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18 février 2016 4 18 /02 /février /2016 14:42

Mais d'aventure en aventure

De train en train, de port en port...

Thierry PONCET : Le secret des Monts Rouges.

Mais qu'ont-ils tous à vouloir se rendre aux Monts-Rouges ?

C'est bien ce que se demande Haig, l'aventurier qui remonte le Mékong puis la rivière Long-Stung à bord de sa péniche, La Marie-Barjo.

Il transporte une cargaison diverse mais pas avariée, qui va de la ferraille et du matériel, aux médicaments, en passant par les canettes de soda, les caisses de bière, des palettes de bidons d'huile d'arachide, du riz, en tout soixante tonnes de marchandises, de quoi ravitailler les communautés, les villages et la douzaine de compagnies forestières disséminés comme autant de points de suspension sur les berges.

il est assisté dans ses voyages et ses périples par Kim, un gamin d'une vingtaine d'années, Cambodgien d'origine et orphelin, adopté par une famille de bourgeois français, écologiste pur et dur. Une posture qui l'a amené à connaître bon nombre de déboire et d'ennuis auprès des compagnies forestières. Kim s'occupe de l'intendance et de la comptabilité.

Bozo, une vingtaine d'années, a fui les HLM sinistres et banlieusards d'une cité française et a commencé à voyager dans sa tête à l'âge de onze ans, sa première piqûre d'héroïne. Il écoute à fonds les écouteurs un CD de Tom Waits. Un punk qui sait que la vie va bientôt le lâcher, atteint du sida. Mais en ce qui concerne la mécanique, c'est un champion, presque. De toute façon, il ne manque pas de joints.

Et puis il y a Bang, le géant, qui pallie les défaillances du démarreur avec sa manivelle. Entre autres missions.

Donc, la veille du départ programmé vers les hauts plateaux, un individu se présente sur les quais de Phnom-Penh et demande à Haig de l'embarquer afin de l'emmener, il a de quoi payer affirme-t-il. Malgré toute la verroterie et l'or qu'il porte autour de ses doigts, malgré l'argent qu'il promet de donner, Haig ne veut pas l'accepter à bord. Question de principe. Et ce n'est pas parce que l'homme est Espagnol, du moins c'est ce que Haig en déduit d'après ses propos, qu'il va accéder à ses implorations. Circulez, il n'y a rien à voir.

Le lendemain, c'est tout vu. L'homme est retrouvé dépouillé de ses bijoux, la gorge tranchée. Avec l'aide de dockers, Haig le fait transporter au loin, afin de ne pas être embêté par la maréchaussée locale. Puis c'est le départ pour une nouvelle tournée des popotes.

Première escale, le petit port de Sato-Do, un village de maisons sur pilotis. Pour le docteur Chour, c'est Noël avant l'heure. Des boîtes de médicaments qui s'avèrent précieuses, des garrots, tout ce qu'il faut pour soigner les nombreux malades. Puis visite à Chœng Sam, un vieux photographe tout cabossé qui s'empresse de montrer les nombreux clichés qu'il a réalisé depuis leur dernière visite. Toujours les mêmes endroits, les mêmes photos, depuis qu'il a subi des tortures par des Khmers rouges et des Viets. Mais figure sur l'un des clichés un personnage inquiétant, d'ailleurs Chœng Sam a peur.

C'est alors qu'il se prélasse sur le pont que Haig est abordé par une jeune femme. Elle aussi veut embarquer et se rendre jusqu'aux Monts Rouges. Marisol veut retrouver son père soi-disant parti là-bas, peut-être mort à présent, à la recherche d'une mine d'argent. Elle possède des arguments solides et sait infléchir la décision de Haig de ne prendre aucun voyageur. Et c'est comme ça qu'il se trouve en compagnie d'une passagère et le début des ennuis qui se profilent à l'horizon.

Des hommes semblent les précéder dans leur déplacement, n'hésitant pas à tuer. Mais quel est leur but ? Celui de Marisol qui n'est pas une femme fragile comme elle sera à même de le démontrer ? Et Haig n'aurait-il pas une idée derrière la tête ? Le voyage sera long et surtout grouillant d'embûches de toutes sortes.

 

Dans une ambiance très exotique, lourde, poisseuse, humide, un voyage périlleux imaginé, ou transposé, et concocté par Thierry Poncet. L'histoire se déroule après la reddition des Khmers Rouges à la fin des années 1990. Le gouvernement a changé de camp, d'idéologie, les anciens Khmers Rouges se livrent au brigandage.

Parfaite illustration du roman d'aventures, un genre délaissé alors qu'il a connu ses heures de gloire ne serait-ce qu'avec Robert Gaillard, Joseph Kessel, Henri de Monfreid, Cizia Zyké, dont Thierry Poncet fut l'ami et la plume, et quelques autres aventuriers et journalistes, Le secret des Monts Rouges nous entraîne dans une pérégrination fluviale et sylvestre dans un pays encore déchiré par les guerres intestines. L'attrait de l'or et des pierres précieuses attirera toujours les flibustiers quelque soit l'endroit de la planète, du moment qu'l y a quelque chose à gratter, imaginaire ou non.

Ce roman est également un clin d'œil à Jean Hougron, du moins à mon avis, qui a vécu cinq ans environ dans la péninsule indochinoise, Laos, Cambodge, Thaïlande, exerçant de nombreux métiers dont chauffeur de camion, planteur de tabac, ramasseur de Benjoin et de corne molle de cerf, travailla au consulat des Etats-Unis et à Radio-France-Asie et en ramena des milliers de pages de notes qui lui furent précieuses pour écrire ses nombreux romans dont le cycle romanesque de La Nuit indochinoise dont font partie Tu récolteras la tempête, Rage blanche et bien d'autres succès.

Alors à quand une nouvelle aventure de Haig qui se déguste comme un bon vieux whisky ?

 

Thierry PONCET : Le secret des Monts Rouges. Une aventure de Haig. Editions Taurnada. Parution le 18 janvier 2016. 216 pages. 9,99€. Version Numérique : 4,99€.

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commentaires

Sharon 18/02/2016 20:24

Je suis en train de le lire.

Oncle Paul 18/02/2016 20:50

Donc j'aurai ton avis bientôt ! Mais quel sera-t-il ? J'attendrai....

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  • : Bienvenue dans la petite encyclopédie de la littérature populaire. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !
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