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3 octobre 2015 6 03 /10 /octobre /2015 09:11

Lorsque le Futur est déjà dépassé...

Maurice LIMAT : Les Foudroyants.

La collection Anticipation du Fleuve Noir était sous-titrée : La Réalité de Demain. Et Maurice Limat, pour ce roman publié en 1960, plaçait son intrigue en 1998. Soit pour l'époque un délai raisonnable d'anticipation de quatre décennies. Seulement en 2015, les avancées technologiques, scientifiques, médicales ont-elles été réalisées, voire dépassées ?

 

L'orage éclate dans la forêt de Senlis et tandis que Martine prépare sous la tente le repas, Ric et René partent chercher de l'eau. En cet été finissant de l'année 1998, il est amusant de renouer avec la nature et de se comporter comme des primitifs. Enfin Ric et René reviennent en courant sous la pluie lorsque soudain la foudre atteint les deux garçons.

Martine est éblouie mais parvient à distinguer René qui est couché évanoui près d'un grand orme. De Ric, plus rien, sauf un tas de vêtements gisant sur l'herbe détrempée. Ric, son fiancé, a disparu. Et elle croit devenir folle lorsque René, sortant de son léthargie se redresse et arbore sur ses pectoraux l'image de Ric.

Ce qu'elle ignore, tout comme René ainsi que les vigiles qui viennent à leur secours, c'est que Ric est vivant, mais n'est plus qu'un ectoplasme. Il voit, il pense, mais il est devenu invisible et ne peut s'exprimer.

Au siège de l'Interplan, c'est à dire la Police Interplanétaire, le pendant d'Interpol, Lepinson le chef suprême de l'organisation est en colère. Non pas envers Robin Muscat qui navigue à bord d'un stratonef et avec lequel il communique mais parce que celui-ci était sur une mission concernant des pierres radioactives à Madagascar, et qu'il a fallu interrompre l'enquête en cours pour s'occuper d'un cas insensé. Selon ces messieurs du gouvernement, Ric aurait été enlevé par des Mercuriens, ou des kidnappeurs venus d'une autre planète.

Pour Lepinson, il s'agit d'une affaire banale, mais Robin Muscat n'en est guère persuadé. Aussi il se rend chez la jeune Martine afin de se renseigner sur la disparition étrange de son fiancé. Il l'appelle par l'audiophone électronique, mais la demoiselle l'éconduit, probablement en proie à une émotion violente. Robin Muscat ne se démonte pas et s'introduit dans l'immeuble de belle facture. Sur le palier il entend des voix, la télé peut-être pense-t-il, toutefois le rythme est haché. Le voyant lumineux, posé près de la porte d'entrée et indiquant si le visiteur peut ou non entrer, clignote de façon bizarroïde : Rouge - Néant - Rouge - Rouge - Néant... Comme s'il s'agissait d'un message en Morse, mais provenant d'une interférence électrique.

Soudain il entend Martine qui s'exprime d'une voix affolée, demandant à un interlocuteur de la laisser, de partir... Il entre mais Martine est seule dans la pièce. Il se fait connaître et il essaie d'amadouer la jeune femme qui lui propose un ztax, un whisky martien. Il parle d'un ton détaché, parvient à endormir quelque peu la méfiance de la jeune femme et aperçoit sur une table un stylo et une feuille de papier sur laquelle s'allongent une série de points et de tirets. Il s'agit bien d'une écriture en Morse Voretz, une variante de l'Espéranto pour le langage parlé. D'étranges manifestations se produisent dans l'appartement et des appareils électriques paraissent déréglés. Ce ne sont que des messages comme ceux qu'a interceptés Robin lors de son attente sur le palier. Il se demande pourquoi un châle est posé sur le téléviseur. Il découvre alors que sur l'écran en relief-color se profile le buste de Ric qui peu à peu s'efface.

L'ectoplasme tente de revenir et Martine est complètement affolée. Robin se rend compte alors que sur un meuble trône une photo de Ric. Seulement le visage est entièrement calciné. Les autres photos que possèdent la jeune femme ont subi le même sort.

D'autres manifestions étranges se produisent dans la Cité éblouissante, surnom de Paris, et René subit des attaques d'une entité inconnue. En compagnie du docteur Stewe, un savant, et du professeur Mac Grégor, Robin Muscat enquête sur ces phénomènes et les résultats qu'il en tire va les conduire jusque sur Vénus qui a été colonisée.

 

Insensiblement le roman passe de la science-fiction, de l'anticipation proche, vers un fantastique plus prononcé lorsque les protagonistes se retrouvent sur Vénus.

Anticipation proche et même dépassée puisque nous sommes en 2015 et l'action est sensée se dérouler en 1998. Mais ce qu'imaginait Maurice Limat en 1958 en matière de technologie s'est-il concrétisé ?

L'aérodrome du Bourget est transformé en Astrodrome et la Lune, Mars et Vénus sont devenues des satellites et des planètes régulièrement fréquentées et colonisées. Dans la vie courante, les téléviseurs sont en couleurs et relief, ce qui est une avancée technologique si l'on compare à  la 3D actuelle réservée pour les films. Les citoyens se déplacent en électrauto, les policiers comme Robin Muscat sont munis d'atomiseurs de poche, tandis que l'armée et la police terrienne ont fusionné pour devenir une milice.

Nous sommes donc loin des améliorations et des inventions imaginées par Maurice Limat mais nous nous en approchons petit à petit.

Un roman extrêmement plaisant à lire, même si en tenant compte de la date proche au cours de laquelle Maurice Limat plaçait son intrigue, on se rend compte qu'il y a encore du chemin à faire et des progrès à accomplir. Dans certains domaines, bien évidemment. Le lecteur n'est pas perdu dans cette narration, les personnages n'ayant pas de noms baroques, bizarres ou imprononçables et la vie quotidienne est quasiment celle que nous vivons actuellement.

 

De Maurice Limat, découvrir également :

Ce roman est disponible sous format E. book chez Rivière Blanche :

Maurice LIMAT : Les Foudroyants. Collection Anticipation N°164. Editions Fleuve Noir. Parution 3e trimestre 1960. 192 pages.

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