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28 février 2016 7 28 /02 /février /2016 15:34

Je rêvais d'un autre monde...

Ces émules de Masterton l'ont réalisé !

Les Mondes de MASTERTON : Anthologie Hommage à Graham Masterton présentée par Marc BAILLY.

Etant quelque peu fainéant par nature, et estimant que Marc Bailly a mieux présenté cet ouvrage que je ne saurais le faire, voici donc un petit extrait de sa préface afin de vous mettre en appétit.

S'approprier l'univers d'un auteur n'est jamais chose facile. Entrer dans son monde, continuer une de ses histoires, faire vivre des personnages que cet auteur a eu du mal à faire naître est très délicat. Et pourtant, c'est le but de ces Mondes de Masterton.

Chaque auteur qui a collaboré ici l'a fait pour rendre hommage au grand raconteur d'histoires qu'est Graham Masterton. Et chacun a écrit avec sincérité, avec ses propres émotions, sa propre sensibilité, sont style évidemment. Et pourtant, tous ont su garder cette petite touche, ce petit quelque chose qui fait que l'on se retrouve immédiatement dans du Masterton pur jus.

Et lorsque l'on lit ces treize nouvelles, on s'aperçoit qu'il ne s'agit pas de la part des auteurs de parodier, de pasticher, mais bien d'œuvrer dans la continuité, tout en respectant leur propre façon d'écrire et en l'incorporant à l'univers multiple de Masterton. Et s'il s'agit bien de nouvelles fantastiques, les thèmes peuvent être totalement différents dans leur inspiration, et traités non pas à la manière de... mais de façon personnelle.

 

Ainsi Boris et François Darnaudet dans La voie des Yamabushi développent un épisode à peine évoqué dans Tengu. Un choix personnel expliqué en présentation de la nouvelle. Pour François, c'est par l'intégrale Néo dans les années 80 qu'il découvre Masterton, et peut-être ce qui lui donne envie d'écrire. Pour Boris, c'est l'attrait du Japon, des arts martiaux et de la mythologie japonaise qui a dicté le choix d'écriture. Je dois avouer que cette nouvelle ne m'a guère passionné, n'étant pas un amateur des histoires japonisantes avec ninjas, samouraïs et autres guerriers. Ce n'est pas ma tasse de thé (japonais). Seuls les cerisiers en fleurs et les geishas, pour des raisons différentes, m'attirent. Mais cela ne remet pas en cause la qualité des auteurs et de leur texte. Et heureusement tous les lecteurs ne partagent pas mon avis ou mes goûts.

 

Jean-Christophe Chaumette : Emet (Vérité). Le professeur Serge Delacour n'est pas le bienvenu à Montréal. Il s'en rend compte dès son arrivée, réceptionné à l'aéroport par un géant, vert de rage, bourru et contrarié. Faut dire que la venue du professeur Delacour est fort peu prisée. Il veut analyser certains objets détenus dans le musée de l'Holocauste canadien, et prouver en effectuant des recherches d'ADN si ces sortes de trophées ont été fabriqués par les nazis à partir de déportés censés avoir été exterminés dans des camps. Mais surtout, à partir de ses recherches déterminer qu'il ne s'agit pas de cadavres de Juifs qui auraient servi pour des détournements mobiliers et autres. Car Delacour est un négationniste et il veut prouver que ce ne sont que légendes qui circulent au sujet des camps nazis et de l'extermination des Juifs. Un sujet sensible traité avec justesse et humanisme.

 

Avec Chute d'une damnée, Jess Kaan propose une préquelle du Portrait du mal, c'est à dire une analepse, ou, pour ceux qui manquent de vocabulaire français et préfèrent les anglicismes, un flashback. Printemps 1916. Le caporal-estafette allemand a pris ses habitudes dans un bistrot, dégustant son petit verre rituel de genièvre. Un jour son regard d'artiste est attiré par un tableau accroché au fond de la salle. Et ce tableau lui fait de l'œil. Une église de pierre dans une campagne arborée, tout ce qu'il y a de plus banal et pourtant il s'en dégage une solennité qui ne laisse pas indifférent le soldat. La peinture est l'œuvre d'un artiste local, un Flamand. Il lui faut absolument rencontrer ce peintre retiré et vivant en ermite.

Jess Kaan nous réserve une jolie surprise en forme d'épilogue dans un contexte historique qui ne manque pas de sel.

 

Les chiens noirs de Brice Tarvel nous raconte une histoire qui pourrait être banale, ancrée dans le quotidien.

Une Chevrolet Impala sur une route canadienne, bravant la pluie, avec à bord Lester, qui conduit, et Rachel, sa femme, et Melinda, sa gamine, à l'arrière. Une phare vient de déclarer forfait. De toute façon il n'a pas d'ampoule de rechange. Lester s'est adonné à la boisson, il a perdu son travail, et ils se rendent chez tante Rosanna qui vit dans un trou perdu au milieu d'un élevage de poules. Et pour être perdu, Lester l'est. Soudain un chien noir au milieu de la route. Lester perd le contrôle de sa voiture comme celui de ses nerfs. Rachel est durement secouée, Melinda dite Choupette se retrouve coincée entre les sièges quant à Lester il est mort, ou dans les pommes. Non, il n'a rien, juste la tête qui a cogné contre le volant. Et pas de téléphone pour prévenir qui que ce soit. Va falloir se résoudre à reprendre la route mais à pieds. Heureusement un tacot, un pick-up, arrive avec un vieil homme à bord et trois chiens noirs debout sur le plateau.

Une histoire simple, narrée simplement, mais avec force et subtilité.

 

Outre les nouvelles présentées ci-dessus, également au sommaire de ce recueil :

Estelle Valls de Gomis : Gimme Shelter.

Annette Luciani : La maison amoureuse.

Franck Ferric : Le serpent à collerette.

Freddy François : Le mangeur de rêves.

Christophe Collins : L'ombre du Titanic.

Lucie Chenu : La cité des rebelles.

Michel Rozenberg : Metaplasia.

Patrick Raveau : Le puits.

Daniel Walther : Moisson de chair.

 

Tout présenter serait peut-être fastidieux pour le visiteur (et pour le scripteur) et je pense que ces quelques exemples démontrent toute la palette des thèmes abordés.

Des auteurs qui n'ont plus à prouver leur valeur et leur talent et des petits nouveaux qui n'ont pas fini de faire parler d'eux, ayant déjà à leur actif nombre de nouvelles ou roman publiés dans différentes maisons, dont la Clef d'Argent, Terre de Brume ou encore éditions du Riez, et bien entendu chez Rivière Blanche.

 

Les Mondes de MASTERTON : Anthologie Hommage à Graham Masterton présentée par Marc BAILLY. Préface de Graham Masterton. Collection Fusée N°23. Editions Rivière Blanche. Parution juillet 2012. 340 pages. 20,00€.

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