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6 octobre 2015 2 06 /10 /octobre /2015 12:31

Coucher avec une autre personne que son conjoint, ce n'est pas le tromper, mais bénéficier d'une

formation permanente.

Philippe GEORGET : Méfaits d'hiver.

Il parait, selon les magazines féminins bien informés, que le nombre de cocus est en courbe ascendante, une inflation galopante, et si cette propension à aller voir chez les autres si c'est mieux que chez soi, était réservé de tout temps aux hommes, les femmes de nos jours n'hésitent à suivre ce précepte : changement d'herbage réjouit les veaux.

Pourtant l'équation Deux plus un = un gros paquet d'emmerdes, tarabuste Sebag qui d'un seul coup (sic !) est confronté à ce problème.

Ce qui le chagrinait depuis un certain temps, ce qu'il supputait vient d'être confirmé, à quelques jours de Noël. Un drôle de cadeau parvenu sous forme de SMS dans le téléphone de sa femme. Claire le trompe. Pourtant, elle l'affirme avec conviction, elle l'aime toujours. D'ailleurs c'est terminé, son amant ayant été muté de l'autre côté des Pyrénées. Un accident de parcours.

Est-ce le fait d'apprendre son cocufiage qui déclenche une réaction en chaine, nul ne saurait le dire. Pourtant c'est bien ce qui se produit.

 

Un homme tue sa femme alors qu'elle venait de terminer une partie de billard avec son amant dans une chambre d'hôtel. L'homme est parti le premier et le mari trompé s'est engouffré dans le nid d'amour abattant sa femme, qui fumait sa dernière cigarette, avec une carabine. Puis il repart dans la nature.

Appréhendé, il ne nie pas, toutefois ses déclarations jettent un trouble dans l'esprit de Molina, de Ménard et de Sebag. Si le meurtre ne fait aucun doute, ils se rendent compte que le mari bafoué avait été prévenu. Or, idée lumineuse, en vérifiant les vidéos des caméras de surveillance placées un peu partout dans Perpignan, il ne pouvait être sur place au moment où l'a déclaré.

Et comme une contagion qui se répand insidieusement, un autre couple va être séparé à cause d'un vol plané par une fenêtre. Mais cette fois, c'est le mari trompé qui se tue en passant par dessus la rambarde. Volontairement.

Un troisième larron ne trouve rien de mieux que de prendre sa femme en otage, précisant à tous ceux qui regardent le spectacle de la rue, qu'il va brûler sa maison, et eux avec par la même occasion. Il ne fait pas dans le détail. Sebag, habile négociateur, parvient à le raisonner, mais ce n'est pas une thérapie pour le policier rongé par la jalousie.

 

Tout autant roman policier que roman sentimental et étude de mœurs, Méfaits d'hiver comporte plusieurs étages de lecture.

Roman policier, bien évidemment puisque meurtre il y a et incitation au meurtre. Et donc enquête avec plusieurs policiers sur le terrain, tâtonnant, conjecturant, soupçonnant, et empruntant de mauvaises directions, persuadés détenir le coupable ou présumé coupable et avoir compris ses motivations.

Roman d'amour ou sentimental, car outre Sebag ce sont tous les protagonistes impliqués qui sont visés par cette fracture du cœur. Ce n'est pas parce que leurs femmes ne les aiment plus qu'elles vont goûter ailleurs si l'herbe est plus tendre. D'un côté l'amour existe toujours, plus ou moins fort il est vrai, les années passant, mais il est présent. De l'autre côté il y a la recherche d'une forme de tendresse, de complicité amicale qui n'est plus aussi prégnante. Le besoin d'une amitiés amoureuse.

Enfin étude de mœurs déclinée par Julie, nouvellement arrivée et qui participe activement à cette enquête. Elle va faire équipe avec Sebag plus particulièrement, selon les besoins et les approches professionnelles des uns et des autres, mais possédant un autre regard qui lui permet de prendre cette enquête sous un angle différent. De plus elle est amie avec Marina, une kiné qui a effectué des études de psychologie, section sexologie.

Sebag va apprendre ou découvrir un pan sociétal sur l'évolution de la sexualité féminine et de son émancipation par rapport à l'homme, le mâle, dominant. La femme devait rester confinée chez elle tandis que l'homme pouvait sans vergogne aller butiner ailleurs. D'ailleurs, l'expression Rangez vos poules je lâche mon coq, édictée par une mère fière de son fils nous montre combien l'homme pouvait tout se permettre tandis que la femme n'avait pas le droit de lever même les yeux sur un individu de sexe masculin. En général car des cas particuliers nous montrent que la femme pouvait également se montrer avide d'expériences nouvelles.

Autant que je m'en souvienne, le plaisir masculin [...] c'est un petit spasme et puis s'en va. Alors que chez nous (la femme), c'est une vague, une tempête, parfois un raz-de-marée. La jouissance féminine a longtemps fait peur, aux hommes et aux femmes également. C'est pour ça qu'on l'a tant réprimée.

