espère une nouvelle aventure de ce sympathique truand et de ses ineffables séides.

 

Samuel SUTRA : Les deux coups de minuit (Tonton passe aux heurts divers). Editions du Flamant noir. Parution le 1er juillet 2016. 254 pages. 15,00€.

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commentaires

Yv 29/07/2016 07:56

Salut Paul
d'accord avec toi, à peine fin qu'on a envie d'une autre aventure, il faudrait que Samuel Sutra augment le rythme, parce que nous lecteurs, on piaffe !
Amicalement

Oncle Paul 29/07/2016 16:12

Bonjour Yv
Samuel Sutra est pétri de talent, et les lecteurs attendent son prochain roman, mais il ne faut pas non plus qu'il sacrifie la qualité de ses intrigues par une production trop abondante.
Amicalement

Pierre FAVEROLLE 28/07/2016 19:18

Totalement d'accord avec toi, Paul. Une nouvelle fois, j'ai adoré cette aventure. Car on peut dénigrer les romans humoristiques, il n'empêche que les romans de Samuel Sutra comportent des scenarii extraordinaires ! Et celui est comme tu le dis machiavélique à souhait. Amitiés

Oncle Paul 28/07/2016 20:41

Tonton devient une addiction... A bientôt pour lire ton papier ?
Amitiés

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