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25 septembre 2015 5 25 /09 /septembre /2015 12:09

Vaines... Haineuses ?

Jean-Pierre FERRIERE : Vénéneuses.

Il est des pratiques éditoriales qui m'indisposent, qui m'insupportent, qui m'énervent, qui m'exaspèrent, qui m'horripilent, qui me désolent.

En effet rééditer un ouvrage, surtout lorsque celui-ci est très bon, pour ne pas dire excellent, n'est pas rédhibitoire, au contraire. Mais le rééditer en changeant le titre et en omettant de prévenir le lecteur en omettant le copyright, c'est pour le moins trompeur. Mon petit coup de gueule effectué, intéressons-nous à ce roman que je vous conseille, si vous ne l'avez pas déjà lu dans sa première édition.

 

Elle s'y attendait depuis un certain temps mais cela fout un choc quand même. Et quand un matin de janvier brouillardeux, Fanny reçoit un appel téléphonique en provenance de l'Institut-médico-légal lui demandant si elle est madame Giraudet, elle pressent la mort de son compagnon Vincent disparu depuis huit mois environ. Ils vivaient ensemble depuis une douzaine d'années, avaient une fille Lisa, mais ne s'étaient pas mariés, la première et richissime femme de Vincent ayant refusé le divorce.

Concepteur-maquettiste, Vincent avait été viré de sa boite plus de deux ans auparavant à cause d'une addiction à la drogue et l'ambiance à la maison étant plutôt tendue, Fanny l'avait donc viré. Et c'est ainsi qu'il a été retrouvé dans la rue, mort comme un chien abandonné. Fanny vit difficilement financièrement, car elle vient de perdre son emploi de caissière dans un cinéma de quartier.

Lors de l'inhumation, Michèle Giraudet, qui porte encore le nom de son époux, arrive en pleurs et Fanny se demande si c'est du cinéma, afin de montrer à la galerie combien elle était attachée à époux malgré son infidélité. Michèle s'intéresse également à Lisa, ne l'ayant vu que rarement, parfois chez les parents de Vincent qui n'ont accepté Fanny qu'avec réticence et elle lui demande de venir la voir de temps en temps. Lisa est le portrait craché de son père et Michèle déclare que cela permettra de compenser son deuil.

Fanny retrouve aussi dans le cimetière Diane Forestier, secrétaire chez Hyperbole, la boite où travaillait Vincent. Diane est également la maîtresse du patron, mais ce n'est pas ça qui importe, c'est ce qu'elle déclare à mots couverts : Michèle est la responsable de la déchéance de Vincent.

Fanny se rend le lendemain chez Hyperbole et est reçue par Vermorel, le patron de la société, qui lui jure que Michèle n'est pas actionnaire de la boite. Ce qu'infirme Diane lorsqu'elle la retrouve un peu plus tard dans un café. Deux jours plus tard Fanny reçoit une enveloppe contenant des preuves que Michèle possède des parts dans Hyperbole depuis au moins trois ans. Le petit message qui y est joint la trouble : il y aura une suite !

Pendant ce temps, Michèle a pris sa décision. Elle se requinque, alors qu'elle se laissait aller, et commence à préparer son piège envers Fanny. D'abord s'attacher Lisa, à qui elle offre de sortir, d'assister à des spectacles, lui offre des jouets, lui propose de dormir dans une chambre qu'elle a fait spécialement aménager. Cela évidemment ne plait guère à Fanny. Un jour alors qu'elle se renseigne auprès d'une amie caissière de cinéma susceptible de quitter sa place et à laquelle la jeune femme pourrait succéder, Fanny est abordée durant la projection par un individu qui lui fait les yeux doux. Il est beau gosse, gentil, pas trop entreprenant, mais ne cherche pas à la revoir. Du moins en apparence. Car elle le reverra, par hasard. C'est ce qu'il affirme.

Alors qu'elle doit revoir Diane chez elle, à une heure précise, elle assiste à son suicide par défenestration.

 

Jean-Pierre Ferrière monte habilement une manipulation mettant aux prises deux femmes, la légitime délaissée et la maîtresse jamais acceptée. Entre elle deux, Lisa, la fille de l'homme déchu et de la maîtresse jamais acceptée par les parents du mari. Il est vrai que la légitime est riche, pourvoyant aux besoins financiers des parents de Vincent, et donc considérée comme une malheureuse subissant une trahison.

L'ambiance délétère entre ces deux femmes monte en puissance au fur et à mesure que l'action progresse. Elle révèle la noirceur d'âme de Michèle, les combinaisons machiavéliques dont elle est capable d'imaginer, se cachant derrière l'intérêt qu'elle porte à Lisa. Fanny n'est pas naïve mais elle est loin de penser que Michèle porte ses attaques en forme de coups bas, pouvant déstabiliser Lisa.

Nous sommes en présence de la Méchante Reine face à une nouvelle Blanche Neige dont l'enjeu serait Lisa, une pomme que convoitent les deux femmes. Blanche Neige Fanny détient cette pomme dont la Méchante Reine Michèle veut s'emparer, par n'importe quel moyen, même illégal. Lisa qui compte les coups sans rien dire, ou si peu, et se montre moins ingénue que son âge pourrait le laisser supposer. Un combat âpre s'engage entre les deux femmes, et la douce Fanny devient aussi retorse que son adversaire.

 

Première édition : La femme en ombre chinoise. Editions Hermé 1990. 218 pages.

Première édition : La femme en ombre chinoise. Editions Hermé 1990. 218 pages.

Vous pouvez découvrir également les avis de Pierre F. de BlackNovel1 et de Claude L.N. sur Action-Supense.

Jean-Pierre FERRIERE : Vénéneuses. Editions du Campanile. Parution 31 juillet 2015. 248 pages. 7,90€.

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commentaires

Pierre FAVEROLLE 25/09/2015 21:32

Salut Paul, merci pour le lien, et merci pour la précision quant au titre original. Claude et moi avions séché sur le titre ! Amitiés

Oncle Paul 26/09/2015 15:18

Bonjour Pierre
De rien, c'est toujours un plaisir de mentionner les amis. Quant au titre, je le savais déjà mais un adhérent de 813 l'avait indiqué dans un message lors de la sortie du livre.
Amitiés

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