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9 octobre 2015 5 09 /10 /octobre /2015 09:12
Fredric BROWN : Ça ne se refuse pas

Ça dépend de ce que l'on vous propose !

Fredric BROWN : Ça ne se refuse pas

La ville a peur !

En deux mois, deux femmes ont été violées puis étranglées chez elles, et depuis la ville vit dans la peur d'une récidive. Des consignes ont été données, chaque porte doit être munie d'une chaîne de sécurité et les femmes qui sont seules chez elles ne doivent pas laisser entrer un inconnu sans s'assurer qu'elles ne craignent rien. Il est dix-sept heure et le Monstre a tenté de répéter son forfait. En vain.

Ray Fleck est en colère. Il doit près de cinq cents dollars à Joe Amico, un preneur de paris (un bookmaker en français courant). Seulement il n'a que vingt-huit dollars sur lui, et sa femme refuse de lui avancer une partie de son assurance-vie.

Ray est représentant en alcool et s'il ne roule pas sur l'or, il gagne confortablement sa vie, grâce aux commissions qu'il empoche. Ruth, son épouse depuis six ans, une jolie femme précisé-je en passant, est serveuse le soir, de dix-sept heure jusqu'à près de minuit, dans un restaurant grec, Chez Mikos. Mikos est secrètement amoureux de Ruth mais est un homme loyal. Seulement Ray est un parieur invétéré et il ne peut s'empêcher de continuer malgré tout de miser sur les chevaux. Il gagne, il perd, la chance n'est pas toujours au rendez-vous.

Il décide de participer à une partie de poker le soir même mais pour cela il lui faut un minimum de cent dollars. Et il espère bien gagner afin de rembourser, tout au moins en partie, Amico.

Il pense qu'en empruntant dix dollars, voire plus, par-ci par-là il va pouvoir faire fructifier ses vingt-huit dollars, seulement ce n'est pas ce qui se produit. Il ponctionne son vendeur de journaux habituel, Benny le Dingue, qui affirme que c'est lui le Monstre, de dix dollars, lui promettant de miser la somme sur un cheval gagnant. Benny confiant et crédule lui avance la somme, mais au fur et à mesure qu'il entame sa tournée, Ray va récolter quelques dollars qui aussitôt ressortiront plus vite qu'ils sont entrés dans son escarcelle.

Il se rend chez sa maîtresse, Dolly Mason, mais il n'est pas le seul à partager son lit. Ce n'est pas grave, du moment qu'elle accepte de le recevoir le soir même, et qu'elle lui prête cent dollars, à la rigueur cinquante, il n'est pas trop regardant. Elle affirme ne rien posséder alors tandis qu'elle procède à ses ablutions, il s'empare des bijoux qui résident dans un petit coffret. Malheureusement deux impondérables s'élèvent devant lui. D'abord les bijoux ne sont que de la pacotille, de plus l'amant de cœur de Dolly est un détective privé.

Pendant ce temps, le Monstre parcourt les rues de la ville à la recherche d'une prochaine victime. Ray va se trouver dans un bar face à ce récidiviste et imagine que si le tueur s'en prenait à sa femme, ses ennuis financiers seraient résolus. Pour cela il lui faut un alibi solide.

 

L'action de ce roman est condensée en à peine huit heures puisque le début de l'intrigue démarre à dix-sept heure et trouve son épilogue à deux heure quarante-cinq le lendemain matin. Mais entre temps que de péripéties, que de retournement de situation dans le portefeuille de Ray, que d'avatars en tout genre, de périodes d'espoir et de découragement, d'abattement, de dépenses d'énergie.

Si Ray se dresse comme le personnage central du récit, les autres protagonistes ont droit à la parole et les séquences dans lesquelles ils apparaissent alternent avec celles dans lesquelles Ray évolue.

Et cette quête d'argent, omniprésente, nous renvoie à des romans de William Irish dans lesquels un homme seul doit rechercher une vérité pour se dédouaner. L'impression qu'un homme se débat contre tous, abandonné.

Mais s'il existe une légère approche avec William Irish, ce roman résume toute la quintessence de l'univers Brownien, l'alcool, et ce n'est pas par hasard si Ray est représentant en spiritueux, et un humour sous-jacent qui n'appartient qu'à lui.

Si ce roman n'est pas le meilleur de Fredric Brown, dans le domaine du policier, il n'en est pas loin et il fait partie des réussites de cet auteur à part, un peu délaissé de nos jours après avoir connu une vague d'engouement dans les années 1980.

 

Ce roman a été adapté au cinéma par Jean-Pierre Mocky en 1975 sous le titre L'ibis rouge, avec dans les rôles principaux Michel Serrault, Michel Simon, Michel Galabru, Jean Le Poulain, Evelyne Buyle.

Fredric BROWN : Ça ne se refuse pas (Knock Three-One-Two - 1959. Traduction de Jean Rosenthal). Série Noire N°768. Parution février 1963. 192 pages.

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Published by Oncle Paul - dans Spécial Série Noire
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commentaires

Serge 31 12/10/2015 00:43

Bonjour Paul.
J'avais oublié ce film de Mocky... D'ailleurs, l'ai-je seulement vu? Je viens de consulter sa filmo, et je me rappelle maintenant que Mocky a aussi adapté « La bête de miséricorde » du même Brown. A son actif également : Frédéric Dard, Carlène Thompson. Et pas mal de Série Noire : Horace McCoy, Gil Brewer, Elliott Chaze, Alfred Draper, John Lutz… Ses films sont souvent foutraques, mais on ne peut nier son amour du genre. Son tout prochain est tiré de « Monsieur Cauchemar » de Siniac, autre auteur "délaissé de nos jours"…
Amitiés.

Oncle Paul 12/10/2015 16:11

Bonjour Serge
Je suis inculte en films mais j'ai pioché l'info sur Wiki quelque chose. Mocky a en effet adapté beaucoup de séries noires, pas toujours, d'après les échos que j'en ai eu, avec bonheur. Mais il est vrai qu'il ne perd pas de temps lors de ses tournages...
Amitiés

Boris 09/10/2015 23:30

Ah ! le génial Fredric Brown !!
Il a excellé aussi bien dans le polar que la SF. Et surtout, ses short short stories sont des régals. Et quelles chutes !

Oncle Paul 10/10/2015 14:49

C'est tout à fait vrai Boris, et c'est toujours un plaisir de le relire...

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