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31 mars 2016 4 31 /03 /mars /2016 12:31

C'est l'effet papillon...

Jean-Marc DEMETZ : Chrysalide.

26 décembre 2011. Lille la nuit, sur les bords de la Deûle.

Anouk Furhman inspecte les bords des quais à la recherche d'un tueur en série qui doit théoriquement être présent et peut-être même habiter à bord d'une barge. Elle le repère et essaie d'entrer en contact avec son ami l'ex-commandant Léo Matis. Celui tarde à répondre, elle prévient ses collègues, s'étant réfugiée dans sa voiture.

Lorsque Matis arrive enfin sur les lieux, il est vertement rabroué par l'un des responsables des forces de l'ordre. Anouk a été grièvement blessée par des hommes qui ont tiré sur elle et sont partis emmenant le suspect de meurtres en série sur des femmes.

Seul le procureur Dudzinski, qu'il connait depuis près de trente ans, lui garde une certaine amitié. Matis est effondré, le pronostic vital d'Anouk est engagé et c'est sa faute si elle est à l'hôpital entre vie et mort. Matis avait fourni des informations à son ancienne collègue et amie, mais il n'avait pas su assurer par la suite. La faute à l'alcool.

Le lendemain, l'esprit encore encombré des vapeurs de l'alcool, Matis se rend à l'hôpital prendre des nouvelles d'Anouk, puis rentre chez lui à Bruxelles. Quatre jours plus tard, le 31 décembre 2011, Dudzinski lui donne rendez-vous dans un bar. Il tient à lui montrer une photo, datant des années 60/70, représentant deux hommes discutant dans un parc. L'un des photographiés était fort connu en son temps. Il s'agit de Fabiew, un espion russe de la grande époque. Au dos de la photo, retrouvée dans la boîte aux lettre d'Anouk, une date : 1er mai 1968.

Matis s'étonne se demandant non sans raison quel rapport il peut y avoir avec Boily, le tueur en série enlevé sous le nez d'Anouk. Pour Dudzinski, il n'existe aucun doute. Ce sont les Russes qui ont enlevé Boily. Mais pourquoi, à quelles fins ?

 

Plus tard, ailleurs. L'homme, qui s'exprime à la première personne, est enfermé et subit des tortures morales et physiques. Ceux qui l'ont enlevé et le supplicient ainsi connaissent tout de son passé, de son activité de tueur en série, jusqu'aux noms de ses victimes. Une lente mise en condition organisée par le Colonel. Une programmation mentale afin de lui inculquer une autre forme de s'exprimer, mais dans un domaine semblable. Du statut de tueur en série il est programmé pour devenir tueur à gages.

Le Colonel possède ses raisons pour manipuler ainsi Boily, car c'est bien de lui dont il s'agit. Pour des motifs politiques qui lui sont propres.

 

Quelques semaines plus tard, après une sérieuse cure de désintoxication, Matis retrouve Dudzinski pour une nouvelle séance d'informations et de travail. Selon des sources fiables, Boily serait aux Etats-Unis pour mener à bien une mission délicate. Et Matis doit le contrer. Alors lui aussi s'envole pour New-York, descendant dans le même hôtel huppé que Boily.

 

Débutant comme un roman policier noir, Chrysalide bifurque légèrement vers le roman d'espionnage pour se terminer en apothéose dans le genre roman d'aventures.

Dès le prologue, daté du 31 décembre 1968, le lecteur sent qu'il va planer en lisant cet ouvrage, puisqu'un personnage regarde à la télévision le reportage concernant le premier vol d'essai du Tupolev. Un mastodonte dont les ressemblances avec le Concorde étaient troublantes.

Mais Jean-Marc Demetz fait jouer à ses protagonistes une terrible partie de poker-menteur, à l'issue incertaine, car la manipulation guide un grand nombre des personnages évoluant dans ce roman endiablé traversant allègrement les frontières puisque le dénouement nous entraîne jusqu'au Canada, dans une région désertique où plane l'ombre de Jack London. Mais les maîtres du jeu ne sont-ils pas manipulés eux-mêmes ?

 

Jean-Marc DEMETZ : Chrysalide. Abysses éditions. Parution le 23 mars 2016. 182 pages. 12,00€.

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commentaires

Alex-Mot-à-Mots 01/04/2016 14:14

Si les maitres du jeu sont eux-mêmes manipulés, on en s'en sort plus....

Oncle Paul 01/04/2016 14:51

Et pourtant, c'est ce qui arrive souvent, dans la vie courante, pour ne pas dire en politique...

Pierre FAVEROLLE 01/04/2016 06:44

Salut Paul, j'en parle aussi la semaine prochaine, de ce polar qui mélange les genres. Une vraie réussite, à mon avis. Amitiés

Oncle Paul 01/04/2016 14:50

Bonjour Pierre
J'aime le mélange des genres, cela donne un côté encore plus vivant à une histoire
Et à bientôt
Amitiés

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