Un peu plus loin :

Nous ne connaissons pas qu'un seul plaisir, ni même deux seulement comme on le pense trop souvent, mais des dizaines de variétés de plaisir. Certains comparent le corps d'une femme à un calendrier de l'Avent avec une multitude de fenêtres qui ne demandent qu'à s'ouvrir.

Mais ce n'est uniquement cela qui pousse un homme ou une femme à tromper son partenaire, seulement c'est la face visible de l'iceberg matrimonial.

 

Je ne voudrais pas m'immiscer dans la vie privée de l'auteur, mais il se dégage de ce roman comme une relation d'authenticité dans cette histoire.

 

Le personnage de Julie, lieutenant de police, le lecteur assidu l'a déjà rencontré dans Le paradoxe du cerf-volant. Philippe Georget tisse sa toile en imbriquant les différents personnages de ses romans pour en constituer une saga.

 

Voir également l'analyse de Yv sur son blog :

Philippe GEORGET : Méfaits d'hiver. Collection Polar Jigal. Editions Jigal. Parution 15 septembre 2015. 352 pages. 19,50€.

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commentaires

Wistiti 26/06/2016 23:11

Très mal écrit : pas d'intention littéraire.
Plein de poncifs.

Très mauvais roman.

Oncle Paul 27/06/2016 15:27

Ce n'est qu'un avis non argumenté !

gridou 07/01/2016 09:58

Bonjour Paul et bonne année! Puisse-tu garder le sourire, ton humour et ta bonne humeur malgré tes noires lectures ;)
Cet article m'avait échappé en octobre...Le nom de Georget éveille toujours ma curiosité. Je ne me souviens pas bien de Julie mais j'ai adoré le paradoxe du cerf volant...Il faut que je me procure cet opus au plus vite!!
Bises

Oncle Paul 07/01/2016 15:16

Bonjour Gridou et tous mes meilleurs vœux pour 2016
Julie, la fliquette dans le parc des Buttes Chaumont...
Quant à Méfaits, tu ne seras pas déçue.
Bises

Yv 08/10/2015 14:55

Salut Paul, j'ai sans doute omis de parler du côté sociétal du roman, de l'évolution des droits et des us des femmes, j'ai voulu le faire, et puis, cela a sauté dans mon esprit, et après coup, je ne voulais pas rajouter trop de longueur à mon billet...
Amicalement,

Oncle Paul 09/10/2015 11:27

Bonjour Yv
Sebag est le personnage principal des deux romans suivants : L'été tous les chats s'ennuient et Les violents de l'automne. Julie est un des personnages du Paradoxe du cerf-volant et c'est la première fois qu'ils cohabitent dans un même roman. Donc soit rassuré, tu n'as pas perdu l'esprit.
Amitiés

Oncle Paul 08/10/2015 15:01

Non Yv, ce n'est pas ça
Il s'agit de Julie, la policière qui courrait dans le Parc des Buttes-Chaumont dans Le Paradoxe du cerf-volant, ce qui permet à Philippe Georget de lier les deux précédents romans dans lesquels évolue Sebag et Le paradoxe.
Juste un tout petit lien...
Amicalement

Sandrine 08/10/2015 09:58

Les romans policiers à "plusieurs étages de lecture" sont ceux que j'apprécie le plus.
Et puis je vais copier cette phrase pour mon fils à qui je parlais dernièrement de l'importance de la ponctuation (une virgule peut tout changer !) : "...abattant sa femme, qui fumait sa dernière cigarette, avec une carabine."

Yv 09/10/2015 08:07

Salut Paul, en fait, tout le temps de ma lecture, je me suis dit que j'avais déjà rencontré les deux Julie et Gilles, et puis, j'ai donc relu mes articles sur les romans précédents de Philippe Georget mais n'ai pas trouvé traces d'eux, alors je me suis dit qu'ils y étaient sans doute au second plan, et puis, je me suis totalement laissé prendre à l'histoire et je te remercie de mettre fin à ma terrible angoisse, je croyais que je perdais l'esprit.
Amicalement,

Oncle Paul 08/10/2015 14:30

Bonjour
Il m'arrive d'user de la virgule souvent, très souvent même, peut-être trop, mais, pour moi, c'est un outil indispensable pour bien exprimer ce que l'on veut écrire.

Pierre FAVEROLLE 08/10/2015 06:37

Etant fan de Philippe Georget, je vais bientôt le lire. Donc je repasse. Amitiés

Oncle Paul 08/10/2015 14:29

Bonjour Pierre
Je te souhaite une bonne lecture car ce roman est tout à fait envoûtant et donc je ne te dis rien de plus. il ne nous restera plus qu'à confronter notre point de vue de lecture
Amitiés

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