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23 décembre 2015 3 23 /12 /décembre /2015 10:55

Et envoyez-moi la rhubarbe...

Pierre DAC et Francis BLANCHE : Mangez de la salade

Tout ceux qui écoutaient religieusement les feuilletons radiophoniques dans les années 1950 se souviennent sûrement de cette annonce : Signé Furax ah ah ah ah... le tout souligné d'un rire méphistophélique.

Signé Pierre Dac et Francis Blanche, ce feuilleton connu deux périodes : 1951/1952 sur les ondes parisiennes de la RTF et une suite de 1956 à 1960 sur les ondes d'Europe N°1.

Ce feuilleton fut également adapté par les auteurs en livres et celui-ci est le troisième tome d'une quadrilogie dont le titre générique était Malheur aux Barbus.

 

Les Barbus, dont le professeur Merry Christmas, qui avaient été enlevés par Edmond Furax et détenus dans le royaume de Sama-Kutra sur lequel règne la Maharané Pauline V, ont été délivrés et doivent regagner la France à bord du Bouc émissaire. Mais à Marseille la déception étreint tous ceux qui se pressent sur les quais, impatients de participer à la fête organisée en faveur des otages libérés.

L'ignoble Edmond Furax a détourné le navire par un procédé malveillant mais efficace et l'a amené bord à bord avec le sien au nom significatif de L'Electro-aimant.

Pendant ce temps, au restaurant de la Tour Eiffel, quelques convives devisent joyeusement mais sérieusement tout en consommant des plats légers, truites en papillotes, morilles à la crème et autres bricoles roboratives. Sont attablés, Fred Transport et sa fiancée Carole, la fille du professeur Merry Christmas, Malvina, qui est toutefois un peu triste car son père Gugumus a été assassiné par Asti Spumante l'homme de main de Furax, le commissaire Socrate et son adjoint Euthymènes, et les inséparables détectives Black et White.

Tous ces joyeux personnages, sauf Malvina qui a du mal à cacher son chagrin, sont satisfaits de l'arrivée prochaine des Barbus à Marseille, ils déchanteront bien vite, et déblatèrent sur le dernier message de Furax adressé à Malvina, un poème chanté de Guillaume Apollinaire gravé sur un disque. Malvina qui était très proche de Furax, son Fufu comme elle aimait à le surnommer, est fortement en colère vis à vis de celui-ci, n'ayant pas digéré, non pas la truite, mais la traitrise de l'infernal.

Bien entendu, mais à l'abri des oreilles indiscrètes, ces sept dîneurs tentent de comprendre ce message énigmatique titré sobrement par son auteur, Guillaume Apollinaire je le répète, Les Saltimbanques, chanté je le précise à toutes fins utiles par Yves Montand sur une musique de Serges Bessières, et les suppositions ne manquent pas. Toutefois, ils savent que Furax est en Amérique, c'est grand l'Amérique comme ne manque pas de le souligner fort à propos White, et de supputations en hypothèses qui ne sont pas forcément farfelues mais parfois tirées par les cheveux que ne possède plus Black, ils parviennent à localiser précisément l'endroit qui se trouverait probablement en Californie.

 

Pierre DAC et Francis BLANCHE : Mangez de la salade

Fin du chapitre Zéro. En effet le roman débute par le chapitre zéro, ce qui est peu commun, mais ce n'est pas pis que commencer par un prologue qui vous dévoile la fin, ou presque.

 

Ensuite le lecteur ébaubi va assister, littérairement parlant puisqu'il ne voit devant ses yeux que des pages emplies de caractères d'imprimerie, mais son imagination supplée à la description, à une folle équipée dont les pérégrinations se bousculent les unes après les autres comme les petits cochons accrochés sur le plateau d'un manège (si vous préférez chevaux de bois, cela me sied également) et qu'il serait sûrement malséant de tout narrer, ne serait-ce que par respect envers les auteurs qui ont eu du mal à imaginer toutes ces péripéties, que les raconter en bloc et sans préparation aucune serait donc leur faire injure.

Sachez toutefois que Carole se fait enlever et que Black, White, Socrate, Euthymènes et surtout Fred Transport, bientôt rejoint par Jejeeboy, serviteur de la Maharané Pauline V qui quittant le Sama-Kutra leur apporte quelques menus subsides, les pauvres étant financièrement amoindri, ce qui ne les empêche pas de réfléchir, se lancent à sa recherche accompagnés de Mustel de Ponchicatron et de son pendule. Pendule qui s'avère efficace puisqu'il permet de mettre la main sur une, puis deux, puis trois chaussures de Carole, j'allais oublier une quatrième, mais vides des pieds de leur propriétaire qui n'est pas Cendrillon.

Quelques promenades du Centre au Nord-Ouest de la France puis le grand départ pour l'Amérique, quelques tracasseries par l'administration Etats-unienne qui ne badine pas avec les nombreux vaccins obligatoires, et enfin l'arrivée au Ranch de la Betterave Maudite, une modeste ferme de 12 700 hectares située près de la petite ville de Pissaladiéra.

Il serait toutefois injuste d'oublier deux hommes, deux malfrats du nom de Mortimer et Rinaldo, qui se font embaucher par le propriétaire des lieux, un certain monsieur Fraux, en tentant d'exercer un chantage à la fourmi rouge. Ces deux individus patibulaires, mais presque, possèdent la remarquable particularité de se vêtir de vestes réversibles (c'est une image) ce qui leur permet de changer d'opinions selon les circonstances.

Enfin, vous vous demandez sans aucun doute pourquoi ce titre de Mangez de la salade.

Etant comme la cigale fort démunie, quelle que soit la saison, Black et White décident de compenser leur enquête, tout comme les émissions à la Radio, qui à l'époque l'étaient par des produits et non par des marques, (je parle des radios d'état), comme par exemple des endives, le sucre, les pâtes (mangez des pâtes, vous serez moins nouille). Ou encore les manifestations sportives qui étaient soutenues par la publicité, dont la fameuse caravane publicitaire du Tour de France. Donc ayant émis cette idée, ils la mettent en pratique en demandant au Président de la Chambre syndicale de la salade de les soutenir financièrement. Proposition acceptée, voiture non banalisée et couverte de décalcomanies vantant ce légume mise à disposition, charge à eux de porter la bonne parole au cours de leurs déplacements en incitant tout un chacun et même les autres à manger de la salade.

Comme vous l'aurez compris, ce roman feuilleton engendre la bonne humour, à condition d'aimer les histoires loufoques, farfelues, burlesques, saugrenues, abracadabrantesques. Une histoire complètement décalée, déjantée, à vous faire tordre les boyaux.

Moralité : mangez de la salade, les auteurs eux ne nous en proposent pas, du moins pas autant que les hommes politiques...

 

Pierre DAC et Francis BLANCHE : Mangez de la salade

Pierre DAC et Francis BLANCHE : Mangez de la salade (Malheur aux Barbus III). Editions André Martel. Parution novembre 1952. 192 pages.

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commentaires

Yv 28/12/2015 12:10

Salut Paul
Dac et Blanche, quel pied !
Amicalement

Oncle Paul 28/12/2015 12:17

Bonjour Yv
Trouvé dans une brocante et lu dans la foulée. Cela déride mieux que les crèmes vendues au prix du caviar
Bonne année à toi et tes proches
Amitiés

Le Papou 23/12/2015 16:05

Mon gendre m'a offert la série en CD. C'est un plaisir, c'est du bonbon, que dis-je, c'est un médicament qui soigne l'humeur morose par l'humour joyeux. Pierre Dac, mon maitre à penser qui disait :“Les prévisions sont difficiles, surtout lorsqu’elles concernent l’avenir.” ou encore .“A quoi servirait l’intelligence si l’imbécillité n’existait pas ?”
Amicalement

Oncle Paul 23/12/2015 17:23

Bonjour Papou
Je suis parfaitement d'accord avec toi, d'ailleurs j'applique un autre de ses principes :
Je préfère le vin d'ici que l'eau de-là...
Il existe également des BD qui paraissaient dans France Soir dans les années cinquante, avec des dessins d'Henri Blanc si je me souviens bien
Amicalement

